Objectif Gard : Pouvez-vous vous présenter pour les lecteurs qui ne vous connaissent pas ?
Laurent Mespoulet : Je suis né à Paris. Mes parents étaient fonctionnaires, à EDF et à La Poste. Je n’ai pas fait d’études, simplement le bac. Je suis assez autodidacte. J’ai commencé dans l’imprimerie à Lunel, puis je suis passé sur la partie commerciale. J’ai continué dans la communication en entreprise. J’ai eu une opportunité chez STANA, j’ai été excellent comme premier vendeur sur les deux premières années (…) Je suis retourné sur Paris, dans une grosse société de lavage auto où j’étais à la direction commerciale. Ensuite, je suis descendu sur Nîmes, toujours pour cette société. J’ai entre-temps rencontré mon épouse qui, elle, est Nîmoise.
Comment êtes-vous entré en politique ?
Mes parents étaient au Parti socialiste. Dans ma jeunesse, j’ai été marqué par les luttes du Larzac dans les années 70. À cette époque-là, je suis rentré à la LCR (Ligue communiste révolutionnaire). Puis, dans les années 90, je suis rentré au PS. J’ai été secrétaire de la section à Vendargues. C’était l’époque Georges Frêche. Je l’ai quitté en 2002, quand Lionel Jospin a perdu la présidentielle. La politique me prenait du temps, j’avais 35 ans. Je me suis dit : « Arrête de rigoler, il faut gravir les échelons professionnels. »
Dans le Gard, vous avez été, un temps, attaché parlementaire de la députée La République en marche, Annie Chapelier. Comment êtes-vous revenu en politique ?
C’est Emmanuel Macron qui m’a fait revenir... J’animais un comité à Nîmes. Annie Chapelier venait d’être élue et elle avait besoin de quelqu’un. Seulement, j’ai vite compris qu’avec les valeurs que je portais, celles de partage, d’équité, de transition écologique, je n’étais pas dans la bonne écurie. Je suis retourné au PS en 2022. J’ai animé le livre blanc du parti pour la campagne des municipales. J’ai participé à la campagne de Vincent Bouget, et nous avons été élus. La campagne aura été longue… Près d’un an et demi.
« Le tourisme, c’est 12 % de l’économie locale, soit 6 500 emplois »
Comment vous êtes-vous retrouvé adjoint au tourisme ?
De par mon expérience de gestion d’équipe, c’est le tourisme mais ça aurait pu être autre chose. Le tourisme, c’est du développement économique. Aujourd’hui, c’est 12 % de l’économie locale, soit 6 500 emplois directs et indirects. C’est un point fort. Notre mission est de donner à la ville les bons leviers pour qu’elle puisse continuer à rayonner.
Quels sont « ces leviers » ?
L’office de tourisme est structuré comme une PME, finalement, avec des gens très professionnels qui ont une vision claire de la destination. D’ailleurs, l’office est excédentaire de 72 000 €. La gestion est bien maîtrisée. Le bureau des congrès, chargé de trouver les hébergements pour les congressistes, les lieux de visite…, vise à s’assurer que le Palais des congrès soit rempli. La programmation des congrès dans H2, elle, est gérée par la SPL Éclat.
À ce sujet, vous venez d’être élu président de la SPL Éclat. Quelle est votre feuille de route pour ce prochain mandat ?
L’élection a eu lieu mercredi dernier. La SPL Éclat gère le musée de la Romanité et le Palais des congrès. Un vice-président a aussi été élu en la personne de l’adjoint à la Culture, Denis Lanoy. On forme un tandem complémentaire. Il a une vision sur l’ensemble des collections présentes à Nîmes et la manière de les mettre en valeur en lien avec le conservateur du musée, Nicolas de Larquier. Concernant H2, nous allons repenser le projet d’utilisation en trois axes.
Palais des congrès : « Repenser son utilisation »
Lesquels ?
Bien sûr, le premier axe sera de développer les congrès et séminaires. Cette année, sur les six premiers mois d’exploitation, nous avons quand même reçu 12 000 personnes en congrès et géré 74 évènements à Nîmes. C’est un bon début. Notre point fort, c’est vraiment la localisation du Palais des congrès, en centre-ville, à côté des hôtels, des restaurants, des animations culturelles… Nous venons d’organiser un workshop : l’accueil de 25 agences évènementielles, chargées d’organiser des séjours pour les entreprises, pour qu’elles découvrent la destination. Des premiers contrats ont été signés. Cette « opération séduction » a été très bénéfique.
Ce qui pourrait être encore plus bénéfique, dans la gestion du Palais des congrès, serait l’union de l’office de tourisme et de la SPL Éclat, non ?
Nous sommes en train de regarder avec les services de la ville comment nous pouvons mutualiser le bureau des congrès de l’office de tourisme, géré par la SPL Agate, et le Palais des congrès géré, lui, par la SPL Éclat. Il faut que ce soit fait de façon intelligente sans qu’Agate ne perde sa source de revenus (un excédent de 72 000 € à l’office de tourisme, NDLR).
Du coup, qu’entendez-vous par « repenser » l’utilisation du palais des congrès ?
Il faut que l’équipement soit ouvert sur la ville, en lien avec les associations. Il y a 18 salles équipées et rafraîchies. Cet équipement a quand même coûté 59 M€, c’est de l’argent public. Il doit servir aux Nîmois. Enfin, H2 est la troisième salle d’Europe avec un son immersif, très favorable à la musique classique et aux chants polyphoniques. On pourrait accueillir des évènements mais aussi travailler avec le conservatoire de Nîmes.
Le tourisme, c’est aussi la gestion des monuments romains par Aura Romanité (ex-Édeis). Lorsque Vincent Bouget était dans l’opposition, il critiquait la gestion de l’entreprise privée, déficitaire… Et vous ?
Aujourd’hui, ce n’est pas spécialement mon sujet. Le contrat de délégation de service public s’arrête en 2028. Il est vrai que le taux de fréquentation et les campagnes de communication ne sont pas optimaux. De même que les spectacles d’été, avec une fréquentation en baisse… Le dossier est ouvert à la réflexion pour ne pas laisser dériver les choses.
Airbnb : « Il y a eu du laisser-aller »
Enfin, la ville envisagerait de réguler les locations Airbnb. Comment ?
Le dossier est ouvert. Les services de la mairie sont en train de travailler sur plusieurs possibilités pour encadrer ces locations dans le centre-ville. Ça fera l’objet d’une annonce, certainement en septembre. Sur Nîmes, on a enregistré 300 multipropriétaires, qui possèdent trois, quatre biens et qui font le marché. Aujourd’hui, il y a 1 200 chambres d’hôtel à Nîmes et les chambres Airbnb : c’est 4 200 ! Pendant plusieurs années, il y a eu du laisser-aller. Il faut mettre en place quelques contraintes quand un propriétaire a deux ou trois appartements. On peut limiter la location d’un bien immobilier de juin à fin août et, le reste du temps, demander qu’il soit remis sur le marché pour du logement étudiant ou pour des personnes précaires. Sinon, il faut qu’ils investissent ailleurs, dans des appartements et commerces.
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