Un match déjà plié à Nîmes ? Deux sondages coup sur coup – l’un réalisé par notre journal, l’autre par un confrère – semblent le suggérer. Au premier tour, Vincent Bouget et l’union de la gauche feraient le plein de voix, distançant largement leurs poursuivants. Au second tour, les deux hypothèses testées aboutissent à la même conclusion : que Julien Plantier et sa liste L’Avenir nîmois se maintiennent ou non, rien ne semble en mesure d’empêcher un changement d’histoire après mars 2026. De quoi décourager certains électeurs : à quoi bon voter si tout est joué d’avance ? Ils auraient tort. D’abord parce que les sondages n’ont jamais fait une élection. Mais aussi parce qu’il reste encore trois semaines de campagne : et en politique, tout évolue très vite. Enfin, parce que l’électorat de la droite et du centre semble prendre conscience du risque qui le menace. L’absence d’accord entre les héritiers de Jean-Paul Fournier, combinée à un Rassemblement national en embuscade, pourrait bien ouvrir un boulevard à la gauche. Dès lors, une question s’impose : ne vaut-il pas mieux voter utile dès le premier tour ? Autrement dit, soutenir celui qui apparaît aujourd’hui le mieux placé sur l’échiquier de la droite et du centre. En l’occurrence, Franck Proust. C’est le pari que tente le président-candidat de Nîmes métropole et premier adjoint au maire. Réussira-t-il ? Difficile à dire. Mais il peut nourrir quelques espoirs. Entre les deux sondages publiés à quelques jours d’intervalle, il a grappillé plusieurs points précieux. Il s’est même offert le luxe de devancer Julien Sanchez, l’eurodéputé d’extrême droite qui se présentait comme le seul rempart face à la gauche. Par ailleurs, son concurrent direct, Julien Plantier, ne semble pas capter l’électorat traditionnel de la droite et du centre. Son positionnement « attrape-tout » pourrait, en cas de désistement, bénéficier davantage à la gauche et en partie au RN qu’à la majorité sortante. Sauf si Julien Plantier annonçait clairement, au soir du premier tour, qu'il mobilisera toute son énergie derrière Franck Proust. C’est pas gagné. Reste une inconnue majeure : que fera le Rassemblement national ? Ira-t-il jusqu’à un désistement en faveur du candidat de la droite et du centre ? Un tel choix rebattrait les cartes du second tour. Mais comme le glisse un fin observateur de la vie politique nîmoise : avec des « si », on ne gagne pas une élection. Pendant ce temps, Vincent Bouget avance sans avoir à négocier d’alliances. Et une large partie des Nîmois semble déjà acquise à sa cause.
Bardella à la rescousse. À l’approche de la dernière ligne droite des municipales à Nîmes, les candidats multiplient les meetings pour afficher leur capacité de rassemblement. Une véritable démonstration de force à quelques jours du premier tour. Au Rassemblement national, où le candidat semble en difficulté, le national vient prêter main-forte. Jordan Bardella, président du parti, est attendu mardi 3 mars. Les lepénistes espèrent attirer plusieurs milliers de personnes venues de toute la région. Car à Nîmes, le parti peine encore à mobiliser massivement les seuls électeurs nîmois. Qu’importe : les images diffusées localement comme nationalement donneront probablement à voir une réunion publique réussie. Une semaine plus tard, l’affluence devrait être plus mesurée au Parnasse, où le candidat de la droite et du centre, Franck Proust, tiendra à son tour son grand meeting d’avant scrutin. Mais lui pourra compter, à coup sûr, sur un public majoritairement nîmois. Le lendemain, Julien Plantier réunira ses soutiens à la halle des sports Ludivine-Furnon. Là encore, l’objectif sera d’afficher une dynamique et de mobiliser ses troupes dans la dernière ligne droite. Ces démonstrations de force suffiront-elles à convaincre les indécis ? Réponse dans les urnes, très bientôt.
Liaisons dangereuses. La majorité sortante de droite a bien du mal à contenir ses troupes. Alors que quelques éconduits ont décidé de rejoindre Julien Sanchez, le candidat d’extrême droite, les pertes auraient pu être plus importantes encore pour le maire. En effet, selon nos informations, Jean-Paul Fournier a réussi in extremis à retenir deux de ses fidèles historiques qui avaient prévu de quitter le navire : l’adjointe Chantal Barbusse et la conseillère municipale Catherine Jehanno ont finalement changé d’avis à la dernière minute. « Les rats quittent le Titanic avant l’heure. C’est dégueulasse car le maire a toujours eu de l’amitié pour elles. Et même si le bateau prend l’eau de toute part, il n’a pas encore coulé », commenté un élu dépité par la situation. Reste à savoir comment ces départs avortés seront assumés après le 23 mars ?
