Publié il y a 1 h - Mise à jour le 09.02.2026 - Propos recueillis par Abdel Samari - 19 min  - vu 178 fois

FAIT DU JOUR Municipales 2026 Vincent Bouget : "Plus on partage le pouvoir, plus on le rend aux habitants"

vincent bouget jardins fontaine

Vincent Bouget, tête de liste Nîmes en commun

- @Yannick Pons

"On a le sentiment que le travail qu'on a réalisé tous ensemble depuis plusieurs mois porte ses fruits."

Dans le cadre des élections municipales à Nîmes, Objectif Gard vous propose une série d'entretiens chaque lundi avec les principaux candidats. L’occasion d’en savoir plus sur le projet, les ambitions et l’équipe de la personnalité qui se rêve maire de Nîmes. Deuxième invité après Franck Proust lundi dernier : le candidat de l'union de la gauche, Vincent Bouget.

Objectif Gard : Vous êtes le candidat de l’union de la gauche à Nîmes. Qu’est-ce qui a rendu cette union possible cette fois-ci ?

Vincent Bouget : En réalité, depuis 2021, l'ensemble des partis de gauche travaillent ensemble, on se connaît. Et puis il y a eu les législatives de 2022 d'abord, mais aussi 2024, avec la volonté de se retrouver pour empêcher la prise de pouvoir de l’extrême droite. Mais je crois que ce qui a solidifié ce rassemblement, c'est la volonté de faire autrement que d'habitude. C'est-à-dire d'éviter tout accord d'appareil, de nous tenir assez éloignés des conflits nationaux, des postures. Et la méthode que j'ai proposée, c'est-à-dire prendre du temps pour écouter les Nîmois, les faire débattre entre eux de l'avenir de la ville. Cela a permis à la fois d'écouter les Nîmois, mais aussi de créer un collectif bien plus large que les partis politiques qui le soutiennent aujourd'hui. Et qui s'est créé aussi un vécu commun. Et tout ce qui pouvait apparaître comme des différences parfois surjouées, c'est devenu plutôt des enrichissements. Tout le monde s'est retrouvé en confiance. Et petit à petit, c'est devenu presque une évidence.

En quoi votre candidature se distingue-t-elle des précédentes tentatives de rassemblement à gauche à Nîmes ?

Parce que nous, c'est une petite partie du problème, au-delà de nous, on s'est aussi rendu compte que les Nîmois, ils avaient besoin de passer à autre chose.

vincent bouget bureau 2026
Vincent Bouget durant l'interview avec Objectif Gard • @Yannick Pons

À quel moment précis vous êtes-vous dit : « je peux être maire de Nîmes » ?

Aujourd'hui, évidemment, je me le dis et je l'intègre. Mais l'ambition, ce n'est pas d'être maire pour être maire. Ce n'est pas une histoire individuelle ni personnelle. Moi, je suis une personne engagée depuis longtemps. Mon ambition, c'est que les choses aillent mieux, que les gens vivent mieux, qu'on trouve des solutions et qu'on s'adapte. En tout cas, qu'on relève les défis qui sont devant nous, qu'on retrouve à la fois de l'unité dans cette ville, que la vie soit plus douce, que les enfants grandissent plus sereinement.

Mais à la fois, quand même, le pouvoir isole. À un moment donné, les décisions, c'est vous qui devriez les prendre.

Franchement, je ne me pose pas cette question. C'est vrai. Je ne me suis jamais posé cette question-là. Même quand je suis devenu élu au Conseil départemental. Ce n'est pas mon sujet. Moi, je considère que plus on partage le pouvoir, plus on le rend aux habitants. Et notre ambition, c'est de rendre le pouvoir ni plus ni moins. Cela étant, je vous rassure, je saurais prendre des décisions. 

Qui a été la première personne à qui vous avez annoncé votre candidature ?

Il a fallu évidemment en parler à la maison, mais c'est la continuité. Cela n'a pas fait l'objet d'une discussion. S'il y avait eu des obstacles personnels ou dans ma famille, évidemment, j'aurais réfléchi. Mais là, c'est plus la continuité d'un engagement avec plein de personnes qui s'engageaient avec moi depuis maintenant dix ans.

