Publié il y a 1 h - Mise à jour le 05.05.2026 - Propos recueillis par Coralie Mollaret - 4 min  - vu 105 fois

L’INTERVIEW Le directeur des pompiers, Sébastien Paletti : « Un budget pragmatique pour répondre aux enjeux »

Sébastien Paletti, nouveau directeur des pompiers du Gard

Sébastien Paletti, nouveau directeur des pompiers du Gard 

- Coralie Mollaret

Le nouveau directeur des pompiers du Gard, Sébastien Paletti, a réussi à boucler le budget 2026 en trouvant 4,2 M€ pour couvrir l’augmentation des interventions et des dépenses imposées par l’État. Le Conseil départemental sera toutefois sollicité à hauteur de 1,8 M€ pour équilibrer l'exercice financier. 

Objectif Gard : Comment définiriez-vous le budget 2026 servant à financer l’activité des pompiers gardois ?

Sébastien Paletti : C’est un budget pragmatique qui permet à la fois de continuer à mettre en place la réponse opérationnelle qui est nécessaire au SDIS et au territoire gardois. Mais c’est aussi un budget qui nous projette sur un renforcement du pilotage, du partenariat avec le département et la construction d’un établissement qui sera en mesure de répondre aux enjeux de demain et après-demain.

Vous partiez d’un déficit à 6 M€. Quelles sont les économies que vous avez réalisées ?

Ce n’était pas vraiment un déficit à 6 M€. C’était un début de construction de budget, comme dans n’importe quel établissement. Tout au long de la phase de construction du budget, nous avons réduit les dépenses de fonctionnement avec 10 % de réduction que chaque gestionnaire devait prendre en compte. Nous avons également adapté les dotations aux amortissements et nous avons repoussé certains recrutements en fin d’année. Nous avons réduit les formations qui n’impactaient pas la réponse opérationnelle… C’était notre objectif. D’ailleurs, les engagements du département et du SDIS, en matière de recrutement, avec 12 pompiers professionnels supplémentaires, sont maintenus.

Une subvention exceptionnelle du département de 1,8 M€

C’est-à-dire que la capacité des pompiers à répondre aux sollicitations n’est pas mise en péril ?

Non. Cette année, nous avons planifié 250 à 280 sapeurs-pompiers de garde 24 h/24. La capacité opérationnelle du SDIS est maintenue. Sa capacité à se projeter pour les risques du quotidien comme ceux exceptionnels est maintenue.

Toutefois, ce budget envoie un message. Pour l’équilibrer, le Conseil départemental va vous débloquer une subvention exceptionnelle de 1,8 M€. Vous n’allez pas pouvoir faire ça à chaque fois. Quelles mesures d’économies durables prévoyez-vous ?

Nous travaillons à des réformes structurelles d’économies. Mais ce qui est sûr, c’est que la politique publique de sécurité civile que mène le SDIS doit nous permettre de répondre aux opérations de secours. Une opération de secours toutes les huit minutes. Nous nous préparons à cela aussi.

Mais quelles seront les réformes structurelles ? Envisagez-vous une réorganisation de la masse salariale, une nouvelle gestion des ressources humaines qui représente près de 85% des dépenses ?

Le renforcement du pilotage du SDIS doit nous permettre, comme n’importe quelle organisation, de renforcer l’évaluation de la politique publique que l’on mène et de renforcer l’évaluation de la réponse opérationnelle et managériale que nous mettons en œuvre.

Pensez-vous mettre en place une clause de mobilité chez les sapeurs-pompiers afin d’éviter que des casernes rurales se retrouvent en sous-effectif ?

Nous allons travailler avec les partenaires sociaux, pour les personnels statutaires, sur les nouvelles lignes directrices de gestion pour la période 2027-2032. Avec eux, nous travaillerons sur le sujet de la mobilité, sur le sujet du sens de leur engagement ou de leur activité. Après, à titre personnel, je ne crois pas que l’obligation de mobilité soit efficace en matière de sens de l’engagement et au travail. Nous avons d’autres leviers managériaux à trouver, ensemble, pour faire en sorte de donner envie à chacun d’aller travailler, même là où, a priori, ils n’ont pas envie naturellement.

25 nouveaux véhicules et recutrement de 10 pompiers professionnels

Quels seront les investissements prévus pour 2026 ?

Ce budget permet de se faire livrer 25 nouveaux véhicules. Ils remplaceront des véhicules anciens (10 ambulances, 4 véhicules de lutte contre les feux urbains, 4 contre les feux de forêt). Il permet aussi de réaliser des travaux de réhabilitation de certains centres comme celui d’Alès, de Saint-Gilles. De continuer à faire avancer les travaux de reconstruction de casernes comme celle de Roquemaure. Cette caserne se fera dans les délais, nous avons juste un recalage du projet à faire quant aux préconisations liées à la défense incendie du site comme dans n’importe quel projet du SDIS.

Combien allez-vous emprunter pour financer ces investissements ?

En 2026, nous allons procéder à 12 M€ d’emprunt supplémentaires. Notre dette correspond à une dette normale pour un établissement comme le nôtre.

Quels sont vos prochains sujets d’actualité de manière générale ?

Il y a la révision du SDACR (schéma départemental d'analyse et de couverture des risques) qui est un sujet majeur pour la projection de l’établissement dans les prochaines années. Il y a aussi la préparation de la saison feux de forêt qui est aussi un sujet majeur pour le quotidien. Au total, 150 pompiers, issus de nos effectifs, sont planifiés en plus chaque jour l’été en fonction du risque feux de forêt. Et, sur le temps plus long, il y aura un projet de réorganisation du SDIS et de fixation de priorités pour les trois, quatre prochaines années et de révision de documents structurants comme le règlement intérieur, opérationnel ou comme le projet d’établissement.

Un nouveau directeur adjoint arrive en juillet. Une bonne nouvelle pour les pompiers du Gard ?

Dans n’importe quel établissement de ce type, il y a un directeur adjoint. Il va me seconder dans mes tâches d’organisation, managériales, de décision opérationnelle ainsi que dans le conseil que je peux apporter aux autorités. Dans n’importe quel SDIS de France, il y a un binôme avec un directeur et un directeur adjoint. Quelque part, ça réinscrit le SDIS dans une forme de normalité organisationnelle et de gouvernance.

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