Publié il y a 52 min - Mise à jour le 23.07.2026 - François Desmeures - 3 min  - vu 31 fois

BARJAC Du château au chapiteau, la chanson "de caractère" reprend ses quartiers d'été

Vincent Dedienne dans un spectacle mi-concert, mi-one-man-show, en ouverture du festival, samedi 25 juillet

- Vincent Guinet

La 31ᵉ édition de Barjac m'en chante s'installe en ville avant d'entamer, ce samedi, une série de trente concerts jusqu'au 30 juillet. Totalement orienté vers la chanson à textes, le festival se met aussi à la page en invitant des artistes de la nouvelle génération, ce qui lui permet de continuer à faire le plein. Dans un contexte compliqué pour les festivals, qu'il soit financier ou climatique, la directrice artistique de Barjac m'en chante, Julie Berthon, mesure la chance qu'elle a de poursuivre la vie d'un festival pointu, qui s'adresse pourtant à tout le monde.

C'est parti d'une soirée entre copains, à Tharaux, qui décident d'inviter à venir chanter sur une estrade quelques troubadours plus ou moins locaux, parmi lesquels Jean Ferrat. Mais c'est à Barjac que le festival trouve sa place, dès 1992, solidement appuyé par le maire Édouard Chaulet, ami de Jean Ferrat, et porté dès novembre 1992 par l'association Chant Libre. 

Julie Berthon, directrice artistique du festival Barjac m'en chante • François Desmeures

Après une 30ᵉ édition anniversaire l'an dernier, Barjac m'en chante poursuit sa vie en tentant de se réinventer perpétuellement. Une "capacité à s'inscrire dans le temps", selon Julie Berthon, sa directrice artistique. Pour cela, il a fallu "tenir le cap sur l'esthétique du festival", celui de "la chanson de caractère". Tout en sachant "se renouveler sur le contenu artistique", et en ne cessant de "questionner les lieux, l'accueil du public", notamment en ouvrant de nouveaux espaces. "On est toujours en train d'avancer avec le monde qui nous entoure", résume Julie Berthon.

Et dans un monde qui évolue, comme la chanson. "Elle se féminise, explique la directrice artistique, la façon d'écrire avance, les styles musicaux ont bougé. Il y a 30 ans, un chanteur mettait un pied sur une chaise pour poser sa guitare et jouait pendant deux heures. Aujourd'hui, on voit des groupes avec des batteries, des machines." Certains puristes du genre ont pu le reprocher aux programmateurs, mais la nouveauté s'est peu à peu imposée pacifiquement. Une règle déontologique demeure : "On essaie de défendre des artistes qui se tiennent volontairement à l'écart du système ultra-commercial."

Bonbon Vaudou, mercredi 29 juillet à l'espace Jean-Ferrat • Cahuate Milk

"La chanson est un des domaines les plus populaires, tout le monde a une chanson en tête", rassure Julie Berthon sur le public susceptible d'être sensible au festival. Et ce, même si, côté artistes, "aujourd'hui, si on n'a pas déjà un nom, on ne passe plus dans les centres culturels. L'espace s'est réduit, mais paradoxalement il y a encore beaucoup de lieux qui accueillent ces artistes", que ce soient des lieux privés, des déambulations, etc.

"On se sent proche d'un festival comme Pézenas, poursuit Julie Berthon, mais on commence à être les derniers à tenir cette ligne." Celle d'un style musical qui a traîné une image "ringarde, vieillotte pendant un temps. Cette image a commencé à être balayée et elle l'est définitivement", pense la directrice artistique de Barjac m'en chante.

La preuve avec la soirée d'ouverture qui accueillera Vincent Dedienne, acteur et humoriste avant tout, "brillant, qui a eu l'intelligence de demander à des auteurs d'aujourd'hui (Pierre Lapointe, Vincent Delerm, Alex Beaupain, etc., NLDR) de lui écrire des chansons sur mesure". Avec ce spectacle, à la fois concert et one-man show, "on pousse le curseur des choses un peu hybrides".

Vincent Dedienne dans un spectacle mi-concert, mi-one-man-show, en ouverture du festival, samedi 25 juillet • Vincent Guinet

En plus des concerts du soir, le festival prévoit aussi des moments gratuits, au Jardin des papotages, qui ouvrira chaque matin à 10h30 pour accueillir un concert à 11h15. "C'est aussi un lieu où on débriefe, où on débat sur les artistes qu'on a vus la veille, ce qu'on a aimé ou pas".

Au chapiteau du Pradet, la surprise vient de la programmation du mercredi 29 juillet, avec la pop de Melba, qui viendra présenter son deuxième album, suivie des slams de Lémofil. Deux artistes "aux textes bien écrits, qui ont toute leur place. On accueille, d'ailleurs, des formes extrêmement variées, du solo piano classique à un spectacle de deux artistes autour des chansons de cinéma. Ou les Cop(i)nes, trois femmes qui revisitent les chansons paillardes". Seul avec une guitare acoustique, Frédéric Bobin mettra à l'honneur le répertoire de Bernard Lavilliers. Tandis que du haut de ses 85 ans, Marie-Thérèse Orain, qui a connu les chansonniers et les grandes années de la rive gauche parisienne, donnera un concert à la salle Trintignant, mercredi 29 juillet.

Dans un contexte compliqué pour les festivals, en particulier d'été, "on mesure la chance qu'on a, tempère Julie Berthon. Ce qui joue pour nous, c'est qu'on devient un festival unique, ça finira par nous aider… Et dans un territoire rural, où on a moins à se battre." Julie Berthon loue aussi le soutien financier des institutions, à commencer par la commune. La salle Anne-Sylvestre, inaugurée en 2024 par la municipalité et au nom en lien avec Barjac m'en chante, accueillera d'ailleurs toutes les animations du festival à destination du jeune public.

Le programme complet du festival est à retrouver ici.

Il vous reste 80% de l'article à lire.

Pour continuer à découvrir l'actualité d'Objectif Gard, abonnez-vous !

Votre abonnement papier et numérique
à partir de 69€ pour 1 an :

  • Votre magazine en version papier et numérique chaque quinzaine dans votre boite aux lettres et en ligne
  • Un accès illimité aux articles exclusifs sur objectifgard.com
François Desmeures

Culture

Voir Plus

A la une

Voir Plus

En direct

Voir Plus

Studio