L’orientation professionnelle, ça se travaille tôt. « On parle du parcours avenir dès le cycle 4, qui commence à la 5e, pose la principale du collège du Bosquet Anne Gaspari. Les 4ᵉ ont pu participer aux Rencontres jeunes entreprises en février, et les 3ᵉ ont visité le lycée Einstein et ont pu participer au Forum des métiers, mais les 5ᵉ n’avaient rien. » Jusqu’à ce que l’UIMM contacte le campus des métiers et des qualifications pour organiser l’Industrie Cup sur le territoire.
« Nous nous sommes dit qu’il y avait un intérêt de pouvoir travailler l’orientation vers les métiers de l’industrie et du nucléaire dès la 5ᵉ car c’est là qu’on va pouvoir travailler sur les stéréotypes liés à l’industrie, c’est la première fois que l’UIMM organise cet événement avec un public aussi jeune », explique Claire Durand, la directrice du campus. Alors les ateliers ont été adaptés et le collège et l’UIMM ont travaillé main dans la main pour monter l’événement, qui a concerné quelque 150 élèves tout au long de la journée.
Des élèves à qui il s’agit aussi de donner des perspectives, sur un territoire à la fois paupérisé et industriel, marqué par une prégnance du nucléaire, un secteur qui recrute et qui va continuer à le faire dans les années à venir, relance de l’atome oblige. « Nous sommes un collège urbain qui accueille notamment les enfants des Escanaux, et nous voyons une baisse très forte des indices de positionnement social des élèves », confirme la principale en évoquant cet indice qui prend en compte les conditions socio-économiques et culturelles des familles des élèves accueillis dans l’établissement.
Avec un mot d’ordre : « Il faut oser, tout est ouvert, l’industrie française va recruter massivement », souligne Claire Durand, un secteur, notamment dans le nucléaire, qui rémunère davantage que la moyenne, notamment que le secteur tertiaire, qui a pourtant tendance à être plus attractif.
Pour aiguiller les élèves, huit ateliers étaient proposés par Orano, le pôle formation de l’UIMM, l’OPCO2i, l’Université des métiers du nucléaire ou encore l’entreprise Newcleo. Des ateliers ludiques, avec de la réalité virtuelle par exemple, ou des quiz. « Mon atelier est un quiz sur les métiers de l’industrie pour montrer la diversité des métiers, explique Margot Guizard, de l’UIMM. Ce sont des métiers qui recrutent beaucoup, des métiers d’avenir. »
Et les élèves, bien qu’encore très jeunes, sont « très intéressés, très curieux », affirme-t-elle. De quoi battre en brèche un des principaux problèmes de l’industrie : « la méconnaissance de ce secteur », affirme Margot Guizard. Et, pourquoi pas, faire en sorte qu’à l’heure du choix de leur orientation, les élèves pensent à l’industrie.