Publié il y a 48 min - Mise à jour le 21.08.2026 - Propos recueillis par Abdel Samari - 5 min  - vu 25 fois

UNIVERSITÉS D'ÉTÉ Nicolas Pellegrini : « Il y a une vraie dynamique portée par Jean-Luc Mélenchon »

Nicolas Pellegrini, co-secrétaire du Parti de Gauche du Gard et militant de La France insoumise

- Photo : Coralie Mollaret

À l’occasion des universités d’été de La France insoumise, Nicolas Pellegrini, co-secrétaire du Parti de Gauche du Gard et militant de La France insoumise, revient sur la rentrée politique de LFI. 

Dynamique autour de Jean-Luc Mélenchon, relations avec les autres forces de gauche, urgence climatique et premiers pas de Vincent Bouget à Nîmes : Nicolas Pellegrini répond aux questions d’Objectif Gard.

Objectif Gard : Dans quel état d’esprit La France insoumise aborde-t-elle cette rentrée 2026 ?

Nicolas Pellegrini : Avec une motivation sans pareille et beaucoup d’espoir, pour plusieurs raisons. Depuis que Jean-Luc Mélenchon a officiellement annoncé sa candidature à l’élection présidentielle, il a, comme traditionnellement, demandé un parrainage citoyen. Cette fois-ci, à la différence des deux précédentes campagnes présidentielles, les 150 000 parrainages ont été atteints en moins de 24 heures. Aujourd’hui, à l’heure où je vous parle, nous sommes à 5 000 signatures d’atteindre les 350 000. Et cela en l’espace de quelques mois, sans même être véritablement entrés en campagne. L’été est généralement une période plus calme. Il y a aussi eu cette première démonstration de force à Saint-Denis avec plus de 26 000 personnes, plus d’un an avant l’élection présidentielle. On constate une énorme mobilisation, avec surtout des gens que nous n’avions pas vus lors des précédentes campagnes. Il y a énormément de jeunes. Nous le voyons notamment dans les campagnes d’inscription sur les listes électorales que nous menons. Nous considérons que l’État ne remplit pas suffisamment sa mission d’information, notamment auprès de la jeunesse. Nous estimons qu’il existe plus de deux millions de mal-inscrits sur les listes électorales, particulièrement chez les jeunes. Il y a aujourd’hui une vraie dynamique portée par Jean-Luc Mélenchon.

Ces universités d’été sont aussi plusieurs jours consacrés aux débats et à la formation des militants. Pourquoi est-ce important pour LFI ?

Depuis qu’elle existe, La France insoumise a toujours misé sur le sérieux de ses propositions. Elles sont systématiquement chiffrées, travaillées avec la société civile et défendues par nos parlementaires, notamment à travers des rapports. Il n’y a pas de clarté sans pensée politique claire, et il ne peut pas y avoir de projet politique sans réflexion. On ne fait donc pas l’économie de cette réflexion. Il y a, cette année, 94 conférences et plus de 200 invités extérieurs. Quand nous parlons d’invités extérieurs, cela peut être des représentants d’autres formations politiques venus porter la contradiction, mais aussi des économistes, des sociologues, des universitaires ou des responsables associatifs engagés dans des combats écologiques et sociaux. L’idée est de faire la jonction entre le monde universitaire et intellectuel et l’action politique. C’est un moment d’effervescence militante et intellectuelle. Il y a des conférences pour approfondir les sujets, mais aussi des formations beaucoup plus pratiques : apprendre à tracter, prendre la parole en public… Nous considérons que plus le peuple est éclairé, plus il s’élève.

« C’est avec des contradicteurs qu’on débat »

Est-ce aussi un endroit où LFI peut débattre avec les autres formations de gauche ? Pour aller chercher une majorité de Français, il faudra nécessairement s’élargir.

Bien sûr. Tous les ans, aux universités d’été de La France insoumise, des personnalités issues d’autres formations de gauche participent à certaines conférences. Elles viennent aussi pour débattre. Nous avons déjà accueilli des socialistes, des écologistes, des communistes et même des membres de gouvernements avec lesquels nous étions en désaccord. Nous ne menons pas notre réflexion dans une bulle. Quand on débat, c’est aussi avec des contradicteurs. On ne se facilite pas forcément la tâche, mais il est important pour nous de pouvoir débattre sur le fond.

Existe-t-il encore une capacité de convergence avec le Parti socialiste ou cela devient-il trop compliqué ?

Cela dépend d’eux. Je parlais de pensée politique claire au début de l’interview. Aujourd’hui, je pense notamment au travail auquel a contribué Madame Ridel autour d’un nouveau projet socialiste. Mais ce projet n’a pas encore été adopté par le Conseil national du Parti socialiste. La question est donc de savoir sur quelle base nous pouvons discuter. Pour l’instant, les socialistes sont davantage occupés par leurs divisions internes que par le débat sur le pays. On ne sait pas s’ils vont organiser une primaire, s’ils n’en feront pas, qui y participera ou encore qui sera candidat. Dans ces conditions, c’est compliqué de se positionner.

« Il faut investir pour s’adapter au changement climatique »

Cet été a été marqué par la sécheresse, les incendies et de fortes canicules. On voit aussi apparaître une fracture entre ceux qui ont les moyens de se protéger de la chaleur et les autres. Quelle réponse politique faut-il apporter ?

Cela fait des années que notre famille politique alerte sur ces sujets. Bien avant même l’existence de La France insoumise, nous avons toujours pris très au sérieux les conclusions des rapports du GIEC. Ce que l’on constate malheureusement, c’est que les gouvernements attendent souvent qu’il y ait des morts avant de commencer à véritablement parler du sujet. Prenons la question de l’eau. Cela fait dix ans que nous produisons des rapports et des propositions, notamment pour rendre gratuits les premiers mètres cubes d’eau et sortir cette ressource essentielle des logiques du privé. L’eau est directement liée aux sécheresses et aux incendies. Quand une ressource aussi essentielle devient l’objet de spéculation, les conséquences sont très concrètes. Certains territoires connaissent des restrictions ou des coupures pendant que, parallèlement, nous devons faire face à des méga-incendies. Cela fait également longtemps que nous demandons davantage de moyens pour les services d’incendie et de secours. Pourtant, nous nous retrouvons parfois contraints de solliciter l’aide de nos partenaires européens pour lutter contre ces incendies. Il faut désormais une planification de nos ressources et de notre économie afin de les rendre compatibles avec la réalité du changement climatique. Le changement climatique est là. Nous devons évidemment continuer à agir sur ses causes, mais nous devons aussi investir massivement pour adapter le pays à ses conséquences.

« Sur Vincent Bouget, il est encore trop tôt pour juger »

Plus localement, quel regard portez-vous sur les premiers mois de Vincent Bouget à la tête de Nîmes et sur les débuts de cette nouvelle municipalité de gauche ?

Je vais être clair : je travaille dans les collectivités locales et je sais qu’on ne transforme pas une ville en six mois. Je n’ai pas de volonté de ménager particulièrement Vincent Bouget. Ce n’est pas le sujet. En politique, les critiques doivent porter sur les choix politiques et non sur les personnes. J’ai apprécié certains éléments de sa démarche parce qu’ils rejoignent des propositions que nous portions, notamment cette volonté d’impliquer davantage les citoyens. Maintenant, il faut voir jusqu’où cela ira. Est-ce que cela débouchera véritablement sur une implication des habitants et des décisions concrètes, ou est-ce que cela restera de l’affichage politique ? Il est encore trop tôt pour le dire. Pour l’instant, je ne me prononce pas davantage.

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