Publié il y a 1 h - Mise à jour le 18.02.2026 - Stéphanie Marin - 2 min  - vu 34 fois

NÎMES La crucifixion au coeur d’un ouvrage : 35 ans de recherches du docteur Jacques Jaume

Le docteur Jacques Jaume, auteur du livre "La crucifixion au premier siècle de notre ère dans l’empire romain".

- S.Ma

Médecin, historien et enseignant universitaire, Jacques Jaume publie aux Éditions Spinelle : La crucifixion au premier siècle de notre ère dans l’Empire romain. Fruit de trente-cinq années de recherches, ce travail propose une approche transversale – médicale, juridique, historique, anthropologique – d’un supplice dont on ne sait que très peu de choses.

À l’origine de sa démarche, un constat : « Il y a un contraste entre le fait que c’est quelque chose qui marque notre civilisation […] mais on ne sait que très peu de choses. » Les connaissances reposeraient essentiellement des sources théologiques et artistiques plus que techniques.

Jacques Jaume ne s’est pas tant concentré sur le « pourquoi on crucifie », mais davantage sur « comment on crucifie ». La question est pour lui médicale autant qu’historique. Son enquête l’a conduit à étudier les sources antiques, l’historiographie, l’archéologie et l’anatomie. L’homme érudit indique qu’en 1968, à Jérusalem, la découverte d’un ossuaire contenant des talons transpercés par un clou a constitué « la première marque de crucifixion tangible ». Passionné et d’autant plus quand la complexité s’en mêle, le docteur Jaume s’est intéressé à la modélisation anatomique du supplice. « Les croix étaient très basses. Une fois que vous avez un poignet qui est cloué, c’est terminé », affirme-t-il réfutant les représentations traditionnelles. Il soutient que les clous étaient plantés dans des zones précises évitant les arcades artérielles majeures afin que la mort ne soit pas immédiate : « La crucifixion était un sacrifice humain au Dieu des enfers, il fallait donc que le sang coule, pénètre le sol pour nourrir la divinité. Si vous embrochez une arcade, vous avez une hémorragie ; une minute après le mec est mort. » Ses travaux ont été publiés en 2006 dans la revue Archéologia. « Et quelques années après, en 2015, la découverte , en Angleterre, d’un autre crucifié, un clou dans le calcanéum ont permis de confirmer mon hypothèse technique. »

Il explique également que l’exécution n’était pas réalisée par les soldats mais par des structures spécialisées privées. La condamnation relevait d’un acte juridique, puis l’exécution était confiée à ces professionnels. « C’est le travail de trente-cinq ans de recherche », résume-t-il. Son ambition n’est pas polémique, mais documentaire : « Faire un livre, c’est une sécurité. Tout est déposé. »

Qui est Jacques Jaume ?

Le Docteur Jacques Jaume est médecin, diplômé d’évaluation et traitement de la douleur, d’acupuncture, praticien de soins palliatifs, titulaire d’une maîtrise de biologie humaine. Il a été praticien d’un service de psychiatrie, de gérontologie et d’un centre d’évaluation et de traitement de la douleur d’un CHU. Il est reconnu thérapeute en TCC. Il a réalisé des recherches en histoire en troisième cycle universitaire. Il est aussi enseignant universitaire en médecine, droit, psychologie, en sciences humaines et sociales, conseiller expert pour la formation continue des médecins et des professionnels de santé. Il est fondateur et administrateur de l’Université Populaire des Religions de Nîmes, Sociétaire de l’Académie catholique de France, Membre de l’Académie de Nîmes, Secrétaire perpétuel de l’Académie de Saint-Gilles et de la Camargue, Auteur, conférencier, essayiste et romancier.

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