Publié il y a 1 h - Mise à jour le 02.02.2026 - Propos recueillis par Abdel Samari - 16 min  - vu 246 fois

FAIT DU JOUR Municipales 2026 Franck Proust : « Un maire est là pour rassurer »

Franck Proust

Franck Proust, premier adjoint de Jean-Paul Fournier, président de Nîmes Métropole, est candidat pour les municipales à Nîmes.

- Photo Yannick Pons

"Nîmes a besoin de travailler sur la ville de demain. On rentre dans une nouvelle phase."

Dans le cadre des élections municipales à Nîmes, Objectif Gard vous propose une série d'entretiens chaque lundi avec les principaux candidats. L’occasion d’en savoir plus sur le projet, les ambitions et l’équipe de la personnalité qui se rêve maire de Nîmes. Premier invité : le candidat officiel du maire sortant, Franck Proust.

Objectif Gard : Pourquoi vouloir devenir maire de Nîmes aujourd'hui ?

Franck Proust : Vous savez que ce n'était pas une décision évidente. Je l'ai dit d'ailleurs le jour de mon inauguration. Même ma famille, compte tenu de ce que j'avais éprouvé pendant toute ma vie politique, me demandait plutôt d'arrêter, de profiter. Cela étant, je ne pouvais pas faire partie de ces élus qui disent après moi le déluge. La transmission, comme dans le monde de l'entreprise, je sais ce que c'est, une transmission réussie dans l'entreprise, ce sont des emplois préservés, c'est de l'activité économique préservée. Dans le monde politique, s'il n'y a pas de transmission, ça peut être un risque énorme. Je ne peux pas me résoudre à avoir autant donné à cette ville pour la laisser à un parti que je qualifie d'extrême. Autant le Parti communiste que le Rassemblement national. Après, le devoir s'est transformé en envie.

En quoi votre candidature est-elle différente des autres ?

Mon parcours, mes différentes expériences en tant qu'élu, en tant que maire par intérim, en tant que parlementaire européen, en tant que président de Nîmes métropole : c’est un atout. La qualité de mon réseau aussi. À Paris et à Bruxelles. Il permettra de concrétiser un programme plus efficacement dans une période et un contexte difficile, tant sur le plan national, européen ou géopolitique. J’ai une vision. Vous le verrez au travers de cette campagne, quand je dis « Tout Nîmes », c’est aujourd'hui, pour votre quotidien et pour votre avenir. C'est-à-dire qu'on doit, quand on est maire, ne pas faire peur, on est là pour rassurer, on est là pour répondre aux aspirations de nos concitoyens au quotidien. On est là également, après 25 ans de mandat de Jean-Paul Fournier, pour apporter une vision sur le long terme.

Nîmes aujourd’hui

Est-ce que Nîmes va dans le bon sens ou est-elle en train de décrocher ?

La ville va dans le bon sens. Elle a progressé. Vous savez, moi j'aime bien, quand j'ai fini un mandat, car j’ai toujours eu la culture du résultat, regarder dans le rétroviseur. Est-ce que, oui ou non, on a amélioré la situation ? Est-ce que, oui ou non, la situation dans certains domaines s'est détériorée ou quelles sont les marges de progression ? Je pense que, quand on regarde, à moins d'être aveugle, la ville a énormément évolué. Dans quelques secteurs, les marges de progression sont réelles. Ce n'est pas un hasard si ma liste s'appelle « Tout Nîmes ». Je vois bien les fractures sociales, économiques, géographiques que l'on doit colmater pour faire en sorte que Nîmes soit un seul et même tout. Je dis toujours, ce qui me choque, c'est quand j'entends des jeunes, notamment dans les quartiers populaires, dire qu’ils descendent à Nîmes au lieu de dire qu’ils descendent au centre-ville. Parfois, il faut savoir mettre les maux sur des mots. Cela veut dire qu'ils ne se sentent pas eux-mêmes Nîmois. Cet aspect-là, je veux l'effacer.

Ensuite, Nîmes a besoin de travailler sur la ville de demain. On rentre dans une nouvelle phase. Quelle que soit le maire élu au mois de mars prochain, il faudra, dans les deux ans, faire une révision du plan local d'urbanisme pour ériger les règles du Nîmes de demain. La priorité : adapter la ville aux aléas climatiques et puis aux besoins de nos concitoyens qui ont évolué en 20-25 ans. On devra donc avoir une politique d'urbanisme qui prenne en compte le réchauffement climatique. Ça veut dire que, dès qu'on peut, il faut recréer des espaces verts, faire de la préemption végétale en milieu urbain avec des forêts urbaines, des permis de végétaliser. Aussi recréer l'identité romaine avec plus de puissance en refaisant venir les arbres, l'eau. Et surtout avoir une prise de conscience de ces problématiques environnementales de manière transversale. Aujourd'hui, on voit très bien la complémentarité dans les déplacements, les mobilités douces.

