Quelques heures après les décisions dures, réfléchies mais quasi immédiates de se retirer malgré les qualifications au second tour, les listes socialiste-écologiste 'Alès Commun' et communiste-insoumise 'Alès c'est Vous' sont revenues sur les négociations menées dans la nuit de dimanche à lundi. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que le sentiment laissé est amer, pour Paul Planque notamment : "Si la Gauche avait été rassemblée, comme j’y ai œuvré depuis toujours avec obstination, elle aurait été dans une autre dynamique et en capacité d’affronter Christophe Rivenq au second tour. Le Parti socialiste, par esprit de boutique, n’a pas fait ce choix ; je le regrette profondément, d’autant que cette menace du RN planait."
Versions contradictoires et "liste fusionnée"
Mais surtout de regretter qu'un "accord de fusion trouvé dans la nuit" n'ait pas vu le jour : "Lundi, nous apprenions, en pleine discussion avec eux, l’appel de Basile Imbert à voter pour Christophe Rivenq ; celui-ci annonçant même, en mon nom, ma décision de me retirer...!? Face à cette situation, nous avons pris la décision responsable de retirer notre liste afin de faire barrage au candidat RN. Maintenir notre seule liste dans de telles conditions lui aurait offert de trop fortes chances de l'emporter."
Giovanni di Fransesco, secrétaire général de la section alésienne communiste et directeur de campagne d'Alès c'est Vous, n'est pas plus tendre : "Après avoir refusé l'union obstinément, le PS, l'épisode du lendemain du premier tour revêt une grave irresponsabilité au regard de la gravité de la situation. Dimanche, tard dans la soirée, au Prolé, à l'invitation de Paul Planque, un accord très équitable actait la fusion des deux listes pour affronter Rivenq et empêcher l'extrême droite de faire main basse sur la ville. Lundi, stupéfaction au moment de mettre en œuvre les formalités de cette liste fusionnée, nous découvrons son retrait et son appel à voter Rivenq. Voilà qui nous a obligés de ce fait à nous retirer lundi soir, la mort dans l'âme mais avec responsabilité. Cet acte est aussi grave que scandaleux."
"Paul Planque se trompe de temps politique" et "mensonges déplacés du PCF"
De son côté, Basile Imbert considère que "le temps politique et médiatique est à la lutte contre le RN" et non à répondre "aux mensonges déplacés du PCF". Le candidat PCF cite le rappeur Booba : "Paul Planque a la défaite amère sur la vie de sa mère. Il se trompe de temps politique, l'heure n'est pas à répandre des mensonges, je m'exprimerai après le second tour." De plus, il confesse : "C'était une décision difficile à prendre tant j’aurais aimé avoir des élus au conseil municipal. Mais c’est à la fois le choix de la raison et le choix du cœur."
L'écologiste Cécile Peguin, colistière d'Alès Commun, contredit fermement le scénario évoqué par les communistes : "Paul Planque nous a dit lundi matin, alors que nous allions acter la fusion, qu'il se retirait, sage décision que nous avons suivie. Il devait l'annoncer en conférence de presse à 14h, nous avons donné rendez-vous aux journalistes à 14h15. Nous apprenons alors que la conférence de presse de Planque est annulée. Basile Imbert est resté sur la position décidée le matin : retrait de la gauche pour ne pas risquer de faire élire le RN. Je suis abasourdie par la version communiquée par le PC. Pourquoi nous faire porter ce chapeau ? Pour manipuler ses propres troupes, pour conspuer une fois de plus le PS ? Quelle déception. Comment reconstruire la gauche dans ces conditions ?" Basile Imbert confirme d'ores et déjà : "C'est 100 % vrai." De quoi prévoir de beaux feux d'artifice une fois "le temps politique et médiatique" venu.