Vous y allez par devoir ?

Non, j'y vais parce que je suis à la place à laquelle les gens aussi m'ont reconnu et m'ont mis.

Diagnostic de Nîmes

Quel est selon vous le principal problème de Nîmes aujourd’hui ?

Aujourd'hui, on arrive à la fin d'une séquence et on voit les difficultés. On voit une ville qui stagne dans son développement. On voit une ville qui est pleine de blocages, de difficultés. Elle est fracturée, divisée. Et en même temps, il y a dans cette ville, et je mesure tous les jours, beaucoup d'initiatives, beaucoup d'énergie individuelle, beaucoup d'entreprises qui font du bon boulot, beaucoup d'associations qui se battent au quotidien. Et je trouve que le pouvoir, le système majoritaire actuellement, en fait, s'est isolé, a gouverné de façon clanique et a empêché la ville de se libérer. Et notre volonté, ma volonté, c'est de rendre cette ville plus libre et de rendre ses habitants plus libres et plus unis. Et demain, faire en sorte qu'on rende le pouvoir aux habitants et qu'on leur reconnaisse à nouveau une dignité.

Comment allez-vous apporter aujourd'hui une réponse aux maux que vous décrivez ?

La difficulté de Nîmes, c’est de trouver une place dans la région, dans l'espace méditerranéen. C'est pour ça que nous, notre volonté, c'est bien de refaire de Nîmes une ville pleinement méditerranéenne. Une ville qui compte, et dans laquelle chacune et chacun compte. Je le disais, on est une ville populaire. Au bon sens du terme. On parle beaucoup de notre passé romain aujourd’hui, souvent pour la carte postale. Bien sûr, on est fiers de nos monuments romains. Mais notre histoire, c’est aussi une ville populaire, qui s'est construite avec de l'industrie, avec du petit commerce, et on sait que pour s'en sortir, pour se développer, il va falloir qu'on fasse ensemble. Et ne pas attendre, comme ça a été trop fait, l'idée que d'un seul coup, c'est par l'extérieur, ou par l'arrivée de telle ou telle grande entreprise, qu'on va mieux faire. Je trouve que la majorité actuelle n'a pas suffisamment confiance, n'a pas eu suffisamment confiance dans les atouts et les ressorts de cette ville. Et il y en a beaucoup, à la fois dans les quartiers, avec sa jeunesse, dans le monde associatif. On a une histoire, par exemple, forte avec l'économie sociale et solidaire, qui n'est pas assez exploitée. On a la chance d'avoir une université, et même plusieurs, avec l'université de Montpellier, l'IUT, etc. Bref, on a un potentiel, on a des pépites, d'un point de vue industriel. On a de quoi faire. Et c'est avec tout cet écosystème-là, avec nos ressources, qu'on va pouvoir se développer.

Cette forme d'espoir qui se lève à Nîmes avec votre candidature. N’avez-vous pas peur finalement de faire des déçus ?

C'est toujours le cas. Déjà, on voit effectivement qu'il y a quelque chose dans les yeux qui brille à nouveau. On a le sentiment que le travail qu'on a réalisé tous ensemble depuis plusieurs mois porte ses fruits. Quand on a ouvert la possibilité aux échanges, les habitants de cette ville se sont engouffrés là-dedans. Ils ont besoin d'être reconnus, d'avoir leur place dans les destinées de cette ville. Et le 22 mars, quand on sera élu, l’histoire ne fait que commencer. Et l'enjeu, c'est de continuer dans la lignée, à la fois dans la participation et dans la capacité d'action. Je sais qu’il va falloir qu'on se batte, que ça ne sera pas simple. Mais on ne fait pas de promesses en l’air. On a un programme qui s'articule sur ces trois grands engagements...

Programme et priorités

Votre principal opposant, Franck Proust, regrette votre absence de programme. Peut-être que ce n'est pas suffisamment clair… Si vous êtes élu, quelles seront vos trois premières mesures ?