L’union des droites. Difficile d’y voir clair avant le premier tour mais il y a des signes qui ne trompent pas. Et certains colistiers dans les deux listes, du RN et de Franck Proust, ne se cachent plus. Prenons Ludivine Furnon ou encore Géraldine Rey-Deschamps. Cette semaine, sur Facebook, elles n’ont pas hésité toutes les deux à mettre des « like » sur des commentaires qui appellent à l’union des droites entre les deux tours. « Franck Proust ne peut pas gagner à ce stade sans le soutien du Rassemblement national. Le candidat espère être devant Julien Sanchez pour le contraindre au désistement », analyse un stratège de la campagne. Sauf que tout porte à croire que le RN n’a pas l’intention de disparaître du paysage politique nîmois pour sept ans… « Il y a d’autres leviers pour permettre au RN de rester dans la capitale du Gard. Les législatives et les départementales seront un terrain de jeu propice. Sans compter que malgré leur absence au sein du conseil municipal, ils auront des porte-parole issus de la liste de Franck Proust. » Il semble bien que cette campagne des municipales à Nîmes prenne un tournant inattendu…
Richard, reviens ! Il est totalement absent des enjeux politiques nîmois depuis que la majorité lui a coupé la tête. Pourtant, son ombre est toujours là dans les dîners en ville. Richard Flandin fait parler de lui au regard des derniers sondages publiés notamment par Objectif Gard. « Si Richard avait été là, jamais Julien Plantier ne se serait présenté contre le maire. Il aurait aussi, malgré ses fraîches relations avec Franck Proust, trouvé les ressorts pour rétablir l’union », explique un acteur politique de la gauche. « C’est faux. Le poulain de Richard Flandin était Julien Plantier. Il aurait certainement convaincu le maire de le soutenir… », explique un élu de la majorité. Pour quel résultat ? « Julien Plantier serait en meilleure forme que Franck Proust dans les intentions de vote car il capte aussi l’électorat de Vincent Bouget. »
Folles rumeurs. La possibilité que la droite perde l’élection à Nîmes contre le communiste Vincent Bouget nourrit quelques rumeurs, notamment dans le milieu économique. D’abord sur Magna Porta. « La société NGE, en charge de remplir la zone d'activité, veut partir. Elle esquisse une défaite de la droite et ne veut pas s’embourber avec les communistes », explique un acteur concerné par le sujet. « Il n’y a même plus d’interlocuteur : Bernard Baumelou est déjà sur le départ, quel que soit le résultat. » Du côté de Vincent Bouget, alors qu’aucune intention n’a été annoncée, chacun se fait déjà des plans sur la comète. « C’est la dernière année de l’UTS-Bastide Médical. La Ville met un fric monstre pour régaler les plus riches d’entre eux. La petite caste va désormais être au pain sec. Vincent Bastide ira faire son tournoi de riches à Cannes l’an prochain », balance un autre interlocuteur qui compte bien revenir sur le devant de la scène en cas de retour de la gauche aux affaires. Il y a aussi un manque de solidarité au sein de l’ex-équipe de Jean-Paul Fournier. « Ils sont divisés entre Plantier et Proust. Sans compter ceux qui sont partis au RN. Et maintenant, les autres écartés des listes passent leur temps à raconter les pires anecdotes sur la gouvernance Proust-Fournier. » Quand on sait que l’économie fonctionne avant tout à la confiance, il est certain que la période trouble n’arrange rien…