Franck Proust bureau
Franck Proust lors de l'interview avec Objectif Gard • Photo Yannick Pons

Qu'est-ce qui, selon vous, ne fonctionne plus à Nîmes aujourd'hui ?

Alors, il n'y a rien qui ne fonctionne plus. Je dis qu'il y a des marges de progression. J'entends trois thématiques qui reviennent souvent. Un, sécurité. Deux, santé. Trois, pouvoir d'achat. Et quand vous regarderez mon programme, beaucoup de mes propositions vont s'articuler. Alors que sur les deux premières, c'est une compétence partagée avec l'État.

Sur la sécurité, quel que soit le maire, il ne va pas lutter demain contre les narcotrafiquants. Cependant, avec une synergie meilleure, plus efficace avec la Police nationale, avec la création du couple maire-préfet, avec des outils à disposition, comme les drones, on pourra être beaucoup plus efficace dans la lutte contre les incivilités quotidiennes qui pourrissent la vie des Nîmois. Je vais mettre en place le poste de police municipale ambulant, l'office de la tranquillité, des bornes d'urgence que je vais accrocher avec des défibrillateurs, comme à Nice. Tout ça, pour améliorer le quotidien.

Sur la santé, c'est pareil. Un constat qui me fait peur : 14 000 Nîmois n'ont plus de médecin traitant. Près d'un médecin sur deux, à horizon 2030, dans quatre ans, sera à la retraite. Ça veut dire quoi ? Quand vous n'avez pas de médecin traitant, vous avez accès difficilement à des spécialistes. Quand c'est un ophtalmo, tout va bien. Mais quand vous êtes atteint d'une maladie un peu dangereuse, comme un cancer, six à huit mois d’attente, ça peut engendrer la mort.

Alors j'aurais très bien pu dire : on ne fait rien. Mais non, vous verrez, dans mes propositions, je vais revoir le contrat local de santé à Nîmes, on va essayer de mettre une politique incitative, comme l'école d'infirmières avec le CHU, pour faire en sorte que les médecins restent à Nîmes. On va développer des maisons médicalisées, il y en a 18, on va irriguer notre territoire. Une véritable politique volontariste.

Quelles seront vos priorités absolues sur les 100 premiers jours de votre mandat ?

Réorganiser l'administration. Parce que ça ne sert à rien de faire un programme, quel qu'il soit, si on ne change pas de logiciel. Je l'ai dit, il y a des compétences croisées. Ville-Agglo : propreté, collecte, hyperviseur urbain, vidéosurveillance. Transport, réglage des feux. Je veux, dès les premières semaines, avec mon directeur général des services, faire une grande réunion avec l'ensemble des directeurs généraux, pour dire qu'on va travailler autrement. Il faut d'abord changer la forme pour être efficace sur le fond. Je vais travailler sur trois pôles réorganisés. Un pôle administration générale, un pôle attractivité, un pôle proximité. Et c'est là où, je vais aller chercher l'efficacité et la prise en compte des besoins des Nîmois. Il n'y a rien de pire que de revenir dans une assemblée générale de quartier, d'entendre dire, on vous l'avait demandé la dernière fois, ça n'a pas été fait. Je veux qu'on soit plus efficaces, plus réactifs.

Et puis, il faut aussi travailler sur l'attractivité de Nîmes. La faire rayonner. On voit très bien que les meilleurs ambassadeurs de Nîmes, ce sont les gens qui viennent à Nîmes. Ça veut dire qu'on a un effort en termes de pré-commercialisation et de communication extérieure sur le tourisme, sur l'économie. On va créer une agence de l'attractivité. Pour que tous les services du commerce au tourisme, à l'économie, au tourisme d'affaires, avec le palais des congrès, tout le monde puisse travailler ensemble et en synergie. L'expérience que j'ai, depuis que je suis à la ville et à l'agglo, c'est qu'on vit trop de manière cloisonnée. Chaque élu, chaque service travaille dans son couloir. Mais malheureusement, aujourd'hui, les évolutions technologiques font que les gens ne se parlent plus. Ils ne savent plus forcément travailler ensemble.

Franck Proust
Franck Proust, premier adjoint de Jean-Paul Fournier, président de Nîmes Métropole, est candidat pour les municipales à Nîmes. • Photo Yannick Pons

Quelle est la mesure concrète qui changera le plus vite pour les Nîmois quand vous allez arriver au pouvoir ?

