Culture
Publié il y a 10 jours - Mise à jour le 24.01.2023 - Coralie Mollaret - 3 min  - vu 353 fois

FAIT DU SOIR Nicole Bousquet, la peintre des héroïnes

Artiste peintre connue entre autres pour ses « effacements », la Nîmoise d’adoption met un point d’honneur à valoriser des femmes audacieuses, parfois bafouées par leur temps. Une manière de leur hommage.

C’est dans son atelier, 2 rue du Cirque romain, que nous reçoit Nicole Bousquet. Écharpe autour du cou, les grands volumes de son atelier pourtant chauffé conservent avec insolence la fraîcheur de l’hiver. Sur un immense canapé en velours, au centre de la pièce, l’artiste raconte son histoire. Un brin méfiant, son regard noisette laisse apparaître le caractère trempé de cette Nîmoise d’adoption, qui finalement, a trouvé en Nîmes une cité à son image.

« Une technique un peu masochiste »

« Tous les matins où peindre est un besoin », confie-t-elle. Sa passion débute à l’âge de huit ans lorsqu’elle commence à prendre des cours. Au départ, ce sont les paysages qui ont ses faveurs : « Petite, je peignais des toiles de 100 par 130 cm ». À 18 ans, les aléas de la vie la privent de sa passion. L’art n’est toutefois jamais loin : Nicole Bousquet devient graphiste. Elle reprendra plus tard la peinture, en peignant des visages. Elle commence par celui que toute maman considère comme le plus beau : celui de sa fille.

Au fil du temps, Nicole Bousquet développe la technique du « recouvrement ». Après avoir pris soin de livrer tous les détails d’un visage, elle recouvre presque entièrement sa peinture. « Lorsque lon y pense, cest un peu masochiste », reconnaît celle qui glisse parfois dans ses toiles un bout de papier japon marouflé. Cette technique lui a peut-être été inspirée par son père. Photographe à ses heures, « il développait ses photos dans la salle de bain. Il fallait attendre quelques minutes avant que les détails de limage napparaissent. Cest pareil lorsque vous regardez cette période de mes peintures : les détails se dévoilent au fur et à mesure à l’œil. »

Des héroïnes et des toreros

Nicole Bousquet s’est nouée d’amitié avec Christian Astor, peintre de Saint-Jean-du-Pin. C’est lui qui la convainc d’exposer. Farfouillant dans ses immenses tableaux disposés au sol, Nicole retrouve un portrait de la sculptrice Camille Claudel. Sur cette moitié de visage, on peut lire la tristesse du regard de cette femme, maîtresse de Rodin, internée par sa famille à Montfavet près d’Avignon. « Je peins ses femmes pour quon ne les oublie pas. Cest une manière de leur rendre justice », confie-t-elle.

Aujourd’hui, un portait de Marie-Antoinette trône fièrement dans le restaurant gastronomique de Jérome Nutile et un autre, de l’actrice Bernadette Lafont, dans le bureau du président de Nîmes métropole, Franck Proust. Nicole Bousquet a également peint la résistante française et première femme à recevoir le prix Goncourt, Elsa Triolet ou la photographe américaine Lee Miller, première femme à avoir photographié des camps de concentration, rendue également célèbre pour s’être prise en photo dans la baignoire d’Hitler.

Si elle ne peint principalement que des femmes, l’aficionada Nicole Bousquet campe aussi des matadors tels que Morante, Nimeno, Manolete. « Pour moi les toreros sont des artistes. la tauromachie est un art, fait de romantisme et d’esthétisme, mais pas tout le temps ». Une manière là-aussi de réhabiliter des hommes qui sont bafoués par une partie de notre société contemporaine.

Et aussi : Nicole Bousquet a été choisie pour peindre l'affiche de la prochaine feria de Pentecôte à Nîmes. L'artiste s'exprimera prochainement lors de la présentation de cette dernière. 

Coralie Mollaret

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