Publié il y a 1 mois - Mise à jour le 18.05.2024 - Thierry Allard - 3 min  - vu 1478 fois

FAIT DU JOUR D&S Groupe, une success-story bagnolaise

Le PDG de D&S Groupe Julien Feja (à G.) et les dirigeants des entreprises du groupe

- Photo : Thierry Allard

L’entreprise D&S Groupe, basée à Bagnols, fêtait ses vingt ans ce vendredi à Avignon (Vaucluse). L’occasion de tirer le portrait d’une entreprise partie de zéro ou presque en 2004, et qui compte aujourd’hui 400 salariés et pèse 29 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Quand en mars 2004 Benoît Marc fonde D&S, « il voulait rester seul, et je suis arrivé comme apprenti pour l’aider », rejoue son neveu Julien Feja, le PDG de D&S Groupe. À l’époque, tout juste majeur, il est à l’École des Mines de Saint-Étienne, et rejoint son oncle dans l’entreprise pour une alternance de trois ans. « Le thème de mon alternance était ‘devenir chef d’entreprise’ », se remémore-t-il dans un sourire. Rétrospectivement, celui qui a pris la suite de Benoît Marc au poste de PDG en 2016 et répète qu’il n’a « jamais appris comment gérer une boîte à l’école, mais sur le tas », a pas trop mal réussi cette alternance.

Julien Feja, 38 ans, PDG de D&S Groupe • Photo : Thierry Allard

Car entretemps, c’est peu dire que l’entreprise s’est développée, et le groupe agglomère désormais sept entreprises indépendantes dans autant de métiers, « 90 % dans le nucléaire et 10 % dans la pétrochimie, avec notre activité pour les sites industriels à risque », précise le PDG : assainissement-démantèlement, bureau d’études, accompagnement qualité et maîtrise des risques, formation, équipements de protection ou encore désamiantage.

Et « chaque société a son dirigeant qui est actionnaire de l’entreprise », précise Julien Feja. Un modèle qui lui fait dire que, plutôt qu’une ETI (une entreprise de taille intermédiaire), D&S Groupe est plus « une grosse PME de sept sociétés réunies, avec des valeurs communes : l’indépendance, le fait de rester techniquement un spécialiste, une culture interne de toujours s’améliorer, la réactivité, la proximité, la relation individuelle. » De fait, « chaque société compte 30 à 50 salariés, quand nos concurrents sur nos marchés sont des entreprises de parfois plusieurs milliers de salariés, développe-t-il. Nous sommes des petits par rapport aux marchés, mais notre taille critique nous permet quand même de décrocher de beaux contrats. » De fait, D&S compte parmi ses clients EDF, le CEA, Orano, Bouygues, Vinci ou encore Sanofi. Excusez du peu !

« Croître de façon maîtrisée »

Reste que le groupe est passé de 80 salariés environ fin 2015 à 200 en 2020 puis 400 aujourd’hui répartis sur neuf agences, et a réalisé un chiffre d’affaires de 29 millions d’euros en 2023, avec un objectif pour 2024 à 32,5 millions d’euros. « C’est une croissance organique, on ne cherche pas forcément à être toujours plus grands, nous voulons croître de façon maîtrisée », pose Julien Feja. L’entreprise, qui a créé cinquante postes en 2023, est sur la même trajectoire pour 2024. Et encore, « on est freinés par le manque de ressources en RH », tempère Julien Feja, alors que le manque chronique de candidats pour travailler dans l’industrie reste un sujet majeur du secteur. Alors D&S est contrainte, comme nombre de ses homologues, de ne pas répondre à tous les marchés auxquels elle pourrait prétendre, faute de bras et de têtes bien faites.

Pas de quoi contrarier la croissance de D&S cependant : « Nous envisageons de doubler la formation pour aller vers le hors-nucléaire », indique le PDG du groupe, alors qu’un rachat d’un centre de formation du Gard rhodanien va être très prochainement officialisé. Par ailleurs, D&S Groupe compte se développer à la Hague, important pôle nucléaire, « pour continuer notre croissance maîtrisée et organique », commente Julien Feja. Plus globalement, « nous avons un plan à sept ans de doubler notre nombre de salariés », annonce-t-il. C’est beaucoup, « mais c’est moins que de 2016 à maintenant », rappelle-t-il. Surtout maintenant que le nucléaire a retrouvé de belles perspectives, avec notamment les projets d’EPR2 et de petits réacteurs modulaires, les SMR.

Cette croissance, D&S l’envisage toujours depuis Bagnols. « Je suis né à Bagnols, j’y vis, et on a Marcoule à côté », tranche le jeune chef d’entreprise de 38 ans, juste au-dessus de la moyenne d’âge des effectifs de l’entreprise, qui est de 34 ans. Alors Julien Feja l’affirme : « On est repartis pour vingt ans ».

Thierry Allard

Bagnols-Uzès

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