Pour nous, c'est évident, ce projet se concrétise dans un certain nombre d'actions et notre programme est très fourni sur des actions très concrètes qui sont destinées à changer concrètement la vie des gens. Dans la première partie du mandat, on va avoir un certain nombre de dossiers. D'abord, il va falloir qu'on prépare la rentrée scolaire pour que les enfants qui rentrent en septembre, rentrent dans de bonnes conditions. Et je dirais même qu'il va falloir s'occuper de la sortie scolaire. Ensuite, il va falloir préparer cet été. Notre ambition, c'est de permettre chaque année à un millier d'enfants de partir en vacances parce qu'on sait que quand on part en vacances, quand on sort de la ville, on se crée une expérience de vie. Il y a la question des Halles de Nîmes, sur lesquelles il va falloir faire des propositions pour sécuriser les commerçants, et puis faire en sorte que les Halles de Nîmes gardent leur âme. Il faut qu'on trouve des solutions, et on a des pistes, nous, pour permettre aux étaliers, tels qu'ils sont, de rester dans les Halles. Et même d'avoir davantage de pouvoir dans l'organisation même des Halles. L'objectif c'est de partager aussi le pouvoir, et d'agir avec eux.

vincent bouget bureau 2026
Vincent Bouget durant l'interview avec Objectif Gard • @Yannick Pons

Et une troisième initiative ?

C'est lié, on va lancer dès cette année, un plan de végétalisation partagée. L'objectif c'est que dès le mois d'avril, on engage avec l'ensemble des habitants de cette ville, pour savoir comment on projette ce plan sur toute la ville. Les Nîmois doivent s'emparer de ce sujet-là, et nous disent les endroits, la façon de faire. Un diagnostic sur toute l'année 2026, pour engager dès 2027 la transformation effective. Face au réchauffement climatique dans 20 ans, si on veut qu'ils fassent de l'ombre dans 15 ou 20 ans, il faut planter des arbres maintenant.

Comment comptez-vous agir sur le pouvoir d’achat à l’échelle municipale ?

D'abord, il y a une situation sociale qui est préoccupante, et à Nîmes, on l'a dit, il y a une paupérisation, et on voit beaucoup de gens qui ont du mal à finir la fin de mois, et on ne peut pas bien vivre dans sa ville si on ne peut pas sortir parce qu'on est empêchés économiquement de le faire. Donc c'est un vrai sujet, et en même temps, les finances de la ville et de l'agglo sont aussi en difficulté, parce qu'on verra, et on l'a montré, que la dette est très forte. Donc dire qu'on va baisser les impôts, alors que dans le même temps, les contraintes financières qui pèsent sur les collectivités sont de plus en plus fortes...

Vous envisagez d’augmenter les impôts ?

Il n'y aura pas d'augmentation des impôts dans un premier temps. Tout dépendra de la situation que l’on découvrira. Mais on le sait, la fiscalité locale est déjà trop haute. En revanche, on peut rendre du pouvoir d'achat, permettre aux gens de vivre mieux, par un certain nombre de décisions municipales. Je l'ai dit : quand on fait partir des enfants en vacances, et qu'on prend en charge leurs vacances, quand on fait la gratuité des bibliothèques et des musées pour tous les Nîmois, quand on travaille sur les tarifs des transports, et notamment en commençant par les scolaires. Et puis après, c'est tout ce qu'on va apporter comme service public, dans les quartiers, un petit peu partout, qui doit permettre demain d'avoir davantage d'épiceries solidaires, de lieux publics pour régler un certain nombre de sujets.

Logement, transports, écologie : quel est le chantier le plus urgent selon vous ?

La question du logement est extrêmement pesante dans cette ville, parce qu'il y a trop peu de gens qui arrivent à se loger dans le logement social, parce qu'on n'est même pas au seuil légal aujourd'hui alors que 65% des Nîmois seraient éligibles au logement social. Donc, on a besoin de construire du logement social, de construire de l'accession à la propriété aussi, et puis on voit un certain nombre de logements qui aujourd'hui sont indignes, donc on a besoin de travailler sur la rénovation des logements, mais dire qu'on va le faire tout de suite, c’est impossible...

