« En juillet dernier, devant la DNCG, je me suis déplacé avec un acte d’engagement signé du maire promettant de racheter le stade des Antonins et la Bastide au prix des domaines au plus tard au dernier conseil municipal. Sans ça, Nîmes Olympique n’aurait pas pu être sauvé », telle est la mise au point qu’a souhaité faire Franck Proust, premier adjoint de la ville de Nîmes, lors d’une conférence de presse ce vendredi matin afin de justifier le rachat du stade des Antonins et de la Bastide qui est voté demain en conseil municipal, le dernier de Jean-Paul Fournier après 25 ans à la tête de la ville.
Un investissement, au total, de 9,5 millions d’euros dont 7 millions pour les Antonins. « Ce rachat se fait sans endetter la ville d’un centime, désormais Rani Assaf c’est du passé », souligne le maire actuel pour encore quelques jours qui vient refermer un chapitre avec Rani Assaf ouvert en 2019 quand le premier édile vend le stade des Costières au président du Nîmes Olympique. La mobilisation des supporters face à la descente aux enfers sportive du club poussera la Ville à changer son fusil d’épaule et à ne pas accorder de permis de construire à Rani Assaf, qui abandonne son projet.
Transformer les tribunes des Antonins en dur
En parallèle, le stade des Costières étant à l’abandon avec l’arrêt du projet, il ne restait que les Antonins de disponible pour faire jouer les Crocos en N2, mais l’enceinte appartenait à Rani Assaf qui a décidé de lâcher le sportif l’été dernier. « Il faut le dire clairement aux supporters, sans l’achat des antonins, Nîmes Olympique aurait été contraint de jouer en dehors de la ville », abonde Thierry Procida, l’adjoint aux Sports. Un stade racheté 6,8 M€ HT, (7 M€ avec le mobilier) au prix estimé par les Domaines et qui en a coûté 11,6 à Rani Assaf. Néanmoins, il faut rajouter les 1,2 M€ déboursés par la municipalité pour la location du stade durant les six premiers mois avant ce rachat.
« L’épopée de Rani Assaf est terminée, la ville devient propriétaire des installations. Acheter 6,8 M€ HT un stade de 8 500 places qui peut passer à terme à 10 000 places et homologué pour la Ligue 1, c’est une très bonne affaire pour la ville. Si on avait voulu créer un stade de 10 000 places en passant par la ville, c’était valorisé entre 20 et 25 M€ », renchérit Franck Proust qui veut désormais faire de ce stade provisoire, un stade permanent au-delà de 2032. "J’en suis convaincu à 95%, on est train de regarder les modifications juridiques pour transformer le plan local d’urbanisme et aussi les tribunes démontables en dur", poursuit le premier adjoint.
Dans son rapport, les Domaines stipulent que ce stade peut devenir définitif. Pour cela, il faut enlever les tribunes tubulaires et installer des gradins en dur. « Rani Assaf avait trouvé un client pour vendre les tribunes », rappelle Franck Proust qui table entre 2 et 3 millions d’euros le coût du changement de tribunes. Le reste des installations a une durée de vie estimée à 40 ans. La Ville a déjà en tête d’en faire un équipement polyvalent pour y faire jouer l’équipe de football féminin, le RCN voire les Centurions du football américain.
Deux terrains synthétiques à refaire à La Bastide
Un nouveau stade pour la ville qui pose forcément la question du devenir des Costières, le candidat aux élections municipales Franck Proust doit présenter lundi un référendum d’initiative citoyenne sur l’avenir de ce stade fermé depuis 2022. En attendant, après la réhabilitation des vestiaires sur le terrain annexe, une salle de 1 400 m2 a été rénovée pour différentes associations et sera opérationnelle en mars prochain. Une obligation de rachat qui englobe aussi le centre d’entraînement de la Bastide pour 2,5 M€ qui redevient propriété de la ville.
Lors de sa venue sur place, la FFF a listé les travaux à effectuer notamment deux terrains synthétiques sont à refaire, ce qui va demander encore une enveloppe de plusieurs millions d’euros. Pour relancer le centre de formation, il faut que le club redevienne professionnel et cela passe absolument par une remontée en National, qui va devenir la Ligue 3. Cela semble compliqué pour cette saison. « On espère être prêt d’ici deux ans si le NO remonte, pour avoir le centre de formation assez rapidement », complète Thierry Procida.
Un rachat qui satisfait évidemment le président Nîmes Olympique Thierry Cenatiempo : « la DNCG imposait une moyenne de 1 200 spectateurs par match, 400 abonnés et 80 partenaires. Huit matchs plus tard, la réalité a dépassé les estimations avec 5 200 supporters par match, 2 200 abonnés et 300 partenaires qui résume l’engouement autour de club. » Désormais, c’est aux résultats sportifs de suivre pour que Nîmes retrouve le plus rapidement sa place dans le monde professionnel.