Ce lundi 12 janvier, Rolland Courbis s’est éteint à l’âge de 72 ans. Le football français perd à nouveau un personnage emblématique. Trois fois champion de France avec l’OM et Monaco en tant que joueur, le Marseillais était connu pour son fort caractère et son franc-parler. Reconverti entraîneur à Bordeaux, Marseille ou encore à Montpellier, il était présent dans les médias en tant que consultant, notamment durant de nombreuses années sur la radio RMC.
Parmi ceux qui l’ont bien connu, Bernard Boissier l’a rencontré à 16 ans lors des sélections des cadets du Sud-Est avant de jouer ensemble à Toulon de 1982 à 1985. « C’est lui qui a voulu que je vienne avec lui à Toulon. On était divorcé tous les deux, on a vécu ensemble pendant trois ans. C’était un ami intime », se souvient l’ex défenseur âgé de 73 ans. « Il avait une personnalité particulière, quand il aimait quelqu’un il faisait le savoir. C’était quelqu’un d’atypique, capable du meilleur comme du pire. Une personne surtout attachante et parfois moins agréable », poursuit-il.
"Il ne laissait pas indifférent"
Rolland Courbis avait aussi un côté flambeur. « Il jouait au casino, il sortait avec une comtesse sur Monaco et il brassait beaucoup d’argent. Un jour on avait gagné un match de coupe de France et Rolland avait participé avec son argent à la prime de match pour toute l’équipe », rappelle pour l’anecdote Bernard Boissier. « C’était un personnage entier et attachant qui ne laissait pas indifférent, sur qui tu pouvais t’appuyer », abonde René Girard, qui a appris sa disparition deux minutes avant notre appel. Le Vauverdois l’a aussi connu en cadets du Sud-Est puis en équipe de France juniors.
« À cette époque, on avait 16 ans. Et le rendez-vous de ces sélections c’était à la gare Saint-Charles à Marseille. La veille, il nous avait amené voir un combat de Gratien Tonna, le boxeur du moment. Ce n’était pas des choses que l’on faisait, ça m’a marqué », se souvient René Girard qui a remplacé Rolland au poste d’entraîneur à Montpellier en 2009. Le Gardois de 71 ans accuse le coup après le décès, fin décembre, de son ami Jean-Louis Gasset.
"Un aura extraordinaire"
Si tous évoquent aussi ses qualités de joueur et d’entraîneur, c’est forcément sa personnalité qui ressort en premier. À l’image de Patrick Champ, président de l’Amicale des anciens du Nîmes Olympique, présent aussi à la même époque en équipe de France juniors en 1972. « Il était déjà mature, c’était le king et un playboy. Un jour on joue contre l’Italie à Cannes et mon père ne peut pas rentrer dans le stade. Je le dis à Rolland et il l’a fait entrer, il avait un aura extraordinaire », remémore l’ancien croco qui avait ensuite revu « ce bon gars et cette grande gueule ».