Le Gard vieillit. « Une étude de l'Insee illustre le défi qui nous attend, commence le secrétaire général de la préfecture Yann Gerard, jeudi matin en ouverture de l'événement organisé pour la première fois dans notre département. En 2018, 23 % de la population gardoise avait 65 ans et plus, en 2070, l’Insee projette que ce chiffre va passer à 33 %, soit un tiers de la population. » En conséquence de ce vieillissement, le nombre de séniors dépendants devrait augmenter de 60 % en Occitanie d’ici 2040. « C’est un vrai sujet qui nous impacte, il faut y faire face et apporter des réponses, notamment en ressources humaines », rajoute le conseiller régional Fabrice Verdier.
Seulement voilà : les métiers de l’aide à la personne et du soin sont en crise. « C’est un secteur qui a une image pas attractive, des difficultés de recrutement et de formation, beaucoup de turn-over, présente Sabrina Toussaint, de la DDETS. Il y a une nécessité de mettre en avant ses atouts, de redorer son image et d’aider ses employeurs. » Car pour l’heure, le constat est alarmant : au cours des 12 derniers mois, 1 750 offres d’emploi dans le secteur de l’aide à la personne ont été déposées à France Travail dans le Gard, avec en face seulement 570 demandeurs d’emploi inscrits comme recherchant ce métier. Idem dans le soin, avec 1 650 offres d’aide-soignant déposées sur les 12 derniers mois dans notre département, pour 880 demandeurs d’emploi recherchant ce métier.
« Aujourd’hui, nous n’avons pas la main d’oeuvre suffisante pour faire face aux besoins, et demain ce sera encore plus criant », résume Yann Gerard. Pour l’heure, le secteur du soin représente environ 15 000 salariés dans le Gard et celui de l’aide à la personne 5 700, « des chiffres qu’il va falloir sans doute doubler en 20 ans », avance Sabrina Toussaint.
Bref, ce n'est pas gagné. Alors la DDETS, la Région et les Comités locaux pour l’emploi Gard nord-est (Bagnols-Uzès) et Gard nord-ouest (Alès-Le Vigan) ont travaillé au coeurs des deux dernières années, appuyés par le cabinet Itaque. Une étude de Gestion préventive emplois et compétences a été menée, comme une expérimentation d’accompagnement des employeurs, une action de conseil en ressources humaines collective, des opérations de recrutement à Bagnols, Villeneuve, Uzès ou encore Alès ou encore un webinaire pour les professionnels de l’orientation.
Le tout autour de grands axes : attirer, recruter, former et fidéliser. Un vaste plan qui a conduit à la rencontre de ce jeudi, à laquelle une quarantaine d’employeurs étaient présents, pour assister et participer à des conférences, notamment sur l’intégration de l’intelligence artificielle dans les pratiques de ressources humaines. Aussi et surtout « un temps pour réfléchir ensemble aux problématiques communes qu'ils rencontrent », résume le secrétaire général de la préfecture.