Publié il y a 59 min - Mise à jour le 09.08.2026 - Coralie Mollaret - 3 min  - vu 56 fois

HOMME DE L’OMBRE De ripper à directeur de cabinet, l’ascension de Cédric Marrot

Cédric Marrot, 51 ans, nouveau directeur de cabinet de Laudun

Cédric Marrot, 51 ans, nouveau directeur de cabinet de Laudun 

- Coralie Mollaret

De ripper à Valras à directeur de cabinet du maire de Laudun, le parcours de Cédric Marrot ne manque pas de surprises. Derrière cette ascension se cache une volonté constante de gagner en compétences afin d’asseoir sa légitimité.

Son parcours, Cédric Marrot le résume ainsi : « Saisir des opportunités, faire ses preuves puis relever de nouveaux défis. » À 51 ans, l’Alésien est le nouveau directeur de cabinet du maire de Laudun, Ludovic Di Rollo. Une « vieille connaissance » du syndicat CFDT. Dans cette commune de 7 000 habitants, poumon industriel du Gard rhodanien, la nouvelle équipe doit repenser la gestion des 100 agents municipaux après le règne d’Yves Cazorla. Ça tombe bien, Cédric Marrot aime les défis. Il est allé à bonne école. D’abord avec son père, Guy Marrot, ancien maire de Saint-Martin-de-Valgalgues et surtout, homme de droite en terre communiste. « Mon père m’a appris la valeur du travail. Quand j’étais jeune, il me poussait à prendre un petit boulot l’été, comme ripper à Valras-Plage », se souvient le quinquagénaire.

Son entrée dans le monde politique, Cédric Marrot la doit à Max Roustan. Un autre homme de droite qui ravit, en 1995, la mairie aux communistes. « Il m’a beaucoup formé à l’engagement politique, au militantisme », reconnaît celui qui continue de boire le café, certains matins, avec l’ancien maire, qui a depuis confié les clés de ville à Christophe Rivenq. En 1995, Cédric Marrot n’a qu’une vingtaine d’années. Il est fraîchement titulaire d’un bac technologique en comptabilité et gestion : « J’étais chargé de la préparation administrative des syndicats intercommunaux, comme ceux des déchets ou des transports urbains. » En parallèle, le jeune homme passe les concours de la fonction publique. Une manière de sécuriser sa carrière professionnelle mais aussi, quelque part, de légitimer sa présence. 

Plus « intelligence collective » que « rapport de force »

Cédric Marrot ne s’arrête pas là. « En 1995, il y avait de gros conflits sociaux et un espace syndical à prendre », raconte Cédric Marrot qui s'engage à la CFDT. Face à l’hégémonie communiste, la démarche est osée. Il est épaulé par Jean-Robert Amate avec qui « j’ai pu acquérir une meilleure connaissance du fonctionnement des institutions, du dialogue social… » Chargé de mission auprès de l’union régionale interprofessionnelle du syndicat, son souvenir le plus fort restera la menace de fermeture de l’hôpital d’Alès, en 1997 : « C’était mon premier vrai combat. La mobilisation générée avait été très importante. Les commerçants avaient tous tiré leur rideau. » De 2016 de 2026, Cédric Marrot prend la fonction de secrétaire départemental CFDT : « Je crois en la valeur du travail. Je reste convaincu qu’il n’y a pas d’entreprise sans salariés. Mais je crois aussi au dialogue et à l’intelligence collective dans le dialogue social plus qu’au rapport de force. »

Totalement déchargé de la mairie pour œuvrer au sein du syndicat, Cédric Marrot a été élu, en mars dernier, président du conseil d’administration de la Carsat (Caisse d’assurance retraite et de la santé au travail) : « Là-aussi une opportunité s’est présentée, je l’ai saisie. J’ai été poussé par l’ancienne présidente, Marie-Martine Limongi. » Au-delà du paiement des retraites, le rôle de la Carsat vise à favoriser le bien vieillir, en finançant des actions comme l’accompagnement des centres sociaux, l’extension de maisons de retraite… Toujours dans le volet social, Cédric Marrot est aussi administrateur des Logis cévenols et de la Caf du Gard, ce qui lui permet d’apporter son expérience au sein des conseils d’administration respectifs, tout en ayant une vision du territoire et de l’avancement des projets.

À Laudun, les Alésiens en force ?

Depuis les dernières élections municipales, sa fonction de directeur de cabinet à Laudun-l'Ardoise lui permet de mettre en perspective ses connaissances. De leur donner, un sens nouveau. Une fois encore, Cédric Marrot a choisi de se former en obtenant le diplôme de l'École nationale des directeurs de cabinet. Cette nouvelle qualification vient s'ajouter à celle de secrétaire de mairie, un autre cursus que l'Alésien avait déjà suivi. Auprès du maire, le collaborateur ne manquera pas de travail : la révision des conditions de travail des quelque 100 agents municipaux, qu'il s'agisse du temps de travail ou du régime indemnitaire. Dans cette mission, il sera épaulé par la nouvelle directrice générale des services, ancienne responsable des ressources humaines d'Alès Agglomération. À Laudun, l'accent alésien n'a pas fini de se faire entendre.

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