« L’humilité n’empêche pas l’ambition » : voilà la mentalité affichée par les Crocodiles cette saison au Nîmes Olympique. Le nouveau coach de la cité romaine, Hélder Esteves, s’est longuement confié ce vendredi midi en conférence de presse devant la presse locale. L’occasion de revenir sur les enjeux et les ambitions qui attendent le NO, mais aussi sur le premier adversaire de la saison, aux côtés de Clément Depres, capitaine la saison dernière.
Une préparation riche en enseignements
Après plus d’un mois de préparation et sept matches amicaux au programme, le Nîmes Olympique est de retour en championnat et prêt à en découdre avec son premier adversaire de la saison, le promu et repêché Canet-Roussillon FC.
Une préparation « jamais trop courte », l’idéal étant de la poursuivre en continu sur toute la saison pour Hélder Esteves. Celle-ci s’est faite avec un groupe au sein duquel « l’apprentissage n’a pas de limite », selon lui. Cette reprise a d’ailleurs permis au technicien de tirer plusieurs enseignements. D’abord sur le côté négatif, avec un manque de production à certains moments de son équipe. Mais aussi avec de nombreuses satisfactions liées à la richesse des enseignements tirés des différentes performances.
« On veut montrer une meilleure version de nous-mêmes »
Cette saison, les Crocodiles se baladeront toute la saison avec une pancarte dans le dos, en tant qu’équipe à abattre par les adversaires. Dans une poule C toujours aussi relevée, Nîmes fait partie des grands noms du championnat et reste la seule équipe capable de remplir son stade de près de 8 000 personnes.
Mais cette étiquette de favori est malgré tout rejetée en bloc par le coach lusitanien. « Nîmes est naturellement favori, ne serait-ce que par le nom et par l’histoire. On serait même favori en Ligue 2, car il y a très peu de clubs avec une histoire comme ça. Oui, on sera favori demain à Canet, mais ça a tellement peu de signification pour moi. »
Si la direction du club a clairement affiché ses ambitions cette année, avec une volonté de retrouver l’échelon supérieur et le monde professionnel en Ligue 3, l’entraîneur ne voue pas une obsession à la montée.
« L’humilité n’empêche pas l’ambition. On préfère se concentrer sur la performance collective et la progression individuelle plutôt que sur la pression d’une montée. On peut être performant, mais pas être champion. On veut montrer une meilleure version de nous-mêmes en représentant les valeurs d’un club, d’un sport. »
La patte Esteves
Nouveau coach arrivé en provenance de Lusitanos Saint-Maur, qu’il a affronté et battu à deux reprises face à Nîmes la saison dernière, Hélder Esteves arrive dans un contexte particulier, avec un groupe déjà constitué et qui se connaît très bien depuis la saison dernière.
Il arrive donc avec sa patte et son staff dans un nouvel environnement où il doit s’adapter aux joueurs, tout en leur inculquant ses idées de jeu. Un changement souligné par Clément Depres, capitaine la saison dernière.
« Le gros changement, c’est là où il a fallu s’adapter aux méthodes de travail du staff et du coach afin de comprendre les idées mises en place. Mais on a toujours le même vestiaire et on a gardé 80 % du groupe, donc il n’y a pas beaucoup de changements sur ça. »
L’entraîneur s’est également confié sur sa gestion d’effectif, avec notamment une volonté de conserver un aspect collectif. « Je n’ai pas de méthode Esteves. Je crois qu’un joueur performant est un joueur qui produit. J’essaye d’être le meilleur observateur possible sur la production, qui est observée sur un aspect collectif. Aucun joueur n’est essentiel individuellement, c’est l’équipe qui l’est. »
Pablo Martinez capitaine, Depres « leader sans brassard »
Concernant le brassard de capitaine, auparavant porté par Clément Depres, le Portugais a évoqué la raison pour laquelle Pablo Martinez récupère le statut sur le terrain en ce début de saison.
