« Je suis heureux d’être ici à Alès », a lancé Gérald Darmanin face à la presse. Le ministre de la Justice est d’abord venu « apporter son soutien » à Christophe Rivenq, qu’il connaît de longue date. Un soutien personnel, mais également politique, alors que le maire d’Alès fait l’objet d’une protection renforcée depuis les menaces reçues à son encontre.
« Quand on est courageux, quand on installe des caméras de vidéosurveillance, quand on a une police municipale forte, quand on soutient ses habitants contre le trafic, on peut être parfois menacé », a déclaré le garde des Sceaux.
« Mettre fin aux menaces » contre le maire
L’enquête sur les menaces visant Christophe Rivenq est désormais entre les mains du Parquet national de lutte contre la criminalité organisée. Gérald Darmanin a assuré suivre personnellement son évolution. « L’enquête progresse grâce aux policiers de la police judiciaire », a-t-il indiqué, sans vouloir donner davantage de détails. Le ministre espère que les investigations permettront « dans les prochaines semaines » de mettre fin aux menaces qui pèsent sur le maire d’Alès.
Interrogé sur une éventuelle implication de la DZ Mafia, Gérald Darmanin n’a pas souhaité commenter. « La procureure nationale communiquera lorsqu’elle aura tous les éléments », a-t-il répondu.
Pour le ministre, ces menaces sont notamment liées à la politique menée à Alès contre les trafics. Il a salué l’action de la municipalité et les moyens déployés, notamment en matière de vidéosurveillance et de sécurité. « C’est aussi la démonstration que nous gênons dans l’activité de la police, dans l’activité des magistrats, dans l’activité municipale de monsieur le maire.», a-t-il estimé.
Un tribunal pour enfants à Alès dès janvier 2027
La visite de Gérald Darmanin ne s’est toutefois pas limitée au dossier des menaces. Le ministre a également annoncé une mesure attendue par la municipalité : la création d’un tribunal pour enfants à Alès.
Le projet demandé par Christophe Rivenq il y a plusieurs mois avait été confirmé ces derniers mois, mais aucune date concrète n'avait été évoquée. Jusqu’ici, les audiences sont organisées depuis le tribunal de Nîmes. À partir de janvier 2027, un véritable tribunal pour enfants doit donc être mis en place dans la cité cévenole.
« Je vous confirme ici la création du tribunal pour enfants », a annoncé Gérald Darmanin.
La nouvelle organisation doit s’accompagner de moyens supplémentaires, avec notamment un parquetier spécifiquement chargé des mineurs à Alès ainsi qu’un juge pour enfants. La Ville qui cherchait des locaux en amont, les mettra à disposition de la justice.
Pour le garde des Sceaux, cette implantation répond aussi à un enjeu de lutte contre la délinquance des mineurs, parfois liée aux trafics de stupéfiants.
Neuf policiers supplémentaires en septembre
Autre annonce : neuf policiers supplémentaires doivent rejoindre les effectifs alésiens en septembre. Christophe Rivenq précise que ces renforts étaient prévus avant même les menaces dont il a été victime. « Je reste prudent, je suis entouré et je reste surtout à la tâche », a réagi le maire d’Alès, qui assure ne pas vouloir céder à la crainte. «Je me sens soutenu » avant d'exprimer sa gratitude envers le ministre de la Justice venue et le soutien apporté dans cette période particulière, « Il l'avait promis, il l'a fait ».
« Dans la vie, soit vous restez debout, soit vous vous asseyez ou vous vous couchez », a-t-il lancé. Malgré les événements, Christophe Rivenq affirme vouloir poursuivre son action à la tête de la ville. « "Je ne suis ni suicidaire, ni un héros, je suis juste un maire », a-t-il résumé, appelant au passage à davantage de soutien envers les élus locaux, qu’il considère comme des « sentinelles de la République ».
Une visite au SPIP dans l'après-midi
Après son passage en mairie, Gérald Darmanin s'est également rendu au tribunal d'Alès, puis au service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP) d’Alès en début d'après-midi.
Le ministre a pu notamment échanger avec les agents qui suivent les personnes placées sous main de justice en milieu ouvert, sous bracelet électronique ou dans le cadre de travaux d’intérêt général.
Il a pu également découvrir les futurs locaux du service, dont le travail s’effectue en lien avec le département voisin de la Lozère. Gérald Darmanin a d'ailleurs évoqué la possibilité de réfléchir à un renforcement des moyens du SPIP d’Alès.
Une visite qui intervient donc sur plusieurs fronts : soutien au maire menacé, lutte contre le narcotrafic, renforcement de la justice des mineurs et moyens supplémentaires pour les services pénitentiaires.