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Publié il y a 6 mois - Mise à jour le 13.05.2022 - pierre-havez - 3 min  - vu 275 fois

LE 7H50 Florence Vaysse, référente Météo France : « C'est la précocité et la durée de ces températures qui sont remarquables »

La référence ex-Languedoc Roussillon de Météo France, Florence Vaysse (Crédit : DR)

Objectif Gard : Annoncées jusqu’à 9 °C au-dessus des normales saisonnières à Clermont-Ferrand, Bordeaux, Toulouse ou Lyon, les températures de cette semaine sont-elles également supérieures aux normales de saison dans le Gard ?

Florence Vaysse : Oui, nous avons bien des températures maximales actuelles au-dessus des normales dans le Gard, mais, toutefois, pas aussi remarquables que dans d’autres régions non méditerranéennes, où il est moins attendu de frôler les 30 degrés à cette période. Par exemple, nous attendons à Nîmes une hausse progressive des températures maximales jusqu’à 29° ce week-end, soit 6° au-dessus de la normale de saison, en plaine. En revanche, nous ne prévoyons que 23 ou 24° à Saint-Sauveur-Camprieu, ce qui représente un écart de près de 9 ou 10 degrés avec les moyennes habituelles en Cévennes. Enfin, sur la côte, à Aigues-Mortes, les températures maximales attendues autour de 26° ce week-end se situent 5° au-dessus des normales. Cet écart moindre s’explique par le fait que la mer, encore très froide (environ 15°), va provoquer des brises de mer rafraîchissantes pour le littoral et jusqu’aux plaines intérieures.

Depuis quand de tels niveaux n’avaient-ils pas été enregistrés aussi tôt dans l’année ?

En fait, cet épisode reste loin d’être exceptionnel comparé aux températures records de 35° et de 28,9° en mai 2001, à Nîmes et à Saint-Sauveur-Camprieu, ou de 33,7° à Aigues en mai 2011. En revanche, sa précocité et sa durée sont remarquables. À Nîmes, les températures dépassent ainsi les normales depuis le 7 mai. Or, depuis l’ouverture de la station de Nîmes-Courbessac, il y a 100 ans, ce genre de séries supérieures à 25° ne démarrent qu’après le 15 mai. Les températures maximales actuelles autour de 30° correspondent ainsi aux conditions classiques d’un après-midi du début du mois de juillet. Nous sommes donc bien en avance. Et ce phénomène va encore durer encore entre 10 et 15 jours en raison de la remontée de l’anticyclone des Açores. Après les averses et l’orage de la semaine dernière à Nîmes, la situation s’inverse donc avec ce « dôme chaud » qui s’installe.

« L'anticyclone des Açores provoque l'installation d'un dôme chaud »

Tout cela augure-t-il d’un risque de canicule dans le département ?

Non attention, car si les températures maximales sont bien en avance sur les normales de saison, nous ne pouvons pas parler de vague de chaleur, ni de canicule. En effet, les températures minimales à Nîmes restent ainsi autour de 14 ou de 15°, soit des normales basses que l’on connaît d’habitude au début du mois de juin. Or, il faut que les minimales et les maximales soient simultanément très élevées pour avoir une canicule.

« La sécheresse est encore modérée dans le Gard, loin du niveau dramatique de la Lozère, par exemple »

Ces températures vont-elles accroître la sécheresse ?

Oui, le déficit pluviométrique actuel va forcément aggraver la sécheresse des sols. Jusque-là, celle-ci n’est pas aussi dramatique dans le Gard qu’en Lozère, par exemple. Depuis septembre, le bilan des pluies montre un manque compris entre 10 et 30 du cumul annuel, soit un déficit modéré. Mais l’absence de précipitation et les fortes températures des prochains jours ne peuvent qu’accélère l’évaporation de l’humidité des sols. D’autant que la végétatio, très verte en ce moment, a besoin de beaucoup d’eau. On ne sait pas encore jusqu’où, mais il est donc certain que le niveau de sécheresse ne va pas s’améliorer.

Les températures actuelles laissent-t-elles présager d’un été chaud ?

On ne peut pas faire de lien entre le printemps et l’été. En revanche nos tendances saisonnières pour la période de mai à juillet prévoient un été plus chaud que la normale. En moyenne sur les trois mois, nous serons à nouveau au-dessus des normales estivales, en moyenne. Reste à savoir si cette tendance se vérifiera avec des pics de très fortes chaleurs et des périodes plus tempérées ou par une température constante légèrement plus élevée. Néanmoins, il faut avoir conscience à la lecture du dernier rapport du GIEC que la probabilité de connaître des canicules plus longues et plus intenses augmente désormais chaque été.

Propos recueillis par Pierre Havez

Pierre Havez

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