Au bout d’un immense champ, au pied de Saint-Bauzély, les portes du premier camion s’ouvrent. Les cavaliers se resserrent, prêts à emmailler les cinq taureaux avant de les conduire vers le stade, suivant les deux petites boucles tracées devant le public. Mais les bêtes choisissent une autre direction et filent de l’autre côté du terrain, vers les vignes et la voie ferrée.
Jusque-là campés derrière les barrières, plusieurs spectateurs abandonnent le bord du champ et courent vers les camions de l’organisation. En quelques secondes, le concours devient une poursuite à travers champs.
Les gardians et les quads partent au galop. Un train liO passe à proximité tandis qu’on récupère les cinq taureaux, parfois au lasso, avant de les ramener vers le départ.
Échappées belles
Plus de peur que de mal. À peine les bêtes de la manade Alain ramenées vers les camions, Agnel prend le départ. Même scénario. Ses taureaux quittent le tracé et gagnent à leur tour les champs. Pendant leur récupération, la Peña taurine d’Alès joue devant le public. Loïc suit les recherches au micro et anime cette soirée qui s'anime déjà.
Pour les trois passages suivants, des cavaliers prennent position au bord du terrain afin de couper le départ vers les vignes et de rabattre les taureaux sur le parcours. C'est au tour d'Aubanel. Cette fois, les cinq bêtes restent dans la formation. « Enfin, c’est emmaillé ! », lâche Loïc au micro. Lescot passe ensuite et prend la tête du classement provisoire.
Il ne reste plus que L’Estelle. Dernière à passer, la manade renverse le classement sur le fil. Le jury la place de justesse devant Lescot. Aubanel termine troisième, Agnel quatrième et Alain cinquième. La tenue des gardians, la vitesse, la cohésion de la formation et la maîtrise des taureaux départagent les cinq concurrents.
L'Estelle au sprint
L’Estelle rejoint donc Conti, qualifiée à Mauressargues, La Comtesse, victorieuse à Domessargues, et Arlatenco, vainqueur à Moulézan. Devaux, tenante du titre, possède déjà son billet. La dernière qualification se jouera le 2 août à Saint-Geniès-de-Malgoirès. Le meilleur deuxième des cinq manches sera également repêché. Sept manades disputeront la finale à Manduel le 3 octobre.
Le concours réunit cette année 23 manades du Gard, de l’Hérault et des Bouches-du-Rhône. Il figure au programme du festival Traditions & Afición de Nîmes Métropole, qui compte aussi des courses camarguaises, des tientas, des roussataïo et un bolsín taurin. À Saint-Bauzély, la chaleur a repoussé la présentation des manades à 19 h 30.
Bermond Nutrition, l’usine du village, fournit les lots remis aux concurrents, des sacs d’aliments pour chevaux et des bacs. « On remercie également toutes les manades qui ont participé à ce spectacle », déclare Jacques Durand, maire de Saint-Bauzély. L’élu cite aussi Nîmes Métropole, Bermond Nutrition, puis Sébastien et l’équipe du comité des fêtes, qui organisent ces quatre jours de fête votive.