Ils seront plus de 500 au générique, sans besoin de prompt renfort. Une masse de personnes diluées dans les pastiches, saynètes et courts-métrages qui en forment un long, d'une heure et vingt minutes. Une tranche de vie viganaise, millésime 2025, qui sera diffusée ce jeudi, au Palace. "Avec des gens d'un âge compris entre 2 et 101 ans", précise Colinda Ferraud, locomotive de cette quatrième édition, animatrice de l'association Sous les étoiles et de la Troupe aux étoiles, noyau dur de gens impliqués, entre 8 et 75 ans.
Les étoiles, ce sont cette matière vivante des courts-métrages filmés tout au long de l'année dans la ville, les humains. Et Colinda Ferraud en tisse des constellations, depuis une première expérience convaincante, "à l'époque avec la compagnie Amarante, explique-t-elle. Dans le cadre d'un projet de territoire, on a fait un long-métrage en se faisant aider par deux ou trois professionnels, et des équipes bénévoles." Le film Comme un air de fête présente alors des chiffres dignes du générique d'un péplum, avec 900 personnes et 50 associations impliquées. "Mais c'est un projet qui a fait que je me suis dit : 'pour inclure un maximum de monde, le cinéma est quand même mieux que le théâtre'."
"Ce n'était pas possible de faire ça tous les ans." Colinda Ferraud continue pourtant de travailler l'idée, s'émancipe de la compagnie et imagine Sous les étoiles en travaillant avec les associations. "On fait des films pendant un an, des courts-métrages, avec les écoles, la maison de retraite, les associations, etc. Et on se retrouve à la chandeleur pour en voir le montage."
"Ce qui m'intéresse, ce sont tous les tournages, avoue l'animatrice. Le cadre est rassurant, formel. Et dans ce cadre, tout le monde s'y retrouve." L'association envisage les projets de court-métrage "en fonction des propositions qu'on nous fait. Il faut juste s'arrêter à temps !", sourit Colinda Ferraud, qui a parfois eu du mal à dire non face à l'enthousiasme des porteurs de projets, associations ou autre.
Dès la deuxième édition, un thème s'est imposé pour donner un fil conducteur au travail. "Ce fut 'les Lunettes magiques', basé sur une idée de lunettes qui changaient le monde." L'an dernier, les pastiches furent la trame, avec des courts-métrages "qui copiaient des scènes cultes, en version cévenole". Il y eut Titanic au mont Aigoual, Le Bon, la brute et le truand sur le causse de Blandas. "Cette année, c'est Nos corps, nos choix, nos voix : comment sont nos corps en mouvement ? Quelle est notre manière de s'habiller, et comment cela raconte notre dientité et nos engagements ?"
"On essaie de mettre en lumière des personnes dans l'ombre", poursuit Colinda Ferraud, qui pense notamment au travail réalisé avec des personnes exilées. Mais dans cette entreprise follement vivante à l'échelle de la commune, la gaieté domine toujours. "Cette année, on a fini avec un pastiche des Blues Brothers, la scène avec James Brown en révérend, qu'on a tourné dans le temple du Vigan. On a fait appel à plein d'associations, du Secours catholique au handball. Il y avait même un syndicat et un maire !" Le tout en danses et chanson, à découvrir dans le film achevé, ce jeudi.
Il y aura aussi du Chaplin revisité, Cyrano de Bergerac, les Tuche ou encore Sherlock Holmes. Que l'on soit scolaire, parent, bénévole ou simple quidam curieux, les horaires de diffusion étalés sur la journée - et à 18h et 20h pour le grand public - devraient permettre à tous d'accéder au spectacle. Colinda et deux bénévoles s'affairaient, mardi après-midi, à tapisser hall et salles de la production photographique d'Anna Saulle réalisée lors des tournages de l'année. Une exposition où s'affichent clairement les moments de partage, en cohérence avec les liens que souhaitent tisser Colinda Ferraud et ses étoiles. "Et sans star", se plaît-elle à rappeler.
Le thème du Vigan fait son cinéma, en 2026, sera Les Sorcières. Les tournages attaqueront rapidement au début du printemps. Plus d'inrformations, ainsi que les films des éditions précédentes, sont à retrouver ici.