Publié il y a 58 min - Mise à jour le 07.05.2026 - Stéphanie Marin - 3 min  - vu 37 fois

SAINT-GILLES La manade Bilhau, entre héritage familial et passion camarguaise

Jean-Marie Bilhau entouré de sa fille cadette, Magali, de son gendre, Marc et de ses petites-filles, Romy et Ava.

- S.Ma

La manade Bilhau organise ce vendredi 8 mai la deuxième édition de son marché gardian, réunissant plus de 70 producteurs et artisans locaux. Des jeux équestres et taurins ainsi qu'un grand concours de ferrade sont également au programme de cette journée dédiée à la culture camarguaise. 

Un cheval au galop, des taureaux paisibles dans la prairie. La carte postale à l’effigie de la Camargue est parfaite, sans fausse note. Les premières lignes de cette partition ont été écrites par Émile Bilhau dès 1940, aux côtés de son épouse Paulette. Une histoire aujourd’hui racontée dans le musée installé au domaine d’Estagel, à Saint-Gilles, à travers photographies, affiches et objets liés à la culture camarguaise.

Chez les Bilhau, la passion est une affaire de transmission. "Onze ans après l’achat de la manade, Émile Bilhau faisait déjà la Une des grandes arènes et des grandes royales, il était au top niveau de la course camarguaise", rappelle Marc Linsolas, gendre de Jean-Marie Bilhau, lui-même fils de Paulette et Émile. En 1954, fait remarquable "qui ne s'est jamais reproduit", "la manade Bilhau a gagné le Biòu d'or avec une Royale", composée de Gàrri, Rousti, Poète, Carretie, Sultan et Janot. Une ascension fulgurante dans un milieu exigeant. Émile Bilhau, berger et viticulteur, s’impose comme une figure emblématique du monde camarguais. Les arènes de Saint-Gilles portent son nom, tout comme plusieurs rues un peu partout dans le Gard. Une reconnaissance pour l’œuvre de ce manadier saint-gillois, proche de Denys Colomb de Daunant, du marquis Folco de Baroncelli, ou de Paul Ricard, entre autres, qui a participé à faire évoluer et populariser les traditions et spectacles autour de la course camarguaise : le toro piscine et les intervillages.

Une porte de l'abbaye exposée au Louvre

Visionnaire, Jean-Marie va marquer à son tour l’histoire de la manade. Il transforme progressivement l'exploitation agricole, tout en conservant la manade, pour y développer l’événementiel, dans le mas notamment situé face au domaine de 130 hectares dont 20 de travail, vendu depuis. "Il a été le premier à créer des lieux de réception au cœur d’un milieu agricole", soulignent sa fille Magali, 42 ans, et son beau-fils Marc Linsolas, 47 ans. Bergerie, cave, puis la petite abbaye deviennent autant d’espaces dédiés aux fêtes et aux rassemblements. Arrêtons-nous sur l'abbaye, où le pape Gélase II, poursuivi par les Camisards, aurait séjourné pendant les guerres de religion. L'une de ses portes, mérovingienne, est aujourd'hui exposée au musée du Louvre.

Une diversification devenue essentielle : "Faire vivre une manade, ça coûte cher", explique Jean-Marie Bilhau, 78 ans. Aujourd’hui encore, et alors que Magali et Marc sont à la tête de la structure familiale, accompagnés notamment de Stéphanie, fille aînée de Jean-Marc et de ses deux enfants, Folco et Mathéo, l’équilibre repose sur plusieurs activités entre élevage, spectacles camarguais - notamment dans d'autres départements non coutumiers de la culture et de la tradition camarguaise, justement pour en faire la promotion - et organisation d’événements. Et la mayonnaise a pris très vite, de nombreuses personnalités d'ailleurs se sont laissé séduire par ce lieu champêtre - la manade a décroché en 2007, le prix de la plus belle prairie de France -, des hommes et des femmes politiques, des "people", comme dit Jean-Marie. Des passages immortalisés dans un livre d'or, épais comme un dictionnaire ou quasi.

La course camarguaise reste tout de même un pilier, mais aussi un travail "compliqué et exigeant". Le septuagénaire d'insister : "'Il faut être passionné, mais ce n'est pas un métier facile, et encore moins à rentabiliser." Sélection des taureaux, temps long de l’élevage : "Si on se trompe, on perd des années", confie le manadier, dont le gendre relance aujourd’hui cette activité. Magali, quant à elle, se charge de toute la partie événementielle, prenant la suite de Marielle, l'épouse de Jean-Marie. Elle a notamment lancé les visites individuelles, pensées comme une immersion dans l’histoire familiale et les traditions camarguaises. Dans le musée du domaine, un tableau rend hommage aux générations qui ont contribué à faire vivre la manade au fil des décennies. "Aujourd’hui, il y a de très bons chevaux, de très bons cavaliers, mais ce qui est difficile, c’est de préserver l’identité", ajoute Jean-Marie.

Un marché 100 % local

Toujours dans cet esprit d'ouvrir ce lieu au plus grand nombre, Magali et Marc organisent, ce vendredi 8 mai, la deuxième édition de son marché gardian. Plus de 70 exposants sont attendus, tous issus du territoire. "On reste sur du local, vraiment sur la Provence et la région", précisent-ils. Produits du terroir, artisanat, créations, la journée met à l’honneur les savoir-faire locaux dans un cadre authentique. Au programme également : petit-déjeuner offert par Intermarché à 9h15, un grand concours de ferrade réunissant quinze manades à 10h30, restauration sur place, avec notamment un jambon braisé proposé par L'Olivette Camarguaise (menu complet : 25 €), jeux équestres camarguais et vachettes pour les jeunes dans les arènes du domaine (bouvau), l'après-midi. Entrée adulte à 2 €, gratuit pour les moins de 12 ans. Tombola offerte par les commerçants.

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Stéphanie Marin

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