Avez-vous un projet emblématique qui incarne votre vision pour Nîmes ?

Évidemment, il y aura des équipements qui peuvent être structurants, comme la construction d'un conservatoire digne de ce nom, pas à l'endroit où il est aujourd'hui. Pour permettre à l'université de continuer à se développer sur le site des Carmes. Il y aura des rénovations de bâtiments, notamment d'infrastructures sportives et culturelles. On pense au stade des Costières, au théâtre, à un certain nombre d'équipements sportifs dans les quartiers. Il faut un changement de vision et de perception de l'action municipale, et travailler à l'échelle de tous les quartiers et d'avoir un traitement égalitaire pour tous, au plus près des habitants, au plus près de leur vie, leur cadre de vie et leur façon de vivre. C'est pour ça qu'on a ce plan de végétalisation partagé qui doit s'incarner très concrètement. Ici par une allée plantée, ici par une place renaturée, etc. Et puis qui s'incarnera aussi dans ce qu'on appelle les places communes, c'est-à-dire des endroits où on va retrouver ici un local associatif partagé peut-être avec le comité de quartier, un espace ombragé pour permettre aux enfants de se retrouver après l'école, un jardin partagé pour permettre aux associations de retrouver un espace pour accueillir les enfants ou les personnes plus âgées, bref, des lieux de vie dans la proximité qui nous permettent de nous réunir. Je veux travailler au quotidien pour redonner de la considération à l'ensemble des habitants.

Tous ces projets, faut les amortir aussi financièrement…

C'est ça, et quand on fait le choix d'un Palais des congrès à 60 millions d'euros, on peut discuter de l'opportunité de ce choix, mais quand on fait ce choix-là, on fait le choix de ne pas faire autre chose.

Sécurité et tranquillité publique

Pensez-vous que la politique actuelle de sécurité est efficace ?

Manifestement, ça ne suffit pas, puisque la solution d'avoir une police municipale très fournie, une des plus fournies de France, et un parc de vidéosurveillance les plus fournis de France, ne suffit pas à enrayer un certain nombre de difficultés. Il ne s'agit pas de dire que la police municipale doit tout faire. Je pense qu'il faut exiger aussi davantage de moyens pour la police et pour la justice pour traiter les cas notamment liés aux trafics de drogue.

Comment concilier prévention, présence humaine et fermeté quand c’est nécessaire ?

On a besoin d'une police municipale qui soit au plus près des habitants. Il faut faire en sorte d'avoir de la prévention, de la présence humaine, et à la fois aussi de la fermeté quand c'est nécessaire. Quand c'est nécessaire, il faut sanctionner. Et ça, la police nationale, elle le fait. Il faut des référents par quartier. Il faut recréer le lien avec la population. Parce que c'est ça, la police municipale. Il ne s'agit pas de la désarmer. Mais il faut recréer un lien de confiance avec la population. Et à côté de ce dispositif, trouver aussi les actions de prévention, les actions de médiation qui permettent d'accompagner les familles, les enfants quand ils sortent de l'école. C'est la question d'avoir un temps périscolaire renforcé pour permettre aux enfants de ne pas décrocher. Parce que quand on arrive à faire que les enfants ne décrochent pas scolairement quand ils trouvent une formation, quand ils trouvent un stage, quand ils trouvent une alternance, ils sont moins sujets ou victimes de la délinquance. C'est d'ailleurs un de nos engagements.

Vous avez une proposition en ce sens : aucun jeune sans solution. Comment cela fonctionne ?

Nous devons nous occuper collectivement de nos enfants et de nos petits-enfants. Quand on dit aucun jeune sans solution, c'est à la fois pour des questions économiques, pour des questions sociales, mais c'est aussi pour permettre à tout le monde de vivre tranquillement. Parce que l'on sait que quand les gens n'ont pas de perspectives, quand ils n'ont rien à faire, ils sont des victimes toutes désignées pour les trafics.

