Celle-là, ils ne l’avaient pas vue venir. « Ils », ce sont les socialistes, partisans de Denis Bouad, réunis, fin juillet, pour le lancement de sa campagne sénatoriale. Un lancement au lendemain de l’attribution de l’investiture PS au sénateur sortant, après plusieurs semaines d’attente. Ce choix du parti s’est fait contre l’avis des militants, consultés en juin dernier, qui avaient adoubé le conseiller départemental du canton de Bagnols, Alexandre Pissas. Depuis la décision du national, plus de son, ni d’image d’Alexandre Pissas. Sollicité à de plusieurs reprises, l’édile n’a pas donné suite. Même ses camarades n’ont pas de nouvelles… « S’il comptait se lancer (comme en 2021, NDLR), ça fait longtemps qu’il l’aurait fait savoir… », pensait alors un soutien de Denis Bouad.
« Ignoble et antidémocratique »
Le patron du PS du Gard, Pierre Jaumain, - qui a été élu grâce au soutien d’Alexandre Pissas - indiquait : « Je n’ai pas de nouvelles, mais il mérite le respect. Il a été candidat, il n’a pas été désigné. Je ne pense pas qu’il soit dissident. C’est une forme de déception qui s’exprime par le silence. » Un silence qui n’a pas duré longtemps… Dans la foulée du lancement de la campagne de Denis Bouad, le secrétaire de Bagnols Campagne, Michel Paillot, a pris sa plume, pour dire tout le mal qu’il pensait de la décision du parti : « C’est réellement ignoble et antidémocratique. La désignation de notre camarade Alexandre Pissas a été validée par la majorité des militants. »
Michel Paillot dévoile que le patron du parti, Olivier Faure, « a appelé Alexandre le 2 juillet, plus de 20 minutes, pour lui exprimer son indiscutable respect du vote des militants. Il n’en a rien été ! Notre parti ne va pas très bien. Cette décision va accentuer le désamour des militants… Beaucoup veulent démissionner. » Et de rappeler : « les sections de Bagnols ville et Bagnols campagne représentent un tiers des militants gardois. » Sur le vote socialiste, Denis Bouad avait réagi lors de son lancement de campagne : « Je savais que j’allais prendre une rouste. Quoi que, finalement, ça n’a pas été le cas pour quelqu’un qui n’a pas fait campagne, ni passé de coup de fil. Les statuts du parti sont ainsi, c’est la direction nationale qui décide. »
Les statuts du parti autorisent également les militants à saisir la commission des conflits. Cette action rebattra-t-elle les cartes de l’investiture ? Pas sûr. Ce qui l’est en revanche, c’est que la fronde d’une partie des militants gardois, ajoutée à la déclaration ambiguë des écologistes et à la candidature de Carole Bergeri, parasite la campagne à gauche. Reste désormais à savoir quelles seront les conséquences de ces divisions, le 27 septembre, sur le résultat du scrutin.