Vingt ans, c'est l'occasion de célébrer une réussite. Mais aussi de se projeter autour d'un genre musical qui était largement délaissé au moment du lancement du festival, et connaît un gros regain d'intérêt depuis quelques années. L'occasion, donc, d'inviter ceux qui ont fait la réussite et l'histoire d'une fête désormais ancrée dans la chaleur du printemps sauvain.
Le directeur artistique du festival, Nicolas Roche, pense en premier lieu au duo Durif-Champeval. "Ils ont sauvé cette musique, notamment en Corèze dans les années 70, l'un des creusets du violon traditionnel. La tradition s'était arrêtée après la Première, et encore plus la Seconde Guerre mondiale. Ils ont beaucoup collecté pour sauver les airs." Dans les années 70, en Auvergne-Limousin - "le coeur du violon populaire", pour Nicolas Roche - on voit renaître les musiques traditionnelles françaises comme une redécouverte. "En Corrèze, dans certains villages, des témoignages indiquent qu'on trouvait même des cordes de violon à vendre au tabac, à la grande époque !"
Pour les 20 ans de la fête s'est imposé l'objectif "de remettre à l'honneur les bandes de violon, qui jouent le répertoire traditionnel en bande". Mais aussi de faire découvrir "des créations récentes. On a toujours été sur cette frontière entre musique traditionnelle et quelque chose de plus expérimental, avec des apports contemporains." Et cela, d'autant plus avec "le renouveau des musiques traditionnelles françaises", entamé dans les années 70, et qui reprend de plus belle depuis une dizaine d'années malgré un creux dans les années 80 et 90.
Les violons de pays étrangers seront également présent, comme ils le sont déjà au cours des stages de la semaine actuelle. "Cette année, on reçoit un trio polonais, Lunarie." À travers Trancexpress est né un projet entre les Polonais et le Massif central, preuve que les musiques populaires traditionnelles restent vives et actives, et traversent les frontières. "Mais ces musique souffrent de leur manque de médiatisation", regrette Nicolas Roche. À part une émission sur France Culture et une régulière sur France Musique, l'accès au grand public est compliqué. Le succès et le maintien du festival sauvain prouve, au contraire, qu'un public existe pour ces musiques.
Le festival débute vendredi 5 juin, à 19h30 avant le premier baléti du week-end, place Sivel, à 20h30. Programe complet à retrouver ici.