Publié il y a 1 h - Mise à jour le 05.02.2026 - Yannick Pons - 3 min  - vu 49 fois

L'INTERVIEW Julie Fuchs : « C’est un hommage à Erik Satie, mais surtout à la liberté en général »

Julie Fuchs

- @Edouard Brane

Julie Fuchs, la chanteuse lyrique qui a grandi à Avignon et vit aujourd’hui dans le Gard, est attendue le 6 février à l’Opéra d’Avignon. Elle y présentera Satie & friends, un programme lié à son quatrième album solo, sorti le 21 novembre 2025 chez Sony Classical.

Triple lauréate des Victoires de la musique, Julie Fuchs chante aujourd’hui sur les plus grandes scènes d’Europe. Edwige dans Robinson Crusoé d’Offenbach au Théâtre des Champs-Élysées, Giunone dans Ercole amante à l’Opéra Bastille, Marie dans La Fille du régiment (Donizetti) à la Scala de Milan, Stonatrilla au Theater an der Wien, elle a triomphé en janvier à la Philharmonie de Paris…

Objectif Gard : L’Opéra d’Avignon a la chance de vous accueillir au mois de février avec votre proposition Satie & Friends, un spectacle relié à votre nouvel album ? Il y aura vos musiciens ? À quoi peut s’attendre le public ?

Julie Fuchs : C’est un hommage à Erik Satie, figure unique, insaisissable, mais surtout à la liberté en général. Une traversée du Paris bohème, effervescent de la Belle Époque. Cabaret, chanson à texte, valse lente, textes parlés, duos, mélodies impressionnistes. C’est une balade haute en couleurs, une tessiture particulièrement large de styles de musique, de Chabrier à Chaminade, d’Aristide Bruant (Le Chat noir) à Poulenc, la Belle Époque ! La gouaille du XIXᵉ siècle, les chansons coquines, l’argot des rues parisiennes… Mes musiciens m’accompagneront sur scène, Alexis Cardenas au violon, Alphonse Cemin au piano, Félicien Brut à l’accordéon et Davide Vittone à la contrebasse. Nous jouons ce nouvel album, Je te veux, presque en entier. C’est un hommage aux cent ans de sa mort, un hommage à la liberté, celle d’Erik Satie, figure unique et insaisissable, qui a su innover et naviguer avec audace entre styles et genres, échappant à toute définition stricte.

Dans cet album, comment vous approchez cette voix de la Belle Époque, cette façon de dire les textes ?
Je chante avec ma voix et mon appétit pour les textes. Ce ne sont pas toujours des chansons extrêmement virtuoses, mais il y a une forme de virtuosité qui est celle du texte. En enregistrement, on a le micro à deux centimètres, donc j’ai porté attention au texte particulièrement. J’ai fait en sorte d’alléger ma voix et de ne pas chanter tout ce répertoire avec une voix bel canto ou d’opéra.

La liberté de Satie fait-elle écho à votre liberté artistique ?
Satie, c’est un personnage ambivalent, contrasté, compliqué à comprendre. Ce que je trouve fascinant, c’est qu’il a écrit dans plein de styles différents. On le connaît pour ses Gymnopédies, ses Gnossiennes. Mais c’est aussi un grand ami de Stravinsky, un précurseur de la musique minimaliste répétitive, un inspirateur de John Cage. Et puis aussi un écrivain de chansons de cabaret. Je trouvais ça intéressant, cette liberté de style, et ça fait écho à ma propre liberté en tant qu’artiste-interprète, de pouvoir naviguer, être inspirée par différentes choses.

Les Gymnopédies ou les Gnossiennes, ce n’est pas ce répertoire-là que vous parcourez. Pourquoi ce choix ?
J’ai toujours eu un grand amour, un grand respect pour la chanson, le répertoire du début du XXᵉ siècle, la mélodie française. C’est un répertoire auquel je suis familière et que j’aime profondément. Et j’ai aussi au fond de moi cette envie, cette véritable foi dans le fait que la musique classique n’est pas quelque chose qui est en dehors, à part. Je trouvais ça intéressant de faire se côtoyer des choses écrites plus ou moins à la même époque, très différentes, mais avec un socle en commun, accentué par les arrangements. Il y a eu trois arrangeurs, des arrangements sublimes, très travaillés. C’est le cœur, la sève de ce disque.

Un mot sur votre festival Nos jours heureux à Saint-Bonnet-du-Gard dont la première édition a connu un véritable succès l’année dernière ?
Oui, ce sera la deuxième édition. Du 15 au 23 août, à Saint-Bonnet-du-Gard. Un stage de chant choral sera organisé à tous les niveaux. Nous ouvrons une académie pour jeunes chanteurs pendant le festival. Il y aura quatre grandes journées, des concerts, des visites musicales, des activités pour les enfants, pour les familles, des apéritifs, des milongas où on va danser, des cours de tango.

Julie Fuchs porte aussi un projet dans le Gard. L’année dernière, elle a fondé le festival Nos Jours Heureux, à Saint-Bonnet-du-Gard. Prochaine édition du 15 au 23 août. Un événement joyeux, original, qui associe musique classique et tango argentin, sa deuxième passion. Un moment magique à ne pas louper !

Infos pratiques
Julie Fuchs à l'Opéra Grand Avignon ici
Festival Nos jours heureux
Du 15 au 23 août à Saint-Bonnet-du-Gard
Lien ici

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