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Publié il y a 7 ans - Mise à jour le 17.03.2015 - coralie-mollaret - 5 min  - vu 202 fois

L'INVITÉ DE LA REDAC' Personnalité et politique : Jean Denat face à la rédaction d'Objectif Gard

Jean Denat, président du conseil départemental du Gard et candidat à sa propre succession.

Le président-candidat pour le Département, Jean Denat, essuie les plâtres du dispositif "L'invité de la Rédaction", mis en place ce mardi par Objectif Gard à l'occasion des élections départementales des 22 et 29 mars. Démarrage en trombe, ce matin, avec une série de questions sur sa personnalité et son nouveau projet pour la collectivité. 

Objectif Gard : Aujourd'hui, pourquoi estimez-vous être le meilleur candidat pour diriger cette collectivité ?

Jean Denat : Je suis un candidat expérimenté. Nous avons fait preuve de responsabilité en préparant et votant le budget 2015, le plus difficile de toute l'histoire de notre collectivité. J'ai demandé à Laurent Burgoa de faire des contre-propositions… On les attend toujours.

O.G : Pensez-vous vraiment passer entre les gouttes de l'impopularité du gouvernement Hollande qui, de toute façon, influera le scrutin ?

J.D : Pour moi, ce n'est pas un gros problème. Il ne faut pas travestir ce scrutin qui n'est pas national mais local. C'est une élection de proximité, beaucoup de gens me disent qu'ils ne votent pas à gauche d'habitude mais qu'il voteront pour moi les 22 et 29 mars parce qu'ils me connaissent. Et puis, aux municipales, il y a eu une vague bleue dans le Gard et moi, Jean Denat, j'ai été élu contre toute attente.

O.G : La loi NOTRe adoptée en 1ère lecture à l'Assemblée Nationale en début de mois vous a retiré la compétence des transports scolaires au profit de la Région, et vos compétences facultatives deviennent des compétences partagées avec le conseil régional. Comment inciter les électeurs à se déplacer aux urnes alors que votre pouvoir diminue?

J.D : Je regrette le parcours chaotique de cette loi mais le débat a au moins permis de rendre compte de l'importance du Département. Le conseil général, ce sera désormais deux missions : équilibre territorial et cohésion sociale. Il les remplira en lien avec les autres collectivités. Ça nous oblige à travailler ensemble et c'est très bien. Concernant les transports scolaires, j'ai de bonnes raisons de penser que l'on en gardera la gestion par convention.

Jean Denat et son directeur de campagne Sébastien Arnaux en plein débat... Eloïse Levesque / Objectif Gard.

O.G : Le Front National et Debout la France s'indignent des 80 % du budget de la collectivité consacré au fonctionnement… N'est-ce pas un peu trop ?

J.D : Il faut savoir que sur ces 85 %, plus de la moitié concerne les prestations sociales (RSA, PCH, APA, Aide sociale à l'enfance…), principale mission du conseil départementale. Dans notre dernier budget, nous  avons réduit de 14% les frais généraux, de 5% l'indemnité des élus et 60 postes ne seront pas remplacés. Après, quand la droite nous dit qu'il faut faire des économies, qu'elle nous explique sur quoi ! Vous verrez que ces économies ne seront pas à la dimension du problème…

O.G : Justement, le conseil général connaît des difficultés financières sans précédent avec une baisse des dotations de 14 millions pour 2015. Sur quel(s) budget(s) allez-vous rogner pour préserver l'équilibre budgétaire ?

J.D : Je suis stupéfait qu'on ne parle que de la baisse des dotations alors qu'il a manqué 29 millions d'euros de recettes fiscales qui pourraient revenir avec la reprise...

O.G : Gouverner c'est prévoir, qu'allez vous faire si cette reprise n'est pas au rendez-vous ?

J.D : On continuera de baisser nos charges de fonctionnement tout en maintenant les investissements. Ensuite, nous travaillerons de manière collégiale, comme en décembre lorsque j'avais proposé un train de 220 mesures d'économies. Nous en avons choisi 40, ensemble, notamment le non-renouvellement de Gard Motion et la baisse des subventions allouées à l'aéroport qui sont passées de 700 000 à 200 000 €. D'ailleurs, même Jean-Michel Suau, élu Front de Gauche, a expliqué aux établissements qui relèvent de la Protection sociale pourquoi il fallait réduire de 2% les charges sociales de ces structures.

O.G : Citez une mesure phare de votre programme.

J.D : Le haut débit. Il y a quinze jours, j'ai obtenu un accord de principe de l'état pour financer les équipements au très haut débit dans le Gard. On parle de 100 Mega-octets pour un cout de 200 millions d'euros. Avec l'aide de l'Etat et de l'Europe, il restera au Département 80 millions d'euros à financer (159 millions d'euros d'investissement, NDLR). A la fin du prochain mandat, si je suis réélu, je garantis qu'il n'y aura plus de zone blanche dans le Gard. Cette mesure est importante pour attirer des entreprises. Alors, certes, le développement économique n'est pas une compétence obligatoire de notre collectivité, mais créer de l'emploi permettra de baisser nos charges sociales.

O.G : La droite veut lutter contre l'insécurité en installant de la vidéo-surveillance aux abords des collèges et dans les cars. Quelles actions la Majorité départementale souhaite-t-elle mettre en place?

J.D : Si certains conseils d'administration d'établissements scolaires considèrent que c'est la solution, nous ne sommes pas hostiles aux caméras.  Il y en a d'ailleurs deux au collège Condorcet de Nîmes. Mais il y a peu de demandes en la matière. Par ailleurs, j'aimerais comprendre pourquoi la droite ne s’intéresse aux caméras qu'en période électorale. En 2011, nous avons demandé à la mairie de Nîmes un raccordement pour la mise en place d'une caméra au collège Bigot. Elle ne nous a jamais répondu.

O.G : Vous refusez de financer les infrastructures autour de la gare de Manduel. Aujourd'hui le projet, les financements sont actés. Combien de temps cette posture politique tiendra-t-elle ?

J.D : Ce projet n'engage que ceux qui l'ont signé. Quand le projet a été annoncé, les collectivités concernées ont parlé d'un investissement de 200 millions d'euros. Aujourd'hui, elles évoquent le double, pour financer notamment le raccordement Nîmes-Manduel. On nous demande 80 millions d'euros, ce n'est pas sérieux. Par ailleurs, il sera paradoxalement plus long pour les Nîmois de se rendre à Paris puisqu'ils devront prendre leur correspondance à Manduel. Toutefois, on accompagnera le projet. Un exemple : pour la déviation de Jonquières-Saint-Vincent qui devait passer initialement au milieu de la future gare de Manduel, nous avons trouvé un accord avec Y.Lachaud, président de Nîmes Métropole, pour la déplacer.

O.G: Question plus personnelle, citez-nous une qualité et deux défauts, en évitant bien sur les lieux communs du style "perfectionniste".

J.D : Je suis honnête, têtu et j'ai mauvais caractère.

O.G : La rumeur dit que si vous conservez le Département, vous pourriez devenir secrétaire d'Etat… Quelle délégation vous ferait plaisir ?

J.D : Cette question ne se pose pas et je démens la rumeur. A 60 ans, je ne cours pas derrière une carrière politique à Paris, je veux être utile pour mon territoire.

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Coralie Mollaret

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