Histoire de listes. Tous les candidats à Nîmes ont déposé leur liste, à l’exception de LFI et de Jean-Marc Philibert. Ce ne serait, pour la tête de liste de Nîmes écologique et solidaire, Pascal Dupretz, qu’une formalité. Alors que pour la liste citoyenne « Vivons Nîmes », cela risque d’être davantage complexe. À la préfecture ces derniers jours, chacun est donc passé sous les fourches caudines des vérifications administratives. Aucune difficulté à l’exception de celle de Franck Proust qui, selon nos informations, s’est vu refuser l’un de ses colistiers. Il a été immédiatement remplacé, sans ombrage. « Pour des gens qui sont rompus à l’exercice, se faire retoquer, cela fait mauvais genre quand même, glisse tout sourire un proche de Vincent Bouget. C'est le signe d’un amateurisme constant que l’on dénonce depuis longtemps. » Du côté de Franck Proust, on en plaisante. « M. Bouget devrait arrêter de donner des leçons à tout le monde. Trop confiant, il oublie son bilan catastrophique aux Sports au Département. Demain, à la Ville, il aura du mal à mettre de la poudre devant les yeux quand il va se confronter aux réalités. »
Dernière ligne droite sous haute tension. La campagne entre dans la dernière ligne droite et, avec elle, vient le temps des coups bas. À droite, c’est devenu un sport national. « On affiche, sur les réseaux sociaux, une proximité avec la Jeune Garde anti-fasciste alors qu’ils sont partenaires des Insoumis, et non du PCF. On fait croire que Vincent Bouget est contre la police. On raconte partout que l’on achète des voix en promettant des logements. Au bout d’un moment, cela en devient ridicule », explique un brin désabusé, un colistier de Nîmes en commun. À gauche, on reste donc à couvert même si on s’inquiète du climat politique qui se tend. « Depuis quelques jours, on sent bien que la droite va jouer son va-tout sur des fausses informations pour créer du trouble. C’est dommage car jusque-là, la campagne était plutôt digne et respectueuse. » Dans les équipes de Franck Proust, personne n’est dupe de cette volonté victimaire. « Plantier nous a déjà fait le coup. M. Bouget doit assumer. Il était à une manifestation où les slogans étaient "la police tue". Il a toujours revendiqué une proximité avec les Insoumis. Et il s’alliera avec eux si cela lui permet de gagner. Il serait bien aussi de rappeler que M. Bouget passe son temps à nous insulter, à traiter notre candidat de menteur. Pire, jusqu’à dire que le maire de Nîmes a inventé l’étude de rénovation des Costières. Stop à la démagogie. Vincent Bouget fera beaucoup de mal à Nîmes et aux Nîmois s’il est élu. Elle est là la vérité. » On vous confirme, la tension est montée d’un cran…
Les déserteurs. En pleine campagne municipale, les élus oublient un peu vite qu’ils sont payés par notre argent pour continuer leurs activités jusqu’au bout. Depuis plusieurs jours, beaucoup sont aux abonnés absents. Au Conseil d’administration de l’école des Beaux-Arts par exemple, le seul élu de la majorité sortante présent était Daniel-Jean Valade. C’est lui qui préside l’établissement et il ne figure pas sur la liste de Franck Proust. En revanche, aucune trace de Valentine Wolber, Frédéric Escojido, Thiphaine Leblond ou Muriel Thomas. Certes, il reste encore un conseil d'administration avant la fin du mandat, mais Daniel-Jean Valade en a tout de même profité pour faire ses adieux… Même scénario vendredi matin au Conseil départemental. Cette fois, personne n’a vu Julien Plantier et Sophie Roulle. Ni même Richard Tibérino. Les plus assidus ont bien remarqué le choix de la droite au moment de désigner les représentants du Département à la commission de suivi du site de la cimenterie de Beaucaire. « Entre Denis Bouad et M. Fustier, la droite s’est abstenue. Une honte ! », déclare amer un conseiller départemental qui n’a plus de doute sur les volontés partagées avec la droite nationale de s’allier demain… 2028 est déjà là !
