Objectif Gard : Vous avez fait partie des trois sportifs mis à l'honneur à l'occasion de la soirée de la HDN Academy, quel est votre premier sentiment ?
Robin Bertrand : Je suis très heureux parce que les Hauts-de-Nîmes c'est un peu comme ma famille. C'est l'endroit où, à chaque fois que je finis un tournoi, je viens me ressourcer, m'entraîner et voir mes collègues, ils viennent même parfois me voir en tournoi et ça me touche.
Comment jugez-vous votre vie de tennisman ?
Je la vois comme le commencement de quelque chose de grand. On rêve tous de monter plus haut. J'espère peut-être m'entraîner un peu mieux que les autres pour vivre de ma passion et vivre mon rêve.
Comment est-ce qu'on gère toute cette pression médiatique à seulement 22 ans ?
J'essaye juste de faire de mon mieux tous les jours et de progresser. En soi, je tape juste dans une balle. Certains font des métiers bien plus importants et stressants, et ils ont la vie de gens entre leurs mains, que ce soit des médecins ou des chirurgiens. Si je joue bien je gagne, si je joue mal je perds. C'est pour ça que j'ai pris un préparateur mental dernièrement pour m'aider à me détacher de cette pression et m'amener à un plus haut niveau.
Vous avez eu l'opportunité d'être invité sur les tableaux de qualification de Roland Garros cette année, quelles émotions cela a pu vous procurer ?
C'était quelque chose d'incroyable pour moi. J'ai même pu faire l'ATP 250 de Montpellier et l'ATP 250 de Metz en rentrant par les points. C'est l'occasion de faire un grand résultat pour monter dans le classement en faisant comme un certain Valentin Vacherot (vainqueur du Master 1000 de Shanghai, NDLR).
2026 approche, avez-vous un objectif en tête ?
J'aimerais atteindre le top 230 au classement ATP pour atteindre les qualifications des tournois du Grand Chelem sans passer par des invitations, pour continuer ma progression. Gagner un deuxième tournoi Challenger aussi serait super.
Comment jugez-vous le niveau du tennis français en ce moment et les installations sportives à disposition ?
On a des installations incroyables à la Fédération française de tennis, et cette chance incroyable d'avoir des Wild Card dans certains tournois. On est tous en train de monter et de progresser, je pense que là on arrive fort, que ce soit Arthur Fils, Luca Van Assche, Giovanni Mpetshi Perricard... et tous les autres. Il va y avoir prochainement une pépite française qui va peut-être exploser bientôt.
Qu'est-ce qui fait la différence pour des joueurs comme Jannik Sinner ou Carlos Alcaraz ?
La constance sur une saison déjà, quand on voit leurs statistiques, ils perdent un match sur dix peut-être. Et même quand ils jouent l'un contre l'autre, ils font des matchs fabuleux. Physiquement ils sont en place, les tenir tout un match ça doit être vraiment compliqué. Et dans la tête ils sont concentrés sur tous les points, je ne les ai jamais vraiment vus en baisse de forme pendant un match. Et ils arrivent à être performants sur toute une saison. Peut-être qu'ils gèrent mieux le temps de récupération entre les matchs, et font exactement ce qu'il faut quand il faut.
Cette année, le tennis a fait son retour dans les arènes avec le Bastide Médical UTS Nîmes. Est-ce un tournoi qui vous ferait rêver ?
Franchement oui, jouer dans ma ville et dans les arènes devant mes amis et ma famille, ce serait incroyable. Ils sont bien présents dans mon projet mais n'ont pas forcément l'occasion de venir me voir tout le temps.
Quel serait votre adversaire de rêve sur le circuit actuel ?
Mon joueur préféré, c'est Jannik Sinner, c'est de lui dont j'essaye de m'inspirer parce qu'il frappe très fort des deux côtés, il fait peu de coups de variation, c'est une espèce de robot et il est incroyable à voir jouer. J'espère aller dans la même direction que lui.
Et un tournoi que vous rêveriez de gagner ?
La Coupe Davis ça pourrait être très bien, mais le trophée dont je rêve le plus c'est Roland Garros, en France. Ce serait dingue !