Ce n'est pas une mesure, c'est un collectif. Je vais lancer très vite les opérations sur la sécurité et sur la santé. Mais c'est vrai également sur l'urbanisme. On va lancer très rapidement les aménagements lourds sur la rénovation des places. Il y aura aussi un plan complet de rénovation des rues, un programme sur 10 ans. 300 rues rénovées en 10 ans, ce sont 30 rues nouvelles par an. Les Nîmois vont voir le changement !

Les thèmes de campagne

Les Nîmois ont parfois le sentiment d’être abandonnés dans certains quartiers. Que leur répondez-vous ?

Je ne peux pas accepter le terme abandon, parce que ce n'est pas vrai. Quand on regarde la situation passée, aujourd'hui, et surtout demain, avec les investissements du programme de rénovation urbaine, je pense que nos quartiers vont changer. Mais on ne résoudra pas tout par l'urbanisme. Ce qu'il faut changer, c'est mettre en place une autre façon de travailler. N'oublions jamais qu'on a des femmes et des hommes qui habitent ces quartiers. Il faut donc travailler autrement et plus collectivement, avec le milieu associatif, les collectivités, les services de l'État, les services publics, comme La Poste. Vous savez, je crois beaucoup au collectif, tout le temps. Il n'y a qu'ensemble qu'on arrive à surmonter ces difficultés. Cela sera peut-être long, cela sera peut-être difficile, mais il n'y a que comme ça qu'on arrivera à s'en sortir. Et puis, je vais créer des infrastructures de proximité. Vous verrez, dans mon programme, il y a une carte. J'ai voulu résumer, sur une carte, l'ensemble des infrastructures. Je veux que dans chaque quartier, il y ait un gymnase, il y ait un stade, il y ait une piscine, il y ait une infrastructure culturelle. C'est ça qui est important, pour que chacun ne se sente pas abandonné. Mais ça va jusqu'au jeu d'enfants. Donc, on doit travailler à la fois sur la proximité et sur la création d'infrastructures. Mais regardez déjà Nemo Vélo, on met des stations de partout. On en ouvre 17, là, depuis le mois de janvier. C'est 400 vélos électriques. J'ai pris l'engagement, à horizon 2027, que toute la ville sera irriguée. Donc, entre le bus, les vélos, on va effacer petit à petit ces problématiques de déplacement qui sont au cœur du sentiment d'appartenance.

Qu'est-ce que peut faire une mairie face à ce réchauffement climatique ?

Je préfère 150 000 habitants qui vivent bien que 200 000 qui vivent mal. Pourquoi je vous dis ça ? Parce que qu'est-ce qui fait la qualité de vie ? C'est ce patrimoine environnemental. Il faut une prise de conscience transversale. Quand on regarde certaines villes, comme Vérone (Italie), Sienne (Italie), Séville (Espagne), la chaleur est aussi infernale. Sur des parcelles libres, on va donc lancer une démarche de préhension végétale en milieu urbain, pour créer des forêts urbaines, des îlots de fraîcheur. Ainsi il faut préserver ce patrimoine environnemental. Il faut reconstruire la ville sur elle-même, il faut l'aérer sur des quartiers comme Richelieu, comme Montcalm-et-République, entre la rue Nationale et le boulevard Gambetta. Dans ces secteurs, on a pratiquement 30 % d'immeubles qui sont murés. Il faut détruire, reconstruire, créer des places. Mais aussi, mettre de l'activité économique, des restaurants, des bars, du lien social.

Est-ce que vous avez dans votre projet des réhabilitations d'écoles ?

Bien sûr. On a un parc de 83 écoles. Certaines sont anciennes. Il faut les mettre au goût du jour. On ne peut pas climatiser partout. Selon les nouvelles normes environnementales, la loi l'interdit, mais on peut faire à l'intérieur de l'école, des espaces rafraîchis pour que nos enfants et le corps enseignant puissent travailler dans de bonnes conditions en juin et septembre. Il faudra peut-être aussi travailler avec l'instruction académique. Je regarde ce qui se passe en Europe. Quand les températures sont véritablement hautes, les rythmes scolaires évoluent. On peut démarrer un peu plus tôt le matin, laisser les enfants faire une autre activité l'après-midi. Enfin, il faut s'ouvrir et regarder quelle est la meilleure solution. Mais bien évidemment, ça peut aller même jusqu'à la couleur des enrobés qui sont foncés, qui redonnent de la chaleur. Avec des couleurs plus claires.

Franck Proust
Franck Proust, premier adjoint de Jean-Paul Fournier, président de Nîmes Métropole, est candidat pour les municipales à Nîmes. • Photo Yannick Pons

Aujourd’hui, regardez-vous le Nîmes Olympique en élu ou en supporter ?

