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Publié il y a 2 mois - Mise à jour le 30.11.2022 - Corentin Migoule - 3 min  - vu 1063 fois

EXPRESSO Discret sur le plan médiatique, le maire de Vézénobres se "mouille" pour l'aérodrome de Deaux

Sébastien Ombras

Le maire de Vézénobres n'autorisera "pas tout et n'importe quoi" dans le dossier de l'aérodrome de Deaux qui concerne aussi sa commune. (Photo Corentin Migoule)

D'ordinaire discret sur le plan médiatique, Sébastien Ombras, maire de Vézénobres, prend position dans l'épineux dossier de l'aérodrome de Deaux que projette de céder la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) du Gard.   

On l'appelle communément "l'aérodrome de Deaux". Mais ce site, créé au mitan des années 70 par la CCI du Gard, s'étale sur une quarantaine d'hectares, dont quinze appartenant à la commune de Vézénobres. Depuis quelques mois, dans un contexte l'invitant à l'austérité économique, la chambre consulaire projette de se séparer de cet outil ouvert à la circulation aérienne publique.

C'est dans cette optique qu'elle a lancé un appel à projets, lequel s'est clôturé en septembre dernier. Quatre candidats se sont manifestés, dont deux souhaitant abandonner toute activité aéronautique au profit d'une installation de panneaux photovoltaïques. Soit ! Directement concerné par cette vente en qualité de maire de Vézénobres, Sébastien Ombras, habituellement discret sur le plan médiatique mais ô combien actif pour le devenir de sa jolie cité médiévale en pleine expansion (*), a peu goûté à l'opacité de la démarche entreprise par Éric Giraudier. 

Sébastien Ombras
Le maire de Vézénobres n'autorisera "pas tout et n'importe quoi" dans le dossier de l'aérodrome de Deaux qui concerne aussi sa commune. (Photo Corentin Migoule)

"Avec Didier Salles (le maire de Deaux, NDLR) avec lequel je m'entends très bien, on est très attentifs à ce que va devenir l'aérodrome. Et on n'a pas apprécié la façon dont s'est comporté le président de la CCI et le fait d'apprendre presque par inadvertance qu'il y avait eu un appel d'offres", déplore l'édile vézénobrien. Et d'ajouter : "On a eu qu'une seule rencontre avec le président de la CCI. Il devait nous tenir informés de la société choisie. À ce jour, je ne connais ni son nom ni son objectif précis."

En attendant d'être "dans la boucle", Sébastien Ombras veille au grain et prévient : "J'ai un PLU (plan local d'urbanisme, NDLR) qui est clair (il a été révisé en 2016, NDLR). Je n'autoriserai pas tout et n'importe quoi sur la partie qui concerne Vézénobres. Ça ne veut pas dire qu'on est contre tout, mais on veut participer aux discussions."

Le message est passé. Sera-t-il entendu par le président de la CCI ? D'autant que le maire de Vézénobres n'est pas hostile à la nouveauté et pourrait être un partenaire de choix dans l'élaboration du futur projet. "Est-ce qu'il y a une utilité de conserver cette activité aéronautique ? Depuis les années 70, on ne peut pas dire que la partie aéronautique de cet aérodrome ait prouvé son utilité pour le territoire, ni sur le plan touristique, ni sur le plan économique", reconnait en effet Sébastien Ombras.

"On dirait un aédrodrome de brousse"

"Mais ça ne veut pas dire qu'on ne peut pas en amener dans les années futures", enchaîne-t-il, avec de la suite dans les idées. À ses yeux, l'aérodrome de Deaux aurait été jusqu'alors "sous-utilisé" et un meilleur usage du site serait à envisager. "La CCI n'a rien fait depuis des années. On a quand même une piste de 1 400 mètres en enrobé. C'est énorme !", fait-il savoir. La plateforme dispose aussi d’un pélicandrome pour accueillir les appareils de lutte contre les incendies ce qui, après un été particuièrement dévastateur en la matière, ne serait pas délirant.

Pour redynamiser un aérodrome vieux de 50 ans, Sébastien Ombras ne manque pas d'entrain. "Il faut y amener des activités économiques autour pour le faire vivre. Il y a tous les réseaux, l'eau, l'assainissement et électricité. Là on dirait un aédrodrome de brousse", se désole-t-il. Située juste en face, à un jet de pierre de l'aéroclub, la zone d'activités dite "La Bausse" se tient par exemple prête à accueillir des entreprises, à l'image de l'alésienne NaïtUp qui envisage de s'y établir début 2024. 

"Ce dont je suis sûr..."

Quoi qu'il en soit, celui qui n'a "pas d'autres ambitions que Vézénobres", son "seul mandat", ne sacrifiera pas ses terres sur l'autel de l'économie. Et préservera toujours les intérêts de ses habitants. "Attention, on n'acceptera pas non plus un projet générant des nuisances pour les riverains comme c'était le cas avec les parachutistes ! (au mitan des années 2010, l'école de parachutisme de Nîmes avait investi l'aérodrome avant qu'un collectif de riverains n'obtienne son départ, NDLR)", enfonce le salarié du Pôle environnement urbain d'Alès Agglomération.

Plus récemment, l'aérodrome a parfois pris des airs d'annexe du Pôle mécanique en accueillant des essais automobiles sans que les élus des deux communes concernées n'en soient informés. Didier Salles s'en était d'ailleurs agacé... Dans l'attente du choix définitif de la CCI, Sébastien Ombras se réveille ce mercredi matin avec une certitude : "Ce dont je suis sûr, c'est que si on ferme l'activité aéronautique, on n'ouvrira jamais un autre aérodrome sur le bassin alésien. On a bien vu la difficulté pour trouver un terrain afin d'installer la prison (qui a finalement filé à Nîmes, NDLR).."

(*) Le Fait du jour de demain, jeudi, sera consacré aux grands travaux entrepris par la municipalité de Vézénobres pour continuer d'embellir une cité médiévale de "caractère" en pleine expansion.

Corentin Migoule

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