L’affaire remonte au 29 juillet, à la sortie de la conférence de presse de Denis Bouad. Le sénateur sortant, fraichement investi par le PS, vient de présenter son équipe, son slogan et sa stratégie de campagne. « À l’issue de la conférence, Françoise Laurent-Perrigot, présidente du Département, a envoyé un message à Carole Bergeri pour une rencontre avec Denis Bouad… », salue l’une de nos sources à gauche, « Je ne suis pas sûr que les deux avaient pris le temps d’une vraie discussion. C’est bien normal que la présidente mette de l’ordre dans sa majorité. Je trouve même que ça intervient un peu tard… »
Jadis alliés, assis côte à côte au Conseil départemental où ils sont élus dans la majorité, leur relation s’est fortement dégradée ces dernières années. Le paroxysme de leur brouille est atteint lorsque Denis Bouad annonce que, cette fois, la seconde place de sa liste aux Sénatoriales est réservée à une élue communiste, après la victoire de la gauche aux municipales nîmoises. En l’occurrence à Cathy Chaulet, élue du canton de Rousson et maire de Saint-Privat-de-Champclos. Désireuse de devenir sénatrice, Carole Bergeri, elle, n'entend pas renier ses ambitions. L’élue du canton de Pont-Saint-Epsrit part en campagne, à la tête de sa propre liste.
Denis Bouad « distant », Carole Bergeri « fermée »
La semaine dernière, au cinquième étage de la collectivité, l’entrevue entre les deux protagonistes a tourné court. Pour les soutiens de Carole Bergeri, « Denis a fait du Denis… Un brin désinvolte, distant… Il lui a demandé de se retirer sans la prendre en considération. » Les pro-Bouad, eux, pensent surtout que « Carole Bergeri était fermée, elle a choisi d’être candidate. Elle le restera. » Alors, un soutien de Denis Bouad se résigne : « C’était la réunion de la dernière chance… Carole Bergeri veut se présenter, qu’elle se présente ! » Un autre met en cause la présidente du Département : « Si Françoise Laurent-Perrigot avaient vraiment voulu la débrancher, ils lui auraient proposé quelque chose en échange… La politique, c’est aussi de la négociation. » « Impossible », répond un autre, « elle était trop fermée. »
À ce jeu des responsabilités, un ancien élu départemental estime que « le souci de Françoise Laurent-Perrigot est surtout de ne pas créer de schisme au Département avant les élections départementales. Elles s’annoncent déjà compliquées à gauche ». En matière de complications, quid d’Alexandre Pissas ? L’élu du canton de Bagnols, à qui le parti a retiré - pour la deuxième fois - l’investiture des militants ? Les récentes prises de position de sa section PS à Bagnols semblent dire que la pilule n’est pas passée. Reste à savoir si ces bisbilles étoufferont les ambitions de la gauche, le 27 septembre, jour de scrutin. Ou si, elles n’auront été qu’une vilaine toux, dont certains se seraient bien passés…