Publié il y a 1 h - Mise à jour le 03.07.2026 - Propos recueillis par Stéphanie Marin - 2 min  - vu 52 fois

L'INTERVIEW Marlène Dabeau, directrice de La Croisée : "Redynamiser la solidarité entre centres sociaux en mutualisant des compétences"

Marlène Darbeau (au centre), directrice du centre social et culturel La Croisée, à Saint-Gilles.

- S.Ma

Dans un contexte marqué par des évolutions sociales, économiques et institutionnelles qui fragilisent les structures de proximité, La Croisée a organisé une journée de travail au château d'Espeyran à Saint-Gilles, en partenariat avec la Fédération des centres sociaux Occitanie Est et les représentants de plusieurs centres sociaux du Gard. Parmi lesquels les Mille Couleurs à Nîmes, l'Odysée à Redessan, le centre socio-culturel Lucie-Aubrac à Cendras, l'Oustal à Saint-Jean-du-Gard, Calade à Sommières, ainsi que Mosaïque en Cèze à Bagnols. À noter que la municipalité RN a supprimé la subvention de 184 000 € auparavant attribuée à l’association bagnolaise. (Relire l'article en cliquant ici)

ObjectifGard : Quelles sont aujourd'hui les principales difficultés rencontrées par les centres sociaux ?

Marlène Dabeau : Plusieurs centres sociaux ont été confrontés à la revalorisation de notre convention collective, avec une augmentation des salaires qui était nécessaire pour mieux reconnaître les métiers. Mais cette revalorisation n'a pas été accompagnée financièrement par les politiques publiques. Nous nous retrouvons donc avec un déséquilibre budgétaire. À cela s'ajoute un contexte national de restrictions budgétaires. Donc nous, notre but, c'est le service rendu aux habitants de chacun de nos territoires, répondre aux besoins des habitants. Ces besoins, les attentes et les demandes sont de plus en plus prégnants et on n'a pas forcément les mêmes moyens. Les financeurs nous demandent également de nous organiser autrement, notamment en développant davantage la mutualisation entre structures. En ce qui concerne La Croisée (17 salariés représentant 10 équivalents temps plein, une trentaine de bénévoles actifs, 750 adhérents dont 15 % de seniors, NDLR), le financement de la commune reste stable. Le département du Gard est confronté à des arbitrages budgétaires, mais continue de nous soutenir, bien que le financement des centres sociaux ne relève pas de ses compétences obligatoires. Et l'État aussi, c'est un peu plus restreint. Chaque centre social est différemment touché, mais il y a une crainte partagée de ne pas pouvoir répondre aux besoins des habitants, une volonté de pérenniser nos missions.

Des représentants de plusieurs centres sociaux gardois et de la Fédération des centres sociaux Occitanie est, réunis au château d'Espeyran à Saint-Gilles, le mardi 30 juin.   • S.Ma
 

Ces difficultés ont-elles eu des conséquences concrètes sur vos actions ?

Oui, les actions que nous avons dû arrêter concernent principalement les sorties découvertes, qui permettaient de faire découvrir le patrimoine. Ce sont surtout les coûts de transport qui ne pouvaient plus être assumés. On demande aux habitants de plus s'impliquer. En parallèle, nous lançons une réflexion sur notre modèle socio-économique afin de diversifier nos financements. Cela implique davantage de recherche de financements privés et une autre organisation du travail. 

Quelles pistes de travail ont émergé lors de journée ?

Nous souhaitons redynamiser la solidarité entre centres sociaux en mutualisant des compétences, que ce soit entre directions ou administrateurs, afin de ne pas rester seuls face à diverses problématiques. Nous travaillons également sur des outils RH et des outils de pilotage financier communs pour gagner du temps. Enfin, nous réfléchissons à une plateforme mutualisée pour rechercher des financements et partager certains outils. Une nouvelle rencontre est déjà prévue le 2 octobre pour poursuivre ce travail.

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Stéphanie Marin

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