Au milieu de la musique et du roulement sourd des sabots sur le sable, Lorenzo se tient debout, un pied posé sur le dos de chacun de ses deux chevaux pilotes. Un seul mot de lui et la troupe se resserre, ralentit, change de direction puis repart. Les chevaux noirs et blancs franchissent presque ensemble les obstacles, provoquant une clameur dans les gradins.
Cette figure porte un nom, c'est la poste hongroise. Lorenzo l’a poussée jusqu’à conduire des chevaux libérés de tout harnachement. Sa voix suffit. En 2016, il présente pour la première fois seize chevaux, huit noirs et huit blancs, en totale liberté. Depuis trente ans, The Flying Frenchman promène ses numéros sur les grandes scènes équestres, de Calgary à Moscou, de la Malaisie au Maroc. Il a foulé la place Rouge et joué devant plusieurs familles royales. Vendredi, il retrouvait un amphithéâtre beaucoup plus proche de sa Camargue.
Des dizaines de personnes sont postées derrière les portes et sur la contrepiste, prêtes à surgir dès la fin d’un numéro. Les barres arrivent deux par deux, les obstacles sont déplacés pendant le show, les trajectoires dégagées et le matériel disparaît avant l’entrée des chevaux suivants. La piste est réorganisée régulièrement, en quelques secondes.
Quelques minutes avant, sous une lumière bleue, un cheval blanc se dresse sur ses postérieurs. Les figures de dressage laissent apparaître la précision des gestes. Érik Hasta Luego en toute poésie. Puis les taureaux noirs entrent, cornes hautes, serrés dans la même course. Renaud Vinuesa et les gardians imposent un tableau plus brut, tiré du travail camarguais.
Les Gipsy Mariano chantent depuis le bord du sable et donnent d'autres couleurs aux performances. Jojo, lui, n’a pas de cheval. Le clown choisit les épaules d’un spectateur, grimpe dans les gradins et tend un cygne en ballon qu'il vient de confectionner.
Le public rit puis le galop reprend. Lorenzo remonte sur ses deux chevaux et lance une nouvelle fois toute sa cavalerie. À la fin, il repose les deux pieds sur terre, le sable des arènes, sa terre de Camargue.
Infos pratiques
Organisée par la Ville de Nîmes et son délégataire Casas & Co, la programmation estivale des arènes se poursuit après Lorenzo & friends, jeudi 20 août à 18 h par la seconde course camarguaise du Grand Prix de la Ville de Nîmes. Vendredi 21 août à 21 h, place aux Grandes Olympiades des gardians. Billetterie sur arenesdenimes.com, au 04 66 02 80 86 ou au guichet du 4, rue de la Violette à Nîmes.