Développement économique et délégataires

Pourquoi Nîmes peine-t-elle toujours à créer des emplois durables ?

Parce qu'on ne s'en est pas occupé comme ça. Parce qu'on travaille au coup par coup, à l'opportunité, parce qu'on considère qu'il faut s'inscrire dans une compétition aux aides à l'installation d'entreprises qui viendraient de l'extérieur et qu'au final, on finira toujours par perdre, parce qu'il y aura toujours plus riche que nous à côté. Donc, si on veut créer de l'emploi durable, l’objectif, c’est de renforcer les acteurs économiques qui sont déjà présents. C'est comme ça qu'on renforce l'emploi durable. C'est permettre aux boîtes qui sont là de trouver un écosystème favorable, de créer des liens, de créer des clusters avec de la formation, de créer des incubateurs qui permettent de développer de nouvelles fillières. Comment expliquer que des entreprises naissent ici mais ne trouvent pas de capacité de développement. Deux ans plus tard, elles vont s'installer à Montpellier ou à Avignon, comme ça a été le cas ces dernières années. Comptons d'abord sur nos propres forces, notre propre écosystème et faisons de l'université aussi un acteur encore plus important. Pendant tout le mandat, le président Proust nous a dit « l'enseignement supérieur, ce n'est pas ma compétence ». Et je disais, mais l'enseignement supérieur, c'est le développement du territoire, c'est le développement économique. Et on sait aujourd'hui qu'avec l'économie de la connaissance, c'est un atout important d'avoir une université. Que ce soit l'université de Nîmes, mais aussi l'université de Montpellier. Ça pourrait être un modèle économique à 10 ans. Il faut le faire patiemment, c'est pour ça que nous avons proposé la création d'une agence de développement économique pour mettre tout le monde autour de la table, parce qu'on voit que chacun fonctionne en silo, que les gens ne se parlent pas forcément et que, encore une fois, seul on n'y arrivera pas, isolé on n'y arrivera pas. Ça ne nécessite pas forcément beaucoup de moyens, ça nécessite la volonté de mettre tout le monde autour de la table, ça c'est le rôle du politique. Et donc on peut effectivement créer des filières qui soient des filières un peu propres à nous.

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Vincent Bouget durant l'interview avec Objectif Gard • @Yannick Pons

Concrètement, vous avez une idée en tête ?

On est une ville qui doit devenir un point d'excellence dans l'adaptation au changement climatique. On a tout ici pour le montrer. C'est la question du risque, c'est aussi la question de la sécurité civile sur l'aéroport, qui est effectivement une piste de développement possible.

Une mairie de gauche peut-elle être favorable aux entreprises sans renier ses valeurs ?

Je rencontrerai des entrepreneurs. Il y en a des grands, il y en a des plus petits, il y a des auto-entrepreneurs. Je rencontrerai aussi des salariés. Nous voulons que tout le monde puisse avoir un travail, une activité, pour qu'il puisse vivre dignement de son travail. Et donc, il faut pour cela qu'il y ait des entreprises. Moi, j'ai envie qu'il y ait des entreprises qui se développent, des entreprises dans lesquelles des salariés peuvent s'épanouir, dans lesquelles des jeunes peuvent apprendre un boulot. Donc, notre boulot, c'est de mettre tout le monde ensemble. Et encore une fois, on n'a pas de leçon à recevoir de la droite, de ce point de vue-là. Aujourd'hui, quand je vois autour de moi des villes comme Montpellier, Marseille ou même Avignon. Chez notre voisin, il y a plus d'emplois que d'actifs qui habitent. C'est-à-dire qu'Avignon attire en termes de travail. Nîmes, c'est l'inverse. Il y a plus d'actifs que d'emplois. Donc, tous les jours, il y a des Nîmois qui partent travailler ailleurs, ce qui n'est pas un signe de bonne santé économique pour le territoire. Ce bilan, c'est l'équipe en place. C'est la droite.

