Cette année, la Pologne est l'invitée d'honneur. Une couleur supplémentaire, fidèle à une programmation qui fait cohabiter têtes d'affiche, jeunes talents et artistes régionaux.
Premières partitions
Avant Junas, les deux premiers volets ont confirmé la dynamique du festival trentenaire. Celui du Pic Saint-Loup a célébré ses 25 ans devant un public fidèle, notamment lors d'un samedi quasiment plein. À Vergèze, organisé dans l'urgence après l'annulation de Vauvert, le rendez-vous a finalement « trouvé à peu près son équilibre grâce au soutien des collectivités et à une forte mobilisation du public. Les deux manifestations se sont très bien déroulées. Artistiquement, c'était vraiment super », résume Sébastien Cabrié, directeur de l'association Jazz à Junas.
Les deux manifestations ont réuni entre 1 300 et 1 500 personnes chacune, en comptant les concerts gratuits. Et maintenant, place à Junas ! Quatre soirées dans les carrières de la commune gardoise, véritable épicentre du festival. « C'est notre réacteur », sourit le directeur. L'association espère accueillir entre 3 000 et 4 000 spectateurs sur l'ensemble des quatre jours.
Escale à Varsovie
Cette édition sera donc polonaise. Chaque soir, la grande scène accueillera un artiste ou un groupe polonais, du Marcin Wasilewski Trio à Adam Bałdych, sans oublier Motion Trio ou Pink Freud. Une présence suffisamment forte pour assurer la présence de la directrice de l'Institut polonais de Paris ainsi que du consul général de Pologne.
La plus grande affiche reste pourtant israélienne. Le contrebassiste Avishai Cohen, figure mondiale du jazz contemporain, sera l'un des temps forts de cette édition. Le public retrouvera aussi Marion Rampal, Leon Phal, le Duo Brady et plusieurs formations d'Occitanie. « On est sur des engagements artistiques forts. Même lorsqu'on accueille une grande star internationale, il y a aussi des groupes que le public ne connaît pas encore », confie Sébastien Cabrié.
Partout dans la ville, une quinzaine de rendez-vous rythmeront ces quatre jours. Les concerts gratuits de la place de l'Avenir et du temple donnent leur place à de jeunes formations, souvent issues de la scène occitane, tandis que les stages, les restitutions publiques et les actions culturelles complètent les concerts. Samedi, le batteur Daniel Humair jouera pour la première fois dans le temple dont il a signé les vitraux contemporains, il y a une dizaine d'années. Un joli clin d'œil dans l'histoire du festival.
Depuis longtemps, Jazz à Junas dépasse largement les quatre soirées des carrières gardoises. L'association organise trois festivals, multiplie les ateliers dans les écoles, les concerts et les actions pédagogiques tout au long de l'année. « Quand je suis arrivé, il y avait le festival et quelques concerts. Aujourd'hui, on intervient toute l'année auprès des élèves », rappelle son directeur.
Trente-trois éditions ont aussi façonné plusieurs générations. Les fondateurs sont toujours là, rejoints par leurs enfants, parfois leurs petits-enfants. Certains bénévoles ont même fait de cette passion leur métier. Pierre Pino, ancien bénévole, est devenu électricien professionnel. Un autre est aujourd'hui technicien lumière. Une véritable bande de passionnés qui se fédèrent sur un projet. Pendant le festival, une centaine de bénévoles sont sur le pont. Certains écoutent du jazz toute l'année, d'autres moins. « Ce qui est fort à Junas, c'est qu'il y a des gens qui ne se parlent pas forcément dans la vie du village, mais qui oublient tout lorsqu'il s'agit du festival ».
Informations pratiques
Les soirées dans les carrières sont proposées à 35 euros, les moins de 16 ans entrent gratuitement et un pass quatre jours est affiché à 100 euros. Une façon de conserver un festival ouvert, malgré une programmation capable d'attirer quelques-unes des plus grandes signatures du jazz actuel.
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