Le soleil se couche sur les arènes du Grau-du-Roi. Neuf chevaux Camargue entrent au pas, puis passent au trot et au galop. Devant un public attentif, Vincent Milla, ses filles Ninon et Fanchon, Laure, Axel et quatre autres gardians vérifient l’harnachement et les réactions de leurs montures. Ils travaillent toute l’année au Mas de la Comtesse, à quelques kilomètres des arènes.
Une journée au près
Dans les prés, les chevaux pâturent en liberté. Le gardian doit accamper sa monture, l’attirer à l’avoine, lui passer le seden tressé dans le crin des juments, puis poser le couverton et la selle gardiane. Une fois en selle, les gardians surveillent les taureaux, regroupent les bêtes dispersées, trient et conduisent le troupeau. Ces longues heures de travail sont aussi entrecoupées par des jeux.
La chaise, le bouquet, l’aiguillette... Ninon et Fanchon lancent leurs chevaux au galop, virent court et repartent en riant. Au jeu du bouquet, l’une protège les fleurs tandis que l’autre tente de les lui arracher.
Pour l’aiguillette, le cavalier cale une longue lance sous son bras et vise un anneau suspendu. Le jeu conserve le souvenir des tournois du Moyen Âge. Habiles au trident et à cheval, les gardians intéressaient autrefois les armées royales. Ils se regroupèrent en confréries pour échapper aux enrôlements. Celle de Saint-Georges existe encore.
Au Grau-du-Roi, la longue lance rappelle aussi les jouteurs de la Jeune Lance Graulenne. À quelques mètres des arènes, ils se défient sur le canal. Le saut de cheval à cheval demande de maintenir deux montures côte à côte. Laura passe de l’une à l’autre au galop et réussit l’exercice.
Axel se charge de la ferrade simulée. Le troupeau est accampé et un anouble, un veau d’un an, est isolé. Ses cornes portent des emboulages en liège. Dans les prés, la ferrade se pratique sur une ligne droite. Dans l’arène, le veau prend le cercle et oblige Axel à changer plusieurs fois de main avant de le déséquilibrer du bout du trident.
Mini abrivado
Les neuf gardians se placent ensuite flanc contre flanc pour conduire les taureaux lors de l’abrivado. Un taureau s’échappe du groupe. Les cavaliers le récupèrent et reforment aussitôt l’emmaillage. Les chevaux restent serrés, les taureaux sont maintenus au centre. Le dernier passage longe la piste d’un seul bloc.
Les neuf cavaliers ne sont pas des gens de spectacle. Ils travaillent toute l’année auprès des chevaux et des taureaux du Mas de la Comtesse. Dans les arènes, ils montrent ce quotidien exigeant, parfois dangereux, mais aussi les jeux et le plaisir de passer leurs journées à cheval au milieu du troupeau.
La manade Milla reviendra mardi 25 août à 21 h 30 pour le dernier Grand Rodéo camarguais de l’été. L’entrée coûte 8 euros pour les adultes et 5 euros pour les enfants de 5 à 10 ans. Renseignements au 04 66 51 12 12 ou au 06 69 69 51 63.