Un peu les deux, sincèrement. J'ai commencé ma vie politique avec Jean Bousquet qui était maire et président. À l'époque, on pouvait être maire et président d'un club. Mais j'ai toujours quand même le recul nécessaire. Ce dossier, je l'ai pris à bras-le-corps parce que c'était tout de même compliqué. On a failli frôler la correctionnelle. Et aujourd'hui, le club est loin d'être sauvé. Il va mieux. Mais on voit qu'il y a malgré tout encore quelques fragilités. On continuera à faire en sorte que les fondamentaux de ce club soient définitivement inscrits dans le marbre de manière que ce club puisse vivre et survivre dans les années à venir.

Mais est-ce que c'est soutenable financièrement pour la ville, aujourd'hui ?

C'est pour ça qu'il y aura un choix politique à faire à un moment donné. Aujourd'hui, on est dans une phase où on respecte les engagements, on respecte la signature du maire. J'ai été porteur d'une signature à la Fédération française de football où nous nous étions engagés à racheter les Antonins et le centre de la Bastide au prix des Domaines. C'est ce que nous ferons le 7 février. Et en écartant la partie Bastide parce que c'est nécessaire pour nos jeunes et les centres de formation, on va racheter un stade à 6,8 millions d'euros hors taxes. Un stade de 10 000 places. Je pose la question à tous ceux qui s'intéressent. Est-ce que c'est une mauvaise affaire ? Puisque, quelle que soit la décision qu'on prendra demain pour les Costières : réhabilitation ou reconstruction, ce stade des Antonins, après 2032, pourra rester un stade pour les Nîmoises et les Nîmois. Vous verrez, dans mon programme, je vais proposer sur ce type de thématique un référendum d'initiative locale pour que les Nîmois décident : est-ce qu'on refait les Costières ou non ? Vous savez, on est en période électorale, le concours des bonnes idées, tout le monde y va, mais derrière il faut un budget et le budget de la ville comme de l'agglomération n’est pas extensible.

Justement, par rapport aux finances de la ville, est-ce qu’il restera des marges de manœuvre pour baisser la fiscalité locale ?

L'engagement, je le prends devant les Nîmois : il n’y aura pas d’augmentation de la fiscalité. Je vais faire comme Jean-Paul Fournier depuis 25 ans. Il faut le souligner, très peu de villes françaises n'ont pas augmenté les impôts pendant un quart de siècle. Par contre, ce que j'ai démontré, à Nîmes Métropole, c’est que je savais changer de logiciel pour diminuer la fiscalité. Par ailleurs, je dis simplement qu'aujourd'hui, compte tenu de l'endettement de la France, qui est très important, les collectivités vont être mises à contribution de plus en plus. C'est-à-dire que la dotation de l’État va baisser. C'est pour cette raison que j’ai rédigé un rapport au Conseil européen des régions. L’Europe a décidé enfin de se munir d'une industrie de l'armement. Mais personne ne veut instaurer un impôt européen. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que cet argent pour créer la filière de l'armement va être pris sur d'autres budgets européens. Et notamment ce qui est en danger après 2028, ce sont les fonds de cohésion. Les fonds de cohésion, ce sont les fonds européens qui nous permettent de financer des infrastructures. La prévention des inondations, sur 130 millions d’euros d’investissement, l'Europe m'a donné 10 à 15 %. Donc, si vous avez une baisse de la DGF, si vous avez une suppression des fonds de cohésion, ça veut dire que les collectivités vont avoir à surmonter des difficultés financières hors normes. Ainsi, aujourd'hui, je préfère tenir un engagement en disant non à l'augmentation de la fiscalité. Cependant, je m'engage à mettre tout en œuvre pour baisser la fiscalité à Nîmes parce que nous payons trop d'impôts.

Est-ce que l’une des difficultés à Nîmes, c’est qu’il n’y a pas suffisamment de foyers imposables ?

Un des problèmes que nous avons à Nîmes, c'est important à dire, notamment en termes d'urbanisme, c'est que vous avez que 43 % de gens qui payent l'impôt. L'assiette fiscale est trop réduite. Cela veut dire que quand on va reconstruire la ville sur elle-même, il faut aussi de la mixité sociale. Il y a un mot important, c'est mixité, donc pas tout social. Il faut aussi des produits moyens et haut de gamme qui permettent à nos cadres intermédiaires, à nos cadres supérieurs, à nos chefs d'entreprise de venir habiter à Nîmes. C'est important parce qu'ils consomment à Nîmes.

Les transports gratuits, réalité ou fiction ?

C'est mission impossible. Regardez, même la Cour des comptes l'a dit à Montpellier, de partout dans les villes qui sont passées au tout gratuit. Le budget transport de Nîmes Métropole, c'est 52 millions de dépenses, 8 millions de recettes. La gratuité, ça n'existe pas. La