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Publié il y a 8 mois - Mise à jour le 13.03.2022 - corentin-migoule - 3 min  - vu 4295 fois

LASALLE Un accueil "hostile" pour la députée Catherine Daufès-Roux, en colère

Catherine Roux-Daufès, député En Marche de la 5e circonscription du Gard (Photo : Nicolas Dhombres)

En campagne pour la réélection du président Macron, la députée de la 5e circonscription du Gard Catherine Daufès-Roux sillonne les routes cévenoles à la rencontre des maires et de leurs conseillers. Pour la première fois depuis qu'elle a succédé à Olivier Gaillard en juin 2021, la quinquagénaire dit avoir reçu un accueil particulièrement "hostile" à la mairie de Lasalle et l'a fait savoir dans un billet d'humeur.

À trois mois des élections législatives, certains candidats s'échinent à ne pas faire de vagues, tournant sept fois leur langue dans leur bouche avant de parler, même quand ils en ont très envie. Ce n'est pas le cas de la députée de la 5e circonscription Catherine Daufès-Roux qui, si elle n'est pas encore officiellement candidate, attend avec impatience l'investiture que devrait lui attribuer La République en marche (LREM) au lendemain du second tour de la Présidentielle.

Pour rappel, l'ex-militante socialiste, passée par le Modem avant de rejoindre LREM en 2016, n'a accédé à l'Assemblée nationale qu'à 58 ans, en juin dernier, lorsque le député Olivier Gaillard a jeté l'éponge au profit de sa fonction de maire de Sauve après la loi sur le non-cumul des mandats. En moins d'un an, Catherine Daufès-Roux dit avoir eu le temps d'arpenter sa très vaste circonscription et apprécie son rôle d'intermédiaire entre la ruralité et la capitale.

Un bon café puis de glaciales hostilités

Sa "tournée" des maires l'a ainsi récemment menée à Lasalle, petit village typique des vallées cévenoles, construit en bordure de la rivière Salindrenque. Au lendemain de sa visite, ce vendredi 11 mars, l'ex-institutrice devenue proviseure adjointe a dégainé sa plume pour décrire une "triste matinée" en raison d'un "temps gris et pluvieux", et d'une arrivée au village de Lasalle "avec sa longue rue étroite aux façades sombres et vieillies". 

Le décor planté, le "bon café" offert par le maire lasallois Henri de Latour a précédé de "glaciales hostilités". "Je vois que vous n’avez vraiment pas beaucoup siégé à l’Assemblée", aurait ainsi amorcé une élue. "J’y étais toutes les semaines depuis le 28 juin 2021", lui a répondu la députée, qui a écrit ceci : "Les autres élus s’expriment : rien ne va, tout est négatif, le gouvernement bien sûr, la démocratie, les communautés de communes. Aucune note d’optimisme ici !"

Invitée à réagir sur ce billet d'humeur par Objectif Gard, l'élue LREM explique : "À écouter ces élus, c'est la catastrophe ! Ils n'avaient rien de positif à me signaler. Je trouve ça un peu indécent. Ils organisent par exemple un festival du cinéma l'été et tout un tas d'activités culturelles qui sont subventionnées par l'État, la Région ou le Département." Et d'ajouter : "C'est la première fois que j'ai senti autant d'hostilité."

"Au réveil, j'étais dans la même colère"

Une autre élue lui aurait aussi vanté les mérites de la consultation citoyenne directe. "Je lui ai tout de même rappelé qu'elle s'est elle-même présentée à des élections municipales dans une démocratie représentative", rejoue Catherine Daufès-Roux. Quant au billet d'humeur publié sur sa page Facebook suivie par près de 2 500 personnes, il est le fruit d'une réflexion mûrie : "Je l'ai écrit le soir en rentrant chez moi sur une feuille de papier. Je l'ai copié-collé sur Facebook avant de me rétracter en me disant d'attendre le lendemain car la nuit porte conseil. Le lendemain, au réveil, j'étais dans la même colère, alors j'ai publié", resitue-t-elle.

Et d'enfoncer : "Moi qui suis issue de la Gauche (encartée au Parti socialiste de 1981 à 2007, Ndlr), je trouve que la commune de Lasalle est représentée par une Gauche extrême, clivante, qui n'est pas du tout ouverte aux autres. C'est vraiment une Gauche que je n'aime pas !" Consciente que sa sortie peut s'avérer "clivante", l'ex-principale adjointe au collège Léo-Larguier loue sa "sincérité" : "Si je brigue un mandat alors que je vais avoir 59 ans et que je suis fonctionnaire, c'est pour y aller avec mes tripes, sinon je reste à la maison. Ça ne m'intéresse pas de dire que tout le monde et beau, tout le monde est gentil." Dans un mundillo politique local de plus en plus aseptisé, ça fait du bien !

Corentin Migoule

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