Un parcours d’environ cinq kilomètres, jalonné d’étapes gourmandes : le principe est simple, et fonctionne toujours aussi bien. Sous un chaud soleil de fin de printemps, les participants ont pu déguster les vins de 17 caves et domaines de l’appellation, qui s’étend entre Lirac, Saint-Laurent-des-Arbres, Saint-Geniès-de-Comolas et Roquemaure.
Un cru, le plus haut niveau de qualité dans les Côtes du Rhône, depuis 1947, qui reste à l’ombre de son voisin d’outre-Rhône, Châteauneuf-du-Pape. Alors le but de l’événement est « de faire découvrir cette petite appellation malheureusement pas très connue », pose Michèle Degoul, présidente de la Confrérie des Jaugeurs de Lirac, association fondée il y a bientôt trente ans qui se donne le rôle d’ambassadrice des vins de Lirac.
La Balade a été créée il y a vingt ans entre autres par Gérard Degoul, avec pour but d’allier les vins à la gastronomie et au patrimoine local. Cette année encore, le traiteur Michel Benet et le chef étoilé Serge Chenet étaient à la baguette, des mises en bouche au dessert, en passant par l’entrée, le plat et le fromage. « C’est un événement sympa, champêtre, convivial, un beau moment », souligne Serge Chenet, autour de vins avec lesquels ils a, comme Michel Benet, l’habitude de travailler.
La balade commence dans le centre-ville d’un village qui vaut le détour, et plus précisément au pied de la tour Ribas, vestige des remparts médiévaux, sous un grand cèdre. Puis les participants d’aventurent hors du village, sous les abricotiers puis sous les oliviers, au milieu des vignes de Syrah, grenache noir et blanc, Mourvèdre ou encore cinsault, avec le Ventoux et les Dentelles de Montmirail en fond.
Malgré la chaleur, les vins s’apprécient : les Lirac font montre d’un belle fraîcheur, permise par le fait que le vignoble soit systématiquement entouré de bois et de forêts. Une qualité appréciable, et appréciée, comme « notre bon rapport qualité prix », souligne Michèle Degoul. Les vins de Lirac s’échangent pour beaucoup moins cher que les Châteauneuf-du-Pape, tout en s’en rapprochant en termes de qualité.
Si l’événement est assurément festif et convivial, la crise qui touche le monde viticole affleure lorsque le parcours longe des vignes à l’abandon, que les organisateurs n’ont pas cherché à cacher, tout en espérant qu’il y aura des jours meilleurs. L’année prochaine, l’appellation fêtera ses 80 ans, les Jaugeurs leurs 30 ans et la Balade ses 20 ans. Une longue histoire qui s’est déjà relevée de plus d’une crise.