Ce n’est pas la première fois que l’école d’Albaron est confrontée à une telle menace, déjà écartée par le passé. Les parents d’élèves espèrent, une nouvelle fois, réussir à l’éviter. "Je crois que jusque-là, nous avons été préservés parce qu'ils - au sein d'Inspection académique, Ndlr - avaient conscience que dans un hameau, si on ferme une classe, à terme c'est la fermeture de l'école qui se joue. Aujourd'hui, personne ne comprend pourquoi nous sommes concernés", rapporte une maman d'élève. Pas question d'attendre passivement le verdict, qui devrait tomber le 3 avril à l'issue du comité social d'administration académique à Marseille.
Ce lundi 30 mars, dès 8h30, pancartes à la main, les parents d'écoliers se sont mobilisés, interceptant notamment les automobilistes devant l’école afin de les alerter sur la situation, présenter leur pétition - publiée en ligne - et recueillir des signatures. Il en ont déjà près de 300. Leur revendication est claire : non à la fermeture de classe. L’école d’Albaron accueille une cinquantaine d’élèves répartis sur trois classes : une maternelle réunissant toute petite, petite, moyenne et grande sections, une classe de CP à CE2, et une autre de CM1-CM2. La suppression d’une classe en élémentaire entraînerait la constitution d’un seul groupe à quatre niveaux.
L'inquiétude concerne surtout les répercussions sur l’apprentissage dans cette école qui reçoit aussi des enfants de Saliers, du Paty de la Trinité et même de Beaucaire, dans le Gard. L’association des parents de l'école et les parents délégués dénoncent une rupture d’égalité entre le hameau et le centre-ville. "Un quart de temps sur une journée d'enseignement, c'est insuffisant pour un élève moyen. Et pour un élève en difficulté, c'est comme si vous le laissiez sur le bord de la route, il est condamné", s'agace l'un d'eux. Dans cet établissement, quatre élèves sont accompagnés par une AESH, d'autres bénéficient d'un plan d'accompagnement personnalisé, "plus des enfants qui sont en cours de diagnostic", complète une autre maman.
S'ajoute également un impact économique et démographique pour le hameau, "ça n'encourage pas les gens à venir s'y installer." Plusieurs élus sont venus témoigner de leur soutien, le maire, Patrick de Carolis, dès jeudi dernier, suivi ce lundi de son adjoint, Emmanuel Lescot. Le député Emmanuel Taché ainsi que l'élu d'opposition à la Ville d'Arles, Jean-Michel Jalabert accompagné de Marie-Amélie Ferrand Coccia et Alain Bernard, ont fait le déplacement en ce début de semaine. Les parents d'élèves poursuivront leur mobilisation demain, mardi, et participeront au rassemblement organisé par l'intersyndicale de l'Éducation, devant la sous-préfecture d'Arles, à midi.