Publié il y a 1 an - Mise à jour le 08.08.2022 - sacha-virga - 4 min  - vu 10619 fois

FAIT DU SOIR Vers la fin des Nocturnes des Halles de Nîmes ?

La Nocturne des Halles du mercredi 13 juillet (photo : Sacha Virga)

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Connues pour leurs produits frais et la convivialité qui les habite, les Halles de Nîmes organisent ponctuellement des Nocturnes pour renforcer les liens entre clients et commerçants. Une formule différente puisqu'on met directement les pieds sous la table pour manger, au lieu de sortir les couteaux pour cuisiner. Toutefois, son organisation commence à légèrement agacer certains étaliers, en raison de contraintes dont ils aimeraient discuter.

"La Nocturne du 14 août est annulée, je ne veux plus organiser tout ça… Pourtant si je pouvais en faire une tous les mois, je le ferai… Donc la Nocturne s’arrête."  tels sont les propos tranchants de Claire Arnal, de la célèbre Poissonnerie Carmen des Halles de Nîmes et noyau dur de l'organisation des Nocturnes. La raison ? Trop de contraintes et pas assez de résultats pour l'investissement humain et financier apporté lors de ces soirées, selon elle. Celles-ci sont soumises à un cahier de charge rigoureux.

Tout d'abord, la loi impose que pour organiser un événement dans les Halles, il faut prévenir la Ville six semaines à l'avance parce que l'endroit fait partie d'un ERP (Établissement Recevant du Public). Mais d'autres règles sont ajoutées comme l'interdiction d'avoir des tables et des chaises sauf si elles sont fixées au sol pour éviter quelconque accident en cas de mouvement de foule.

Les tables placées de cette manière ne sont pas autorisées. (photo : Sacha Virga)

Une mesure qui n'est pas comprise par la poissonnière et qui serait en partie responsable de la surpopulation à l'extérieur des Halles lors de ces soirées par rapport à l'intérieur. : "Lors de la dernière nocturne, on avait une longée de table le long de bancs fermés avec une distance de 4m50, ça ne convient pas à la direction du commerce qui nous a demandé de les enlever alors qu’on a des clients qui sont déjà attablés. Christophe Pio (conseiller municipal délégué aux Halles de Nîmes, NDLR) nous a donné l’autorisation de les conserver. On aurait aimé au moins garder les tables pour garder des clients à l’intérieur".

Des conséquences qui entraîneraient une baisse du nombre d'étaliers volontaires à y participer : "Les étaliers, la dernière fois, n’étaient que 24. Pour la prochaine, dix étaliers m’ont dit qu’ils ne voulaient pas la faire, parce qu’il y a trop de monde sur les extérieurs mais pas assez à l’intérieur." explique-t-elle, pleine de désolation. « La première Nocturne avait été un succès énorme, des mange-débout étaient installés à l’intérieur des Halles, autorisés à l’époque par Sophie Roulle, élue à la mairie à l’époque de la première Nocturne. Tout s’était très bien passé » continue-t-elle.

D'autres règles de sécurité contestées

Président des étaliers des Halles de Nîmes, Vincent Vergne a aussi son lot d'interrogations quant à certaines règles établies. Il dénonce une lourdeur administrative constante et un grand nombre de barrières auxquelles les commerçants sont confrontés : "La porte de l’avenue Général-Perrier était fermée, on ne peut pas mettre de table, on ne peut pas mettre de poubelles… Donc, ça ne peut pas fonctionner comme on aimerait que ça fonctionne." regrette-t-il, ajoutant que certaines souplesses seraient appréciées.

Les poubelles sont interdites dans l'enceinte, ce qui pose également un gros problème pour le Meilleur ouvrier de France 2019 : la pratique du "snacking" est un peu plus délicate : "On utilise des matériaux recyclables, on essaye d’utiliser le moins possible de plastique… la question écologique est importante dans nos Nocturnes. C’est regrettable qu’on ne puisse pas avoir de lieux pour jeter nos déchets." 

Le fromager n'est pas fataliste pour autant. Sa volonté est de continuer les Nocturnes et compte bien sur son étiquette de président des étaliers pour rassembler et proposer une meilleure structuration, certainement le mois prochain. La question des règles de sécurité doit être mise sur la table selon lui pour donner une tonalité pratique et conviviale aux Nocturnes, mais également pour qu'elles puissent continuer à exister. Il estime aussi qu'une réunion doit avoir lieu avec la direction du commerce mais aussi avec tous les autres services qui gravitent autour, pour éclaircir les zones d'ombres et avancer main dans la main sur un projet commun.

"Bien sûr que les Nocturnes vont continuer !"

Interrogé sur le sujet, Christophe Pio calme la situation : "Bien sûr que les Nocturnes vont continuer" affirme-t-il avec vigueur. Les craintes des étaliers, il les comprend, mais le fait que les Halles de Nîmes fassent partie d'une délégation de service public contraint à respecter certaines règles : "Quand il y a eu une demande faite par mail pour les tables, il y a eu une réponse faite par mail. Malheureusement, la personne qui l'a reçue ne l’a pas communiquée à Madame Arnal. Donc, le soir-même, elle s’est retrouvée devant le fait accompli mais il n’y avait pas eu l’autorisation, trois semaines-un mois avant.", explique-t-il en ajoutant : "Tout cela n'est pas fait pour embêter les étaliers".

Christophe Pio, conseiller délégué aux halles, aux foires et marchés (Photo : Coralie Mollaret)

L'élu, également agent immobilier, ne ferme pas la porte pour autant à des améliorations. En réunion sous peu avec Bertrand Debaut (directeur du service commerce de la ville de Nîmes) et Teddy Maurel (chef du cabinet du maire), une réunion aura lieu début septembre avec les étaliers, où la question de mettre des tables en intérieur sera au menu.

Pour les poubelles, cela semble un peu plus compliqué : "Les poubelles, c’est interdit dans le règlement. On n’a pas le droit d’en avoir à côté de son stand, parce que vous attirez les rats et les cafards avec ça. On est dans un lieu où on accueille du monde, c’est une question d’hygiène. Il y a des poubelles à l’extérieur, les gens peuvent se lever pour jeter leurs déchets." Après l'annulation de celle du 14, s'il devait y avoir une autre Nocturne, elle serait certainement soumise à certaines conditions, un terrain d'entente devra être trouvé. Affaire à suivre.

Sacha Virga

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