Un mot sur votre vision des régies municipales. Vous allez revenir en arrière ?

Il y a à la fois les biens communs comme l'eau, dont on se dit qu'elle devrait échapper à tout intérêt particulier. L'eau, ce n'est pas une marchandise. On a besoin de l'eau pour vivre comme on a besoin de l'air pour vivre. On ne vend pas de l'air. La question se pose sur l'eau. Mais en même temps, on est très pragmatique. On sait que la délégation de services publics, on va avoir beaucoup de difficultés à en sortir. Il va falloir travailler dans le nouveau cahier des charges à avoir de la transparence dans la gestion, à s'assurer de l'approvisionnement, à sécuriser l'approvisionnement et la qualité de l'eau, et à trouver un mode de tarification qui soit le plus favorable aux habitants de cette ville, notamment aux plus fragiles.

Sur les transports ?

Sur la question des transports, c'est une question. Aujourd'hui, et ce n'est même pas moi qui le dis, c'est qu'un certain nombre de gens considèrent que les services de transport de la Ville ont été tellement développés qu'ils pourraient presque se passer d'un délégataire. Moi, je ne dis pas que c'est une absolue nécessité aujourd'hui. Cependant, l'ambition sur les transports, c'est d'abord quand même, au-delà du principe de savoir si c'est une régie ou une délégation, c'est que le service soit bon et que la tarification soit juste. Donc il faut qu'on travaille sur les amplitudes horaires et il faut qu'on travaille sur la tarification, notamment pour les jeunes.

Face au modèle économique de ce marché transport qui a été négocié au prix juste, est-ce que le délégataire va accepter ?

Ce sera l’objet de négociations et des amendements au contrat. On le verra. Moi, je note quand même, qu'avant de partir, l'exécutif en place aujourd'hui a signé un certain nombre de reconductions de délégations sur des durées qui ne sont pas acceptables car elles engagent les mandats qui arrivent. C'est le cas notamment pour les monuments romains avec un délégataire... Moi, je considère aujourd'hui que le contrat n'est pas complètement rempli.

Vous le remettrez en cause aussi ?

Le délégataire n'a pas effectué son travail. Donc il n'y a pas de problème pour le remettre en cause. D’autant que les monuments romains sont un bien commun. Il y a des modèles qui marchent comme l'établissement public de coopération culturelle. Je suis membre de l'administration du Pont du Gard. On est capable de faire cela à Nîmes aussi. Et ça sera peut-être plus simple de gérer tout ça en EPCC avec le musée de la Romanité pour avoir une cohérence d'action notamment sur le parcours touristique. Et sur l'appropriation. Parce que l'inscription à l’Unesco de la Maison carrée, ce n'est pas un label touristique. C'est aussi un bien commun de l'humanité. L’Unesco, c'est la culture, la science et l'éducation. Et on doit pouvoir faire en sorte que les Nîmois se réapproprient tout cela.

L'avenir du Nîmes Olympique

Enfin, parlons du Nîmes Olympique qui traverse cette campagne municipale. Est-ce que vous ne faites pas rêver les supporters nîmois en leur promettant un retour au stade des Costières alors que peut-être que les finances de la ville ne le permettront pas ?

Cette histoire du Nîmes Olympique, elle symbolise tout ce qu'il ne faut plus faire. On a commencé par un mensonge. On a menti aux habitants de la ville en disant que le stade des Costières était en train de s'effondrer selon un rapport que personne n’a jamais lu. Deuxième problème, c'est la privatisation au profit d'intérêts particuliers d'un bien public. C'est aussi très emblématique de la gestion de la droite, qui a voulu faire, d'un bien public, des profits pour un privé.

Mais est-ce que vous ne l'auriez pas fait, M. Bouget ? À l’époque, le grand projet de Rani Assaf plaisait à tout le monde…

Non, pas dans ces conditions. Le choix qui a été fait, ça a été le choix de tout vendre. Et aujourd'hui, on est obligé d'acheter le stade des Antonins et le Domaine de la Bastide. La majorité municipale, s'est liée les mains avec Rani Assaf et nous oblige aujourd'hui à sortir le carnet de chèques. Elle n'a rien sauvé du tout. Elle fait juste un chèque avec l'argent du contribuable Nîmois.

