Ce mercredi, c’était la Despedida. Sous les lumières rouges et bleues de la Milonga del Angel, les couples ont tourné sur ce parquet en bois exceptionnel. Robes fleuries, mains dans le dos, joue contre une tempe. L’apéro tango et folklore vient de s’achever. Le quintet Apolo Tango prend le relais, avant le DJ Patrick Bevilacqua. La dernière milonga a tourné jusqu’à 3 heures.
Six jours plus tôt, Siccardi Tango ouvrait le festival place du Chapitre. Le lendemain, le Doble A des Fleurs Noires jouait sur le parvis de la Maison Carrée. Le Cuarteto Pichuco a gagné Aubais Méma, le Noelia Sinkunas Quartet le Mas de la Barben, El Revire le pont du Gard. Les après-midis étaient consacrés aux stages. Après 18 heures, orchestres, maestros, démonstrations…
L’organisation avait réduit les animations en journée afin de conserver l’essentiel des rendez-vous après 18 heures. Certains cours se sont déroulés dans des salles climatisées, d’autres non. « On s’en est sortis vivants », plaisante Félix Akli. Mardi, le Pont du Gard, « très aéré », respirait davantage. Le public a pu suivre une nouvelle projection de Combas sur l’aqueduc, avant la milonga installée rive droite.
Le directeur artistique parle d’un « tout petit peu moins de monde cette année ». Il relie ce recul aux messages répétés sur la canicule et les incendies. « J’allume la télévision, ça parle de canicule ou d’incendie. On sent moins de gens dans la ville, moins de gens sur les sites touristiques. » Selon lui, le festival nîmois a moins souffert que d’autres rendez-vous. Il cite notamment les difficultés rencontrées à Toulouse.
Un public éclectique
Félix Akli distingue deux publics. Il y a les curieux, les Nîmois ou les touristes qui découvrent le tango lors des rendez-vous gratuits de la place du Chapitre, de la Maison Carrée ou du pont du Gard. Puis viennent les danseurs, ceux qui suivent les cours l’après-midi et restent au bal jusqu’au milieu de la nuit.
Certains ont rejoint Nîmes depuis Lyon, Berlin ou le Japon. D’autres arrivent de Guadeloupe, de Guyane ou de Nouvelle-Calédonie. « Il y a aussi des gens de chez nous », rappelle Félix Akli. Mercredi, ils se retrouvent dans la même ronde, serrée et lente, sous les lampes rouges et le parquet en bois de la Milonga del Angel.
La salle de la rue de l’Occitanie rouvrira dès septembre. L’école proposera du tango, du rock et plusieurs disciplines moins courantes. Les bals argentins reprendront eux aussi. « Depuis trente ans, tous les samedis, ici, il y a du tango argentin. On peut voir un bal, danser, rencontrer des gens, boire un coup. »
Le 25 septembre, le Big Band de Camargue réunira 25 musiciens lors d’un concert gratuit inscrit au festival de l’Agglo. Une dizaine de soirées Jazz 70 sont aussi prévues pendant l’année. Puis viendra l’été 2027. Le festival célébrera sa trentième édition, ce qui en fait, selon ses organisateurs, le plus ancien rendez-vous français du tango encore en activité. Mercredi soir, les couples tournaient encore sur le parquet jusqu’à 3 heures du matin.