Nassim est agité lorsqu’il se tient à la barre du tribunal correctionnel de Nîmes. Il comparaissait ce mardi 13 janvier pour des menaces sur des personnes dépositaires de l’autorité publique. Contrôlé par une unité de la police municipale dans la commune de Saint-Gilles pour un éclairage défectueux au niveau de sa plaque d’immatriculation, l’homme d’une vingtaine d'années est virulent et finit par menacer les policiers. « On connaît votre adresse », dit-il. Le jeune homme fait aussi référence, lors du contrôle, à des dégradations subies par l’un des policiers quelque temps auparavant. Les pneus du véhicule de ce dernier avaient été crevés, probablement à cause de son travail de fonctionnaire de police. Malgré son comportement, les policiers ne l’ont pas verbalisé.
Pour justifier sa réaction, le prévenu souligne être victime de contrôles abusifs : « J’en subis trois à quatre par jour », s’indigne-t-il. « Mais vous n’êtes pas irréprochable. On ne vous verbalise pas pour n’importe quoi, monsieur », rétorque Édouard Le Jan, président à l’audience, faisant référence aux nombreuses infractions constatées par les forces de l’ordre à l’occasion de ces différents contrôles. Professionnel de la route la journée, le jeune homme s’adonnerait à une conduite dangereuse sur son temps libre. Le 22 avril suivant, il est de nouveau contrôlé par la police municipale et il est de nouveau menaçant. « Je vais savoir où vous habitez, la vie de ma mère. Ne vous plaignez pas s'il vous arrive des trucs », lance notamment le chauffard.
« Ce sont des menaces claires, répétées et non voilées », dit Philip Ughetto-Porteglio, procureur de la République, avant de requérir 6 mois d’emprisonnement ferme à son encontre. « On n’est pas sur un grand multirécidiviste », intervient Maître Dounia Hamchouch, avocate de la défense. En réponse, le tribunal a déclaré Nassim comme étant coupable des faits lui étant reprochés. Il a été condamné à 8 mois d’emprisonnement assortis d’un sursis probatoire lui imposant de travailler et d’indemniser les victimes.