« Clément Depres est considéré comme un capitaine sans brassard. Il illustre l’importance du leadership au-delà des symboles officiels. Mais au vu de la préparation et des soucis au genou qui l’empêchent de maintenir une position de titulaire, j’ai donc désigné un joueur qui a plus de chances d’être sur le terrain au coup d’envoi. J’ai donc trouvé judicieux de mettre quelqu’un comme Pablo Martinez capitaine. C’est un de nos leaders naturels. »
Esteves tacle la Fédération
Autre fait marquant de la conférence de presse : les mots forts du coach envers la décision de la Fédération française de football d’ajouter une équipe comme l’UF Touraine (Tours) à deux jours du début du championnat et de faire passer la poule à 17 équipes. Une décision qui chamboule légèrement le calendrier.
« Ça m’impacte sur la croyance en la Fédération. Franchement, je suis un peu déçu. On nous invente encore des trucs. Je ne sais pas comment ils sont organisés, je ne sais pas comment les décisions se prennent, mais attendre 48 heures avant le début d’un championnat alors que ça fait trois mois que ça s’est arrêté, ça m’inquiète un peu sur la capacité à mener à bien leur mission au niveau de notre fédération. »
Un adversaire en plus qui, comme évoqué par le coach, chamboule également le calendrier à venir du Nîmes Olympique. Une coupure prolongée pourrait notamment intervenir entre le 6 décembre et le 9 janvier si l’équipe n’est pas qualifiée pour les 32es de finale de la Coupe de France, qui auront lieu le week-end des 19 et 20 décembre.
Canet, premier test pour les Crocodiles
Ce samedi, les Crocodiles affronteront Canet-Roussillon FC, un club promu de National 2 (anciennement N3), qui a notamment été repêché en tant que meilleur deuxième à la suite de la rétrogradation des Girondins de Bordeaux. Le club catalan, qui a connu pas moins de dix arrivées pour neuf départs, sera un adversaire coriace pour les Nîmois. Et son coach s’en méfie.
« Nous y allons avec confiance, mais aussi avec humilité. J’enlève le mot promu. On joue Canet avec un esprit catalan, qui ne lâche rien. C’est une équipe avec quatre victoires sur les matches amicaux. Ça sera un adversaire redoutable demain. »
Pour ce match, le coach pourra compter sur quasiment l’intégralité de son groupe, hormis Caoki (cheville, reprise) et Ismaël Dramé, qui ne s’est pas entraîné de la semaine, officiellement « au repos ». Il est surtout sollicité, notamment par Villefranche Beaujolais (Ligue 3).
Depres veut « être la meilleure version » de lui-même
Clément Depres, lui, sera bien présent demain pour ce déplacement et se sent apte à jouer, mais ne disputera pas les 90 minutes en raison de son genou encore souffrant. « Je veux être la meilleure version de moi-même », a confié l’un des actionnaires de son club depuis juillet 2025.
Selon lui, les bons résultats de l’an dernier font que l’équipe est attendue. Mais pour l’attaquant, « le foot, ce n’est pas des maths. Aujourd’hui, on doit travailler énormément pour atteindre un objectif très compliqué à atteindre. Restons humbles, il n’y a qu’une montée. Ça sera la conséquence du travail bien fait. »
Pour le Nîmois, avec un groupe renforcé et l’arrivée d’une équipe qui a terminé deuxième l’an dernier, les Crocos seront très bien armés pour la montée. Mais chaque match devra être abordé à sa façon. « Ce ne sont pas tous les mêmes. Si les erreurs de l’an dernier peuvent nous servir, on utilisera ces éléments de détail. Si ça se reproduit, il y aura 5 % de plus sur le terrain. »
« Nous avons besoin de vivre des émotions ensemble »
Enfin, Esteves et Depres ont insisté sur l’importance du soutien des supporters. « Soyez avec nous, venez nous voir, encouragez-nous. Nous avons besoin de vivre des émotions ensemble », déclare le joueur, accompagné par son coach, auteur d’une anecdote sur le sujet.
« L’année dernière, j’étais venu en tant qu’opposant et j’étais monté au club-house pour féliciter les gens, car c’était exceptionnel, l’ambiance. Parfois, on minimise ça. Les joueurs ont besoin de ça. Moi, j’adore ça, c’était un moment important. »
De quoi motiver les troupes et les supporters, qui seront prêts à rugir dès ce week-end en déplacement, mais également lors du premier match de la saison à domicile, le 29 août prochain face à Fréjus Saint-Raphaël.