Sanchez suivi à la trace. Le référent gardois d'Identité Libertés (IDL), parti politique d'extrême droite, présidé par Marion Maréchal, était tout sourire cette semaine. Il a accueilli sa présidente Marion Maréchal à Nîmes pour une conférence de presse de soutien à la tête de liste « Fiers d’être Nîmois ». Une venue après négociation de Marc Taulelle qui n’avait pas de nouvelles de Julien Sanchez. Désormais, il est bien présent sur la liste du Rassemblement national, et en bonne place. Mais en coulisse, l’ancien élu de Jean-Paul Fournier espère obtenir le graal : le poste de premier adjoint. « Pour le moment, ce n’est pas encore à l’ordre du jour mais Marc Taulelle suit à la trace le candidat. Comme hier, samedi, dans un hôtel nîmois où une rencontre avec les présidents de comités de quartier était organisée. » L’espoir fait vivre…
Une candidature de plus à Pont-Saint-Esprit ? La rumeur bruisse à Pont depuis quelques semaines, notamment depuis qu’un local siglé « Le Pont que nous voulons ! » est apparu sur les allées. Ce local, c’est celui de Morad Hourfane, patron de bar spiripontain qui, allié au jeune Loïc Boiron, travaille à finaliser sa liste. Une liste qui serait, selon nos informations, proche d’être complète, et qui devrait être dévoilée la semaine prochaine. Elle s’ajouterait à celle du maire sortant Valère Segal, et à celles d’Olivier Esquer, Benjamin Desbrun et Aurélie Delwarte. Quant au Rassemblement national, il est encore aux abonnés absents dans une ville qu’il visait ouvertement lors des municipales partielles intégrales de 2024 : encore personne du RN sur le marché ce samedi, et aucune nouvelle du député Pierre Meurin. Il leur reste quatre jours avant la fin du dépôt des listes. Tic, tac…
Aurélien Rousseau : atout ou boulet ? Lundi dernier, le maire de Saint-Hilaire-de-Brethmas, Jean-Michel Perret, candidat à un troisième mandat, a commencé à dévoiler sa future équipe. Chaque jour, sur Facebook, un colistier est présenté à travers un petit portrait qui se veut léger. Pour ouvrir le bal, c’est Aurélien Rousseau qui a été choisi. Il faut le reconnaître : peu de maires du Gard peuvent se targuer d’aligner un ancien ministre de la Santé sur leur liste. Et on peut comprendre la tentation de sortir d’entrée un tel joker. Mais est-ce vraiment un si joli coup ? Fallait-il commencer par lui ? Pas sûr. Le choix a étonné, surtout pour une campagne municipale qui repose sur la proximité, la présence. Ce qui n’est pas le fort d’Aurélien Rousseau, actuellement député dans les Yvelines. Et le retour de bâton n’a pas tardé. Sur Facebook, Denis Durand résume : « Commencer la présentation de sa liste par une personne fantôme qui vient de réaliser 6 ans d’absence municipale. Ça n’annonce rien de bien pour la suite… » Attention à ce que les Saint-Hilairois ne préfèrent pas un voisin disponible à un ministre de passage…
Julien sans chaise. Julien Sanchez a choisi de bouder notre débat. Un regret pour notre rédaction, mais surtout pour les Nîmois qui étaient nombreux à suivre les échanges. Ce dimanche, on compte déjà plus de 50 000 visionnages. C’est dire… L’intérêt a même dépassé les frontières locales avec une reprise de notre débat télévisé sur quelques chaînes nationales. Sur France 5 d’abord, mercredi soir dans l’émission C à Vous. Puis vendredi soir, dans l’émission politique Quotidien qui réunit plus de 2 millions de téléspectateurs. À chaque fois un même constat : l’absence remarquée de la tête de liste RN. Et un petit clin d’œil au passage pour saluer l’impertinence d’Objectif Gard : la chaise vide laissée par Julien Sanchez était occupée par un panneau en carton à son effigie. Rappelons que cette situation ne relève en rien de notre fait. Et l’excuse utilisée pour justifier le choix de la politique de la chaise vide est surprenante, pour ne pas dire davantage. On rappelle que le dimanche, nos lecteurs assidus le savent parfaitement, chacun des acteurs politiques locaux a une place de choix, quelle que soit son appartenance politique. « Bien ou mal traité, l’essentiel, c’est d’y être, cela veut dire que l’on compte sur la scène politique », explique avec gourmandise un élu du département. Nous renouvelons donc une nouvelle fois notre invitation à Julien Sanchez. Il est le bienvenu dans notre journal, à condition qu’il en accepte les principes fondateurs de la presse libre en France.
Revoir la séquence en vidéo :
Les émissions TV @Qofficiel et @cavousf5 parlent du Club @objectifgard Spécial #Municipales2026 à #Nimes pic.twitter.com/xJBqMJufu5
— ObjectifGard (@objectifgard) February 22, 2026
Les indiscrétions politiques prennent quelques jours de repos. Mais pour revenir encore plus en forme, vous vous en doutez. Ce sera pour le dimanche 8 mars, à une semaine du premier tour des municipales… Pas besoin de vous faire un dessin. On compte sur vous !