"Un enfant entra dans les arènes d’Alès pour libérer son histoire. Il rêvait d’offrir la liberté à ce récit. Sa lettre s’envolait dans le ciel et dansait au-dessus des gradins." Tel est le début, facile a priori, de la dictée géante de lancement du festival Passeur de livres ce jeudi 4 juin, sur le parking couvert de l'avenue Carnot. Bien protégés de la pluie arrivée en cours de dictée, peu avant 15h, les 250 collégiens, adultes et amoureux de l’orthographe présents ont vite déchanté au fur et à mesure du "texte pas facile" énoncé par M. Dictée, Rachid Santaki.
La première lecture a vite relevé le niveau sur la seconde partie, réservée aux adultes. La phrase : "Ces lettres, loin d’être des coquecigrues (synonyme d’absurdité), tourbillonnaient en boustrophédon (synonyme de zigzag) ; anacoluthes (discontinuité dans la construction d'une phrase) étranges dans le vent, elles semblaient raconter le monde", a ainsi fait de nombreux dégâts parmi les participants. D'autres ont aussi fauté sur le mot "éthéré" (synonyme de pur), ou le groupe nominal "couvertures bleu Klein". Car oui, si deux mots sont utilisés pour qualifier une même couleur, aucun ne s'accorde. Il en aurait par exemple été de même pour 'couvertures bleu sombre'.
Le moment a été l'occasion de lancer la 5ᵉ édition de Passeur de livres, une "enrichissante et foisonnante manifestation qui rappelle la nécessité impérieuse de défendre le livre", aux yeux de Catherine Larguier, adjointe à la Culture. Mais aussi de rappeler que "l'orthographe et la langue peuvent être joyeuses et communicatives, qu'elles devraient être un moment de réflexion, un jeu de piste interactif au service de la transmission de messages".