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Vincent Bouget, tête de liste Nîmes en commun • @Yannick Pons

Demain peut-être, vous allez hériter de cette situation. Et de ces deux nouveaux équipements. Vous allez faire quoi ?

Aujourd'hui, ce stade, en réalité, s'il est temporaire, c'est qu'il y a un certain nombre de sujets quand même. Il y a un problème d'accessibilité. Chaque soir de match, il y a des coupures à la circulation. Il n'y a pas de parking non plus. Donc moi, je ne pense pas que ce stade-là soit un outil de développement d'un sport.

Donc vous allez détruire le stade des Antonins après 2032 ?

Non, on ne le détruit pas. Franck Proust dit aujourd'hui qu'il y aurait des acheteurs pour l’infrastructure démontable du stade. Bon, après, il a dit beaucoup de choses et il a beaucoup menti dans cette histoire. Ensuite, rien ne dit qu'il ne faudra pas le démonter en 2032 quand même. Donc ce stade-là, on ne peut pas aujourd'hui faire des prévisions sur le long terme.

Dans l'intérêt des finances de la ville, est-ce qu'il n'y a pas un intérêt à négocier avec la préfecture pour conserver après 2032 l’équipement ?

Il faut qu'il soit vraiment utile dans la durée. Si on sait qu'il n'est pas utile dans la durée et qu'il y a un acheteur pour le vendre, il faudra peut-être le vendre.

Et installer l’équipe première du Nîmes Olympique au stade des Costières rénové ?

D'abord, l'urgence pour le club et donc lui permettre de continuer à vivre, c'est d'abord la rénovation de la Bastide, qui est très abîmée. Et ensuite, on va rénover les Costières, petit à petit. Parce qu'en National 2, on n'a pas besoin de faire une rénovation d'ampleur. Au cours du mandat, avec des subventions qui peuvent venir d'ailleurs aussi, on va rénover un équipement pour qu'il soit utile au club et aussi à d'autres associations sportives. Mais il peut y avoir un autre projet, avec un investisseur privé demain qui veut bien porter les investissements. On aura la capacité de faire ce qu'on appelle un bail emphytéotique.

Union de la gauche : forces et limites

Comment fait-on cohabiter des sensibilités différentes dans une même équipe municipale ?

En travaillant et en étant au plus près de la population comme on le fait depuis plus d'un an. Et c'est en réalité ce qui se passe. Et aujourd'hui, des gens dont on pouvait penser qu'ils n'allaient pas forcément être d'accord sur tout, non seulement travaillent, mais partagent les mêmes idées, proposent les mêmes choses. Donc on est sortis des postures des uns et des autres, et aujourd'hui on a créé ce collectif qui est largement ouvert.

Y a-t-il des lignes rouges entre partenaires de l’union ?

Personne n'a posé de lignes rouges.

Que répondez-vous à ceux qui parlent d’une union de transition qui sera forcément affectée entre les deux tours par LFI ?

C'est pas du tout l'objet. L'objet, c’est de construire quelque chose différemment dès le départ, un espace citoyen dans lequel sont venus soutenir tous les partis politiques qui le voulaient. Il y a dans cet espace des gens qui faisaient partie de la France Insoumise, qui se sont fait suspendre depuis. Mais il y a sans doute dans cet espace beaucoup de gens qui se reconnaissent, qui ont pu voter pour la France Insoumise. Notre ambition, c'est de faire un très bon score au premier tour. C'est une des conditions de la victoire demain.

Est-ce que LFI, c'est la même chose en local qu’au niveau national ?

LFI travaille sur des stratégies nationales, y compris la direction de la France Insoumise localement. Elle est sur un calendrier et une stratégie nationale qui n'est pas la nôtre. Moi, je n'ai pas d'ennemis à gauche. Mon ennemi, c'est l'extrême droite et je ne transigerai sur rien par rapport à ça.

