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Publié il y a 10 ans - Mise à jour le 22.10.2012 - coralie-mollaret - 3 min  - vu 84 fois

LANGUEDOC-ROUSSILLON : La fronde des blouses blanches !

Les étudiants de la région du Languedoc-Rousillon devant la préfecture de Marseille.

Mercredi, une centaine d'internes du Languedoc-Roussillon ont manifesté à Marseille. Le Motif de leur grogne : la non revalorisation des actes médiaux et la volonté du gouvernement de plafonner les dépassements d'honoraires des médecins. Aujourd'hui marque le dernier jour des négociations conventionnelles entre syndicats de médecins, mutuelles et Sécurité sociale. Si ces parties ne trouvent pas d'accord, c'est l'état qui légiférera… 

Mercredi, 90 étudiants en médecine, dont 10 Gardois se sont retrouvés à Marseille, haut-lieu de l'enseignement médical. Le motif de leur grogne : les négociations conventionnelles sur les dépassements d'honoraires des médecins. Ces négociations entre la CPAM (caisse de la Sécurité sociale), les mutuelles et les syndicats de médecins, ont pour objectif d'encadrer les dépassements d'honoraires, engagement du candidat Hollande durant la campagne présidentielle.

Si les internes, ces futurs praticiens, déplorent "de ne pas être représentés dans ces négociations", ils s'indignent de l'image "du médecin assoiffé d'argent" qui ressort des discussions. "Cela fait 10 ans que nous n'avons pas eu des vrais revalorisations des actes médicaux. En 15 ans, ça a été réévalué de 5%, quand l'inflation a grimpé de 28%", lance Hector Simon, délégué de l'INSIH (Inter Syndical National des internes des Hôpitaux)  pour le Languedoc-Roussillon. Un discours qui tranche avec  les propos de la ministre de la santé, Marisol Touraine, prononcés le 18 octobre au micro de RTL : "Les français (…) ont le sentiment, et pas totalement à tord, qu'au cours de ces dernières années, nous avons assisté à une inflation des dépassements d'honoraires".

Les médecins du secteur 2 sont les seuls à pouvoir pratiquer ses dépassements "avec tact et mesure", comme le stipule la loi. En février dernier, un article dans le journal Le Parisien a révélé les "dérives" de certains praticiens gourmands : "la même opération de la cataracte coûtera au malade 567 € en moyenne au CHU de Toulouse contre 750 € au CHU de Strasbourg et jusqu'à 1490 € à l'Hôtel-Dieu à Paris. Ce, alors que la Sécu ne la remboursera qu'à hauteur de 272 €". Marisol Touraine plaide que les dépassements soient fixés à "70 euros en dehors de Paris".

"C'est vrai qu'il y a des médecins qui abusent. Et ceux-là il faut mieux les encadrer", estime Hector Simon qui fait aussi valoir que "certains actes sont sous-coutés : 23 euros la consultation chez un médecin généraliste et 27 euros chez un spécialiste". Pour les internes : "les médecins compensent le déficit de la Sécurité sociale". Un déficit qui frôle les 15 milliards d'euros.

"65 % sont des libéraux. Ce sont des entrepreneurs, leur taux d'imposition moyen est de 40%. Les gens confondent trop souvent revenus et bénéfices. Une fois que toutes les charges et impôts sont payés, il reste au médecin 1/4 de ses revenus (…) Soit entre 8000 et 2000 euros", selon les praticiens qui "sont loin d'effectuer les 35h".

" On est en train de privatiser la santé"

"Aujourd'hui, les caisses sont vides ! Si on plafonne les honoraires, les seuls gagnants seront les mutuelles qui paieront moins les dépassements d'honoraires. il faut savoir que 85% des personnes ont une mutuelle qui rembourse ces dépassements". Réunie en congrès, le 20 octobre à Nice, l'Unocam (Union des complémentaires santé) a poussé l'état à une nette "réduction" des ces dépassements.

"Ce n'est pas au bénéfice de la sécurité sociale mais au profit des mutuelles", s'insurge le syndicaliste. " Il y a une connivence avec les mutuelles, qui ne sont pas philanthropiques ! (…) Personne ne fait pression sur elles pour qu'elles contribuent à la solidarité nationale. Nous sommes en train de privatiser la santé", s'alarme l'étudiant en médecine.

Coralie Mollaret

coralie.mollaret@objectifgard.com

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