Samedi, le maire sortant et tête de liste d'Arles au coeur, présentait son programme pour la culture, les traditions et le patrimoine. En présence notamment de Claire de Causans, son adjointe à la Culture, mais en l'absence de Sophie Aspord. Celle qui était jusque-là la 3e adjointe de Patrick de Carolis, en charge de l'Urbanisme, de l'Aménagement du territoire, du Foncier et du Patrimoine, ne l'est plus. Ecartée, elle a appris qu'elle ne figurait pas sur la liste d'Arles au coeur. Et, dans la foulée, elle a présenté sa démission. Une de plus, diront certains.
Dans un communiqué de presse, Sophie Aspord ne mâche pas ses mots et égratigne sérieusement ses anciens alliés. "Je ne quitte pas une fonction, je quitte une dérive. Une dérive, ce n'est pas une simple divergence. C'est le moment où l'action publique cesse d'être ordonnée au bien commun. C'est le moment où l'on commence à servir des équilibres internes plutôt que la ville."
"Une faute politique grave"
Et l'ex-adjointe à l'Urbanisme d'écrire : "Depuis plusieurs mois, je constate un écart devenu impossible à ignorer entre les demandes des habitants et la trajectoire qui se dessine pour la prochaine mandature. Arles n’a pas besoin de poudre aux yeux : elle a besoin de plans, de moyens et de courage. J’ai donc fait ce que j’estime être mon devoir : m’opposer quand il le fallait, avec fermeté, sur des dossiers précis. Je ne signe pas, ce que je ne peux pas défendre devant les Arlésiens. Je refuse de cautionner ce qui met en péril l’équilibre des quartiers, l’identité architecturale, l’environnement et la cohésion sociale. J’ai tenu bon face à des projets de promotion immobilière non conformes à l’esprit et au cadre de vie arlésien, notamment rue Satre qui a soulevé le mécontentement des habitants. Je me suis opposée à des opérations qui dénaturaient les quartiers comme les Semestres, le Plan du Bourg, Montplaisir ou Barriol. J’ai tenu tête face à un projet immobilier à Trinquetaille, en refusant de signer le permis. Or, la feuille de route annoncée ressemble de plus en plus à une addition de promesses séduisantes, mais sans méthode, sans moyens humains, sans trajectoire financière crédible, et sans garantie réelle de protection de notre cadre urbain face aux pressions immobilières, de notre cadre de vie (...) Quand la décision se rétracte autour d’une 'petite cour', quand le travail collectif s’efface, quand l’alerte devient une faute, la méthode finit par abîmer le fond. Le collectif a été remplacé par un petit cercle. C’est une faute politique grave."
Michel Navarro, l'autre absent
Autre grand absent sur la liste que Patrick de Carolis présentera ce vendredi : Michel Navarro. Cheville ouvrière de la campagne de 2020, il est le 11e adjoint en charge de nombreuses délégations. Et son éviction de la liste est d'autant plus surprenante qu'il y a trois mois, alors que Jean-Michel Jalabert venait de démissionner, c'est à lui que Patrick de Carolis avait confié les principales délégations de l'ex-premier adjoint. "Ce n'est pas de mon fait si je n'y suis pas", a déclaré Michel Navarro, laissant clairement entendre que son exclusion n’a pas été négociée ou acceptée de manière consensuelle.