À Lunel, c'est une "Marianne" un peu particulière qui accueillera les passants cette semaine. La réplique de la statue de la Liberté de Bartholdi, érigée sur le rond-point de la place de la République, porte depuis ce 18 juin une écharpe taillée à sa mesure. Une création entièrement réalisée par les mains des adhérentes de l'atelier couture de la Maison Rousseau, structure municipale lunelloise.
Le projet est porté par Nathalie, professeure de couture, et les adhérents de l'atelier. Pour que l'écharpe tombe juste sur les épaules de bronze de la statue, les services techniques de la Ville sont d'abord intervenus pour prendre les mesures du mannequin-statue, avant que les couturières ne se lancent dans la confection d'une pièce grandeur nature. La municipalité a, de son côté, pris en charge le tissu et le flocage de la création.
Il s'agit d'une première pour la ville, et cette initiative s'inscrit dans un engagement plus large de la commune. Par délibération du 4 décembre 2025, Lunel est devenue signataire de la charte "Ville ambassadrice du don d'organes". L'écharpe posée sur la statue de la Liberté en est la première traduction concrète, à quelques jours de la Journée nationale du don d'organes, fixée chaque année au 22 juin.
Au-delà du geste, la Ville souhaite premièrement relayer un message de santé publique. En France, la loi pose le principe du consentement présumé : toute personne qui n'a pas exprimé de refus de son vivant est considérée comme donneuse potentielle après son décès. Pour s'y opposer, il faut s'inscrire sur le registre national des refus.
Un point sur lequel la municipalité insiste particulièrement : en l'absence d'instructions claires, de nombreuses familles s'opposent au don par précaution, dans le doute. Selon les chiffres cités par la Ville, ce serait le cas pour environ 36 % des familles confrontées à cette décision. D'où l'importance, rappelle l'élue à la santé Agnès Routhe, d'aborder le sujet en amont, en famille. "Souvent, la famille hésite parce qu'ils n'en ont jamais parlé, donc il n'y a aucun prélèvement", exprime-t-elle.
Le besoin, lui, reste criant, car environ 22 000 personnes sont aujourd'hui en attente d'une greffe en France. Chaque jour, deux à trois d'entre elles décèdent faute d'avoir pu en bénéficier à temps.