Dans le jargon médical, les urgences font partie des « soins non programmés ». Au centre hospitalier de Nîmes, les urgences représentent 110 000 passages par an, soit une progression autour de 2,5 %. « Ces soins non programmés nous animent tous les jours. Quand on parle de crise des urgences, moi je parle plutôt de crise aux urgences », commente le directeur de l’hôpital, Frédéric Rimattei. Cette année, « la période hivernale actuelle est tout à fait exceptionnelle avec une conjonction de facteurs : vague épidémique combinée à une grève de la médecine libérale et un retrait des établissements privés qui accueillent les urgences. »
Face à cette situation, l’hôpital de Nîmes a déclenché le niveau 2 d’alerte de son plan « hôpital en tension », avec des renforts et lits libérés. Une UHCV (Unité d’hospitalisation de courte durée) va été créée afin d’accueillir des patients sur de vrais lits et limiter les brancards dans les couloirs. Un investissement de un investissement 500 000 € qui s’accompagne aussi du recrutement d’un médecin, de deux juniors ainsi que deux infirmières et d’une aide-soignante. « Ce type d’unité existe partout ailleurs en France. Ce projet a été imaginé mais jamais mis en œuvre… Cette unité permet d’hospitaliser des patients qui ont besoin de rester moins de 24 heures », poursuit le directeur, assurant être « dans une démarche de progrès ».
Un projet de rénovation à 15 M€
Sur le long terme, la direction de l’hôpital prévoit un chantier de rénovation et d’extension des urgences. « L’idée est de se doter d’un outil permettant d’améliorer et de fluidifier les parcours des patients », soutient Frédéric Rimattei, qui a fait évoluer le projet : « Il avait été conçu au départ pour 60 000 passages par an. Or, nous en avons plus de 100 000. » Conséquence, l’enveloppe a aussi crû, passant de 5 à 15 M€. D’une durée de 4 à 5 ans, le chantier devrait démarrer dans trois ans. « Un chantier compliqué, sur site », souligne le directeur.
Reste que l’hôpital, seul, ne peut pas tout. « On ne résoudra pas le problème des soins non programmés simplement en rajoutant indéfiniment des moyens… Il faut éviter que la fréquentation du service ne soit simplement une réponse au fait que les gens ne trouvent pas de médecin », poursuit le directeur. Pour ce faire, le « SAS » a été mis en place en 2024 : « Il faut appeler le 15 pour demander une prise en charge rapide. Vous serez basculer sur des médecins généralistes de permanence qui ont la visibilité sur tous les créneaux disponibles en ville », explique Jean-Marie Kinowski, président de la CME (Commission médicale d’établissement).
Ce dispositif repose, toutefois, sur les disponibilités des médecins libéraux : « Ça ne marche pas à tous les coups mais avant de se déplacer aux urgences, on peut trouver une solution qui vous évitera de perdre du temps et d’embouteiller les urgences. »