Face à la majorité sortante

Quel est selon vous le principal échec de la municipalité actuelle ?

Je crois que son échec, c’est l'incapacité à porter une vision de l'avenir. On a continué à reculer sur nous-mêmes, à s'isoler, contrairement à ce qu'il dit, de tout un environnement extérieur. Je pense qu'on sera sur un projet radicalement différent de ce qui a été fait pendant 25 ans.

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Vincent Bouget, tête de liste Nîmes en commun • @Yannick Pons

Sur quel sujet êtes-vous en rupture totale avec le maire sortant ?

La ville et les élus doivent être aux côtés des habitants de cette ville, notamment des structures associatives, des comités de quartier, et il doit y avoir des budgets participatifs, nous prévoyons dans le programme. Il faut une refonte des conseils de quartier pour qu'il soit plus démocratique et qu'il ne soit pas simplement l'annexe du budget voirie. Et puis, sur un certain nombre de sujets, je l'ai dit, il y a des initiatives qui existent et qui, quelquefois, se font contre ou sans les élus de la ville.

Qu’est-ce que vous feriez radicalement différemment ?

Nous, notre volonté, ça sera de faciliter ces initiatives et de libérer les énergies. Demain, on l'espère, en tout cas, on va réinventer la démocratie dans cette ville...

Questions-réponses rapides

Quelle critique vous touche le plus quand on parle de vous — et pourquoi ?

Systématiquement, on ramène mon parcours à mon étiquette communiste ! Mais en même temps, je n’en ai pas honte non plus, de l'étiquette... Je crois que dans cette ville, il y a beaucoup de gens qui ont connu, soit dans leur famille, soit dans leurs amis, des militants, ou des adhérents du parti communiste, et que globalement, l'image qu'ils ont, c'est plutôt de gens honnêtes, sérieux, travailleurs, et ouverts aux autres.

Y a-t-il un endroit de la ville où vous allez quand vous avez besoin de souffler ?

Historiquement, même si maintenant je suis un peu éloigné, ce sont les Jardins de la Fontaine. Un lieu formidable, sans doute pas assez bien entretenu ou mis en valeur, mais ce jardin public de presque 300 ans maintenant, mérite mieux.

Quel quartier vous ressemble le plus ?

C'est une bonne question ! Peut-être la Placette. Parce que je trouve que c'est un endroit qui est mélangé, qui est à la fois populaire, plein de vie, inscrit dans l'histoire de la ville, et dans laquelle on se sent bien, puisque c'est l'endroit où j'ai fait ma première année de scolarité à l'école de la rue Bec de Lièvre à Nîmes. Mais après, le quartier Jean Jaurès a été le mien quand j'étais enfant, j'habite maintenant, dans le quartier de Grézan. En fait, j'ai l'impression de me sentir bien partout dans cette mosaïque de quartiers.

Quel Nîmois ou quelle Nîmoise aimeriez-vous convaincre en priorité ?

Moi, je pars du principe qu’il faut parler à tout le monde. Je prends plaisir à échanger avec tout le monde, et de la même façon. Un des sens de mon engagement politique, c'est de considérer que quelle que soit sa profession, son origine, son quartier de résidence, son niveau de revenu : la personne qui est en face de moi, compte de la même façon.

Si vous perdez, qu’est-ce que vous ferez ? C’est votre dernière candidature pour Nîmes ?

Je ne me projette pas du tout dans l'après, je suis très concentré, très déterminé, sur cette campagne. Je peux apparaître comme quelqu'un de posé, de calme, mais je sais ce que je fais. Ensuite, on verra bien. Mon engagement, quel que soit la forme qu’il prend, existera toujours. En même temps, je peux m’épanouir autrement.

Si vous deviez résumer votre candidature en une phrase ?

Refaire de Nîmes une ville méditerranéenne qui compte ou chacun, chacune compte. Rendre la ville unie et libre.

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Propos recueillis par Abdel Samari

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