Publié il y a 1 an - Mise à jour le 20.09.2022 - boris-de-la-cruz - 3 min  - vu 9960 fois

ASSISES 27 ans de réclusion pour l'assassinat d'un jeune homme

Palais de justice de Nîmes (Photo Yannick Pons).  Maître Hini, Me Hugo Ferri et Me Cyril Caron - Yannick Pons

La cour d'Assises du Gard a condamné ce mardi midi après quatre jours d'audience, Youssef E, à 27 ans de réclusion criminelle. Hier il avait été réclamé par l'avocat général 30 ans de réclusion criminelle avec 20 ans de peine de sûreté à son encontre. L'autre accusé a été sanctionné par 5 ans de prison, conformément aux réquisitions qui ne retenaient plus la complicité d"assassinat, mais "seulement" le recel de malfaiteur".

L'avocat général Bertrand Baboulène a requis lundi soir, 30 ans de réclusion criminelle contre Youssef E, un trentenaire accusé de l'assassinat d'un jeune majeur. Il a également demandé une sanction de 5 ans de prison pour "recel de malfaiteur" contre Nohame J, l'autre accusé du procès d'Assises débuté jeudi dernier à Nîmes. Le représentant du ministère public a estimé à l'adresse des jurés gardois : "vous n'avez pas dans le dossier un élément qui permet de dire qu'il est le complice", puisque le Montpellierain âgé de 32 ans était poursuivi devant la cour d'Assises du Gard pour le crime de complicité d'assassinat. Bien au contraire l'avocat général affirme que rien de démontre l'intention criminelle de Nohame N, par contre il reconnait que l'instruction permet de le faire condamner sur l'infraction de "recel de malfaiteur". Concrètement, Nohame N aurait aidé le principal accusé lorsqu'il était en fuite, après l'assassinat.

Assassinat de Jonquières. La cour d'Assises du palais de Justice de Nîmes, l'avocat général Bertrand Baboulène (robe rouge), avec Me Malgras, avocat des parties civiles (Photo : Yannick Pons) • Yannick Pons

" Il ne savait pas qu'il y avait une arme, il n'était pas au courant de la situation. Il assiste médusé à une scène terrible et s'il est là aujourd'hui c'est parce qu'il a un casier judiciaire", note Maître Cyril Caron. Pour compléter, toujours dans les intérêts de Nohame J, Me Hugo Ferri  souligne que son client "avait un rôle qu'il ne voulait pas, un rôle qu'il n'a jamais voulu". Avant de poursuivre : "On est certain que le crime s'est déroulé sans lui, il s'est retrouvé enfermé dans un piège".

Dans les faits le 21 mai 2018, vers 23h30, des détonations résonnent sur la commune de Jonquières-Saint-Vincent. Lorsque les gendarmes arrivent sur place, les pompiers et les secours sont déjà là car un jeune homme, à peine majeur, est très grièvement blessé à la tête suite à un tir. Il décédera le lendemain à l'hôpital. Rapidement l'enquête cible un dénommé Youssef. Les premiers éléments récoltés par les militaires laissent entrevoir une nébuleuse histoire de dette entre deux clans. Youssef E sera arrêté quelques jours plus tard, le 7 juin 2018, par les gendarmes en charge des investigations. C'est lui qui est mis en examen et accusé d'assassinat. Son avocat, maître Bernard Hini a pris la parole ce mardi matin. Il avait fort à faire car il a été requis contre son client Youssef E, 30 ans de réclusion criminelle dont 20 ans de peine de sûreté.

" En réalité dans ce dossier, le litige initial oppose Youssef à un clan. Mon client a été frappé par les membres du clan, il y a eu des épisodes humiliants à son encontre de la part de ce clan qui a rajouté une tension supplémentaire, une tension extrême", selon maître Hini. "Et il fait une erreur, il sort avec cette arme chargée, il l'a prend par précaution en se disant je vais les intimider, mais on connaît la suite", poursuit le pénaliste marseillais.

A la mi-journée, les jurés gardois ont rendu leur verdict... 27 ans pour le principal accusé sans peine de sûreté comme l'avait réclamé le parquet général. Et 5 ans de prison pour celui qui a permis la fuite de l'assassin.

B.DLC

Boris De la Cruz

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