Publié il y a 2 h - Mise à jour le 28.08.2026 - Sabrina Ranvier - 4 min  - vu 268 fois

GARD Écoles, collèges, lycées : les six nouveautés de la rentrée

Photo Sabrina Ranvier, ce 28 août 2026 à Montpellier. Carole Drucker-Godard rectrice de l'académie de Montpellier. 

Dès le 1ᵉʳ septembre, les lycéens vont devoir mettre sur pause leur téléphone portable. Cinq établissements gardois intègrent le dispositif « collège en progrès » où seront mises en place des « méthodes innovantes » d’apprentissage. Le département innove aussi pour prévenir les exclusions.

Terminé les vacances. Mardi 1ᵉʳ septembre, les 35 542 enseignants et les 522 687 élèves et apprentis de l’académie reprennent le chemin des salles de classe. Qu’est-ce qui va changer cette année ? Pas de grande réforme pour cette rentrée mais pas d’« immobilisme » non plus. Carole Drucker-Godard, qui effectue sa deuxième rentrée comme rectrice de l’académie de Montpellier, est satisfaite de pouvoir prendre le temps de « consolider » des mesures nationales mais aussi des innovations développées dans l’académie.

1. Pas de portable au lycée

Banni du collège depuis 2025, le portable va être écarté du lycée dès le 1ᵉʳ septembre. Le lycée Lucie-Aubrac de Sommières avait devancé cette mesure dans le cadre d’un projet innovant démarré il y a trois ans (https://www.objectifgard.com/actualites/fait-du-jour-ce-lycee-qui-teste-linterdiction-du-smartphone-158964.php). Dans cet établissement, les lycéens insèrent eux-mêmes leur portable dans une pochette en entrant au lycée. Ils sont autorisés à le sortir une heure à la pause méridienne. « Ils ont réussi en intégrant la parole des lycéens », analyse la rectrice. Lieux, temps de pause… Les instances lycéennes et les conseils pédagogiques ont, selon le rectorat, été associés pour définir dans leurs règlements intérieurs les modalités de cette transition. L’idée est que cette interdiction ne soit pas une « contrainte descendante » mais que les usagers s’approprient cette mesure. Les établissements sont-ils prêts à appliquer cette mesure ? Selon le rectorat, 75 % des lycées ont voté ou vont faire voter à la rentrée un article sur l’interdiction de l’usage du smartphone et ses modalités. Des coups de fil ont été passés aux 25 % restants « pour savoir ce qui bloquait » et comment le rectorat pouvait « les aider ».

« On ne peut pas dire que tous les établissements soient prêts, analyse Christophe Sanchez, secrétaire départemental du SNPDEN, syndicat des chefs d’établissement. Mais le côté positif est que l’on ne va pas vers l’interdiction totale. La loi prévoit un certain nombre d’aménagements propres aux établissements. » On peut par exemple interdire le smartphone dans les couloirs et les bâtiments et l’autoriser dans les cours de récréation pour que les élèves puissent notamment consulter Pronote.

Pour la rectrice, l’interdiction du portable au lycée ne suffira pas, il faut aussi réfléchir à des alternatives et travailler avec les parents pour les moments hors-scolaire.

2. Innovations pédagogiques pour cinq « collèges en progrès » dans le Gard

Collège Jean-Villar à Saint-Gilles, Jean-Moulin à Alès, Mont-Duplan, Romain-Rolland et les Oliviers à Nîmes. Ces cinq établissements ont intégré le dispositif national « collège en progrès ». « Il y a une très forte dynamique. C’est vraiment un laboratoire d’apprentissage avec des méthodes innovantes, met en avant Carole Drucker-Godard. Je leur ai dit qu’ils pouvaient inventer des leviers d’action auxquels on n’a jamais pensé. » Inspecteurs, enseignants formateurs, chefs d’établissement… Une équipe d’appui d’une quarantaine de membres viendra en aide aux collèges concernés. Au total, 800 établissements ont été sélectionnés au niveau national, dont 20 dans l’académie. « C’est surtout au collège que le niveau des élèves s’affaiblit, analyse la rectrice. Les 20 établissements ont été identifiés avec beaucoup de soin. On n’a pas choisi les 20 qui avaient les résultats les plus bas et nous n’avons pas pris que des collèges en éducation prioritaire. » Un « diagnostic à 360 degrés » a été fait dans chacun des collèges choisis pour identifier des leviers d’action. Certains établissements ont par exemple analysé les copies du brevet de leurs élèves de l’année dernière pour identifier ce qui a coincé pour y remédier. L’expérimentation « Collège en progrès » sera menée sur trois ans. L’idée est de recueillir les bonnes pratiques qui pourraient peut-être, être généralisées à d’autres échelles.

3.     Prévenir l’exclusion scolaire

Comment éviter les ruptures de parcours ? Dès la rentrée, deux microstructures relais vont être mises en place à Nîmes et Alès pour accompagner les élèves confrontés à des exclusions répétées. Ce projet a pu être mis en place grâce à une collaboration entre les services de l’Éducation nationale, les autres services de l’État et le Conseil départemental du Gard. Pour faire face aux situations « complexes », les équipes éducatives pourront aussi s’appuyer sur deux nouveaux outils : un vademecum départemental de la justice scolaire qui regroupe notamment 35 fiches-action et un guide départemental de l’exclusion scolaire. Ce dernier est un outil d’aide à la décision permettant de proposer des réponses éducatives « graduées et adaptées ».

4.     Une équipe de CPE mobiles pour la « tranquillité » dans les établissements

Le rectorat lance une toute nouvelle équipe mobile académique de tranquillité. Cette EMAT sera composée de cinq conseils principaux d’éducation. Elle sera déployée dans les cinq départements de l’académie. Implantés en établissements, ces 5 CPE mobiles vont bouger « au gré des besoins ». « Ils interviendront sur des périodes de trois semaines à trois mois soit en anticipation soit en résolution de crise », résume Carole Drucker-Godard.

5.     Pleins feux sur les maths

Pour améliorer durablement les résultats en maths, dix académies, dont celle de Montpellier, ont été choisies pour mettre en place le programme « Pionnier des maths ». Soixante-deux classes de CE2 et de CM1 de l’académie se sont portées volontaires. Vingt-huit ont été tirées au sort pour expérimenter le programme dès cette année. Leurs enseignants auront un accompagnement sur-mesure par des formateurs formés au Collège de France. Les 34 classes restantes serviront d’abord de groupe témoin avant de tester cette méthode basée sur les sciences cognitives l’année prochaine.

Au niveau du collège, l’académie propose 18 classes à horaires aménagés en mathématiques et en sciences, les CHAMS. Les élèves volontaires de quatrième et troisième ont, en plus de leur emploi du temps classique, deux heures par semaine dédiées à des ateliers, expérimentations, visites de laboratoire.

6. Focus sur la santé mentale

Choisie comme grande cause nationale pour la deuxième année consécutive, la santé mentale est, pour Carole Drucker-Godard, « une des grandes priorités en 2026-2027 ». Elle souhaite amplifier la mobilisation sur cette question. 1197 personnels ont été formés dans l’académie en 2026. Les formations se poursuivront pour qu’à la rentrée 2027, il y ait un référent dans chaque établissement scolaire de l’académie. L’académie amorce dès cette rentrée une phase « davantage scientifique ». Un comité de direction et un conseil scientifique en santé mentale ont été mis en place. Des psychologues et infirmiers de l’Éducation nationale y interviendront mais aussi des pédopsychiatres notamment du CHU de Nîmes.

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Boris De la Cruz

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