Dans une cour d’école, il suffit parfois d’un mur pour raconter beaucoup plus qu’une simple année scolaire. À l'école maternelle de Courbessac, ce mur-là ne sera plus jamais gris. Il est désormais couvert de couleurs, de crocodiles, de fleurs, de formes naïves et de phrases qui vont à l’essentiel : « N’oublie pas de sourire », « n’oublie pas d’aimer », « n’oublie pas de jouer ».
Une fresque qui porte la signature de Melvyn Barros, artiste bien connu à Nîmes pour son univers très coloré, entre figuration libre, pop art et street art. Formé à l’université Vauban, il développe depuis plusieurs années un travail où les couleurs intenses et les contours noirs occupent une place centrale. Mais pour une fois, l’œuvre ne vient pas seulement de lui, mais bien aussi des enfants.
Un projet né dans les classes
L’idée est venue de l’équipe enseignante et de la direction de l’établissement. Il s’agissait de « redynamiser » la cour et de lui redonner des couleurs, à l’occasion des dix ans de la nouvelle cour de récréation. Avant que Melvyn Barros ne prenne les pinceaux et les bombes, les enfants ont travaillé en classe. Ils ont observé, dessiné, imaginé, parlé de leur école, de leur ville, de ce qui compte pour eux. De cette matière première, l’artiste nîmois en a tiré une fresque monumentale. « Les enfants m’ont donné plein d’idées. Moi, j’ai juste été le maître d’œuvre de leurs idées et de leurs rêves », résume-t-il.
"Vous avez su faire de cette aventure artistique un véritable projet pédagogique, plaçant les enfants au cœur de la réflexion, de l’expression et de la création. Les enfants ont observé, imaginé, dessiné, parlé de leur ville, de leur école, de ce qui était important pour eux. Leurs idées ont nourri cette œuvre, qui gardera la trace de leur passage à l’école maternelle de Courbessac », a souligné la directrice de l’établissement, émue au moment de remercier son équipe enseignante et l’artiste Melvyn Barros.
65 m² de couleurs et six jours de réalisation
La fresque impressionne par son format : environ 65 m², ce qui en fait, selon Melvyn Barros, l’une des plus importantes qu’il ait réalisées. Le chantier, lui, s'est avéré plutôt rapide : six jours pour la réalisation, après un temps plus long consacré aux rencontres, aux échanges et à la préparation avec les enseignants et les élèves. Le style choisi n’est pas anodin. Melvyn Barros parle d’un esprit « doodle », avec des personnages simples, des formes accessibles et une lecture à plusieurs niveaux. « Quoi de mieux que de la couleur dans une cour de maternelle ? On est bien assez inondé de grisaille », glisse t-il.
Denis Lanoy, ancien adjoint à la Culture également présent, a salué cette démarche, rappelant que l’art peut être « un vecteur de rassemblement dans une école ». Il a aussi évoqué l’ambition du 100 % éducation artistique et culturelle, que la Ville entend faire monter en puissance.
Un objectif qui a donc déjà pris forme à Courbessac. Il est sur un mur. Et les enfants, eux, pourront l'admirer chaque jour.