Publié il y a 54 min - Mise à jour le 04.06.2026 - Thierry Allard - 3 min  - vu 23 fois

VILLENEUVE-LÈS-AVIGNON La « grande aventure théâtrale » des Rencontres d’été de retour

Mardi soir, lors de la présentation des 53e Rencontres d'été de la Chartreuse

- Thierry Allard

Les 53e Rencontres d’été de la Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon se tiendront du 21 juin au 24 juillet. Au programme : sept spectacles, deux soirées de lectures et de débats et une exposition.

53 éditions, un âge vénérable mais qui pose une question : « comment renouveler un rendez-vous espéré, qui ne peut pas être figé, ici dans l’endroit des écritures ? », pose la directrice générale de la Chartreuse Marianne Clévy. Car ici, dans un centre national des écritures du spectacle, on est naturellement tourné vers la création contemporaine, avec des auteurs souvent jeunes, majoritairement francophones. La réponse à la problématique posée par Marianne Clévy est donc là, dans cette contemporanéité.

Les Rencontres visent, comme leur nom l’indique, à faire dialoguer l’écrit, la danse, les arts visuels, des artistes internationaux. Et elles commencent plus tôt cette année, avec dès le 21 juin une exposition, « Le Grand Fleuve », de Mathieu Kleyebe Abonnenc, à qui « nous avons voulu donner une place avant la grande mousson de spectacles », explique Marianne Clévy. Après, aussi, puisque l’exposition durera tout l’été, jusqu’au 20 septembre. Cette exposition, signée d’un artiste « qui a exposé deux fois à la Biennale de Venise et enseigne aux Beaux arts de Paris », précise la directrice générale, explore le son et le silence. Des oeuvres qui font de la Bugade de la Chartreuse à la fois un lieu d’exposition et une caisse de résonance, avec des nappes sonores, des vidéos, des fragments.

Puis, du 7 au 24 juillet, place à « la grande aventure théâtrale », avance Marianne Clévy, avec « sept spectacles, sept trésors ». « Mon Frère », de François Gremaud, coréalisé avec le Festival d’Avignon par exemple, « qui travaille les questions de l’écriture, du langage, du rapport à son frère Christian, né sourd », présente Tiago Rodrigues, directeur du Festival d’Avignon. Un spectacle qui rappelle que « l’écriture est un des grands outils pour parler du monde mais aussi pour communiquer l’intime entre deux frères », rajoute-t-il. Du 7 au 13 juillet à 12h.

Des frères aux soeurs, avec « Ismène », de Carole Fréchette, coréalisation avec le festival Villeneuve en scène, sur la soeur d’Antigone, fille d’Œdipe, « un personnage peu traité, qui contrairement à sa soeur ne s’est pas engagée, a suivi la loi, et vient nous raconter sa version de l’histoire », présente le directeur artistique de Villeneuve en scène Brice Albernhe. Du 8 au 21 juillet à 20h.

Les Rencontres seront aussi l’occasion de voir à l’oeuvre de très jeunes comédiens, dans « Teen Play », coréalisation avec Le Totem, de Marcos Caramés-Blanco, sur les mécanismes du harcèlement au sein d’un collège. Du 7 au 13 juillet à 15h.

« La Chartreuse, on y danse », lance Marianne Clévy, et pas forcément tous en rond, comme sur le pont cassé d’à côté. On y danse avec quatre spectacles, dont deux de la Sélection Suisse en Avignon, « et nous avons pris l’habitude de travailler sur ce qui dans l’écriture suisse nous choque, nous déporte », poursuit-elle. C’est ainsi que Adél Juhász proposera « I need help immediatly », « une performance plus qu’une chorégraphie, qui travaille à la fois sur le corps, sur la honte, le débordement, c’est bouleversant », présente Marianne Clévy. Du 9 au 20 juillet à 17h.

Deuxième spectacle de la Sélection suisse, « La tendresse du ventre de la baleine », de Géraldine Chollet, spectacle immersif et amniotique autour du récit biblique de Jonas, du 16 au 19 juillet à 21h30. Danse toujours, avec Massimo Fusco de retour pour proposer son « Bal magnétique », coréalisation Les Hivernales et Villeneuve en scène, un crescendo festif dans lequel le public rejoint progressivement les danseurs. Du 9 au 11 juillet à 21h30.

Dernier spectacle dansé, « Muette » de Boris Charmatz et son « écriture débordante et généreuse », en dit Tiago Rodrigues, le spectacle étant coréalisé avec le Festival d’Avignon. « C’est une écriture du silence, il y a le bruit du corps, de la respiration, mais pas de mots, c’est une solitude qui se montre en public », poursuit-il. Du 17 au 24 juillet à 18h30.

Les Rencontres proposeront aussi le cycle de lectures, débats et rencontres « Le monde comme il s’écrit », du 7 au 17 juillet, avec chaque jour une proposition. Il y aura des conversations entre artistes, notamment François Gremaud, Tiago Rodrigues, Carole Fréchette ou encore Marion Coutarel, des tables rondes autour d’enjeux dramaturgiques et politiques, notamment avec l’artiste, réalisateur et photographe iranien Hossein Rajabian, exilé en France, des lectures et la journée des créations le 16 juillet, avec des présentations de projets et des débats avec l’Institut Français, le CEAD/CALQ Montréal ou encore la Sélection suisse en Avignon.

Bref « un travail de dialogue, d’allers-retours », comme le qualifie Marianne Clévy, à découvrir à la Chartreuse. Programme détaillé et billetterie ici.

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