Publié il y a 1 h - Mise à jour le 18.04.2026 - Yannick Pons - 3 min  - vu 312 fois

FAIT DU JOUR Un réalisateur nîmois filme la chute d’une famille sur fond de trafic de drogue

Kheloufi Aguili et Evrard Zaouche

- @Yannick Pons

Projeté ce jeudi 16 avril au CGR, Sola, le premier long-métrage de Kheloufi Aguili, présente une famille installée dans un quartier nîmois, une vie ordinaire faite d'amour et de liens très forts, jusqu’à ce que le trafic de drogue et une série de meurtres viennent tout faire basculer.

Projeté hier soir au CGR de Nîmes, Sola marque le passage au long-métrage du réalisateur nîmois Kheloufi Aguili. Un thriller centré sur la vengeance, inscrit dans un contexte de narcotrafic, tourné en grande partie dans la ville. Un premier long-métrage porté par un attachement évident à la ville.

Sang pour sang

Salle bien remplie. Le réalisateur nîmois est fier de présenter son film qui représente plusieurs années de travail. À ses côtés, des acteurs, des techniciens, des proches du projet, Amal Couvreur, récemment nommée première adjointe de la ville de Nîmes, issue des quartiers de Nîmes. Un projet à petit budget. Tous ont joué le jeu.

Sola raconte une famille brisée, la chute d’un homme après le meurtre de sa femme et de sa fille, prises dans une guerre mafieuse déclenchée par son propre frère. Un récit violent jonché de vengeances, frontal, sang pour sang. Kheloufi Aguili vient de la musique. Rap et R’n’B, premières parties d’IAM et de MC Solaar. Puis l’image, en autodidacte. Il réalise des clips, des courts-métrages, avant d’écrire en 2017 Prêcheur de lune, docu-fiction autour du djihadisme à Lunel. Le film connaît un écho national. Après le covid, il tourne à Nîmes la websérie Memento Mori, qui cumule plus de 500 000 vues. Sola prolonge ce travail et ces thèmes.

Hommage à sa ville, Nîmes

Le tournage de Sola s’étale sur plus de six mois, jusqu’à l’été dernier. Il se déroule quasi intégralement à Nîmes. L'hôpital, les Arènes, la Maison Carrée, le stade des Costières apparaissent à l’écran. Les quartiers aussi, à Pissevin, Valdegour, Chemin-Bas, le "Chem". Plus d’une centaine de personnes ont participé au projet. Acteurs et techniciens se sont engagés sur un film autofinancé.

Séquences courtes, travellings aériens entre les tours de Pissevin. Gros plans sur les visages. Les comédiens tiennent bien le film. L’émotion passe par là. Dans les regards, dans les silences, dans les tensions. Kheloufi Aguili filme sa ville. Des rodéos urbains dans la cité nîmoise. Une réunion qui réunit un juge, un adjoint au maire et des figures de la mafia corse au "Napo". Au centre, le “padre”, incarné par Evrard Zaouche, silhouette locale reconnaissable, queue de cheval, costume ajusté, la dégaine de John Travolta dans Pulp Fiction. Et cette scène magnifique, jouée en arabe, où la comédienne Baya Belal fait une courte apparition.

Le film traverse aussi d’autres lignes. La vie des quartiers. La tendresse dans les familles. La fraternité. Le travail quotidien des éboueurs chez Océan. Et puis ces trajectoires qui se croisent. Des flics et des narcos qui se connaissaient enfants, passés par les mêmes écoles, désormais face à face. Jusqu’aux guerres de trafic de drogue qui brisent tout.

Au casting, Hakim Gaidi, Mohammed Benazza, Loris Brunetti, Keltoum, Steve Lhommel, Yassine Rezkallah, Yacine Aitallal, Evrard Zaouche, Baya Belal. Une distribution engagée dans un récit ancré ici. Présenté en avant-première ce jeudi au CGR, le film est aujourd’hui finalisé. L’objectif reste une sortie en salles et une circulation en festivals. En présélection à Cannes, Sola a suscité l’intérêt de plusieurs diffuseurs. Un film de vengeance, oui. Mais aussi une déclaration d’amour à la ville, signée Kheloufi Aguili, qui rappelle que, dans certains quartiers, même une vie stable peut être brisée par le trafic de drogue.

Sola
Durée 2h15
Genre thriller

Réalisation Kheloufi Aguili
Scénario Kheloufi Aguili

Avec Hakim Gaidi, Mohammed Benazza, Loris Brunetti, Keltoum, Steve Lhommel, Yassine Rezkallah, Yacine Aitallal, Evrard Zaouche, Baya Belal.

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