Publié il y a 1 mois - Mise à jour le 22.02.2024 - Thierry Allard - 3 min  - vu 1475 fois

MARCOULE Inquiets et en colère, les salariés d’Orano démantèlement rencontrent le DG du groupe

Le directeur général d'Orano Nicolas Maes acec les salariés d'ODEM, ce jeudi matin à Marcoule

- Photo : Thierry Allard

Ils étaient quelques dizaines, sous une pluie fine, ce jeudi matin à l’entrée est du site nucléaire de Marcoule : à l’appel de l’intersyndicale CGT FO CFE-CGC, les salariés d’Orano démantèlement (ODEM) se sont réunis, alors que le directeur général d’Orano Nicolas Maes se trouvait sur le site.

En cause : la fin programmée de leur entreprise, héritière de l’ancienne Cogema, à la fin 2025. « Aujourd’hui nous sommes 170 salariés, et fin 2025 nous serons environ 100 à nous retrouver sans emploi », affirme Perrine Hocquet de la CGT. Sans emploi, ou intégrés au sein de la business unit Orano DS, pour démantèlement et services, « une entreprise low-cost », dénonce la syndicaliste. Car Orano DS, entreprise récente née de l’absorption de plusieurs sous-traitants du géant du nucléaire, ne bénéficie pas des mêmes acquis sociaux qu’ODEM. « Les statuts sont largement inférieurs à ce qu’on a actuellement », pose Alain Reneleau, de la CFE-CGC.

Plusieurs acquis sociaux, pour certains anciens, sont en jeu : une indemnité de départ à la retraite deux fois supérieure à celle d’Orano DS, les acquis de pré-retraite, de mutuelles, de comité d’entreprise ou encore le maintien de la rémunération en longue maladie. Alors pour Laurent Obino, de la CGT, il ne s’agit rien de moins que de « dumping social, Orano DS a pris notre place sur des contrats, et notre statut disparaît. » « Le but est de faire des économies sur le dos des salariés », reprend Isabelle Pecheur, de FO, et ce alors que « le groupe affiche de très bons résultats en 2023 », contextualise Perrine Hocquet.

Au-delà de ces questions, les salariés d’ODEM, « 53 ans de moyenne d’âge, avec certains qui ont passé 30 ou 40 ans dans l’entreprise », affirme Alain Reneleau, se posent en garants de la « culture d’entreprise » mais aussi en salariés expérimentés « qui ont la connaissance des installations. » Sur place, toutes les personnes interrogées affirment ne pas vouloir intégrer Orano DS. Certains souhaitent passer côté CEA, en vertu d’un accord signé en 2005, du temps d’Areva.

« Je n’ai jamais dit ‘tous chez Orano DS’»

Le PDG d’Orano Nicolas Maes est venu à leur rencontre pour discuter de la situation. « C’est une structure qui se vide », constate le DG en parlant d’ODEM pour qui « la réalité ne va pas changer, celle de la fin de ce contrat historique (avec le CEA, NDLR) » avant d’évoquer une suite « en deux temps, d’abord un projet industriel, et ensuite nous aurons une phase de construction de la négociation, et il est probable que la situation future ne soit pas la même pour tous les salariés d’ODEM. »

Cependant, « je n’ai jamais dit ‘tous chez Orano DS’, mais il y en aura vers DS, et je mesure le gap important entre les statuts d’ODEM et de DS », poursuit le DG d’Orano. Pour autant, « il y a d’autres options, transférer vers d’autres sites, Melox ou Tricastin », affirme Nicolas Maes, avant de lancer : « quand on veut un job, il faut montrer qu’on en a envie », s’attirant quelques réflexions de salariés affirmant avoir déjà postulé dans d’autres entités d’Orano et avoir trouvé porte close. « Vous avez un sentiment de discrimination, j’en parlerai avec les autres BU (business units, NDLR) », leur répondra le DG, tout en évoquant les « postes vacants » au sein du groupe. Quant à la question de la différence des statuts, « il y aura un temps pour la négociation, on pourra regarder ça pragmatiquement. » Reste à voir si cette rencontre a été de nature à convaincre les manifestants. Certains sur place indiquaient vouloir poursuivre la mobilisation.

Thierry Allard

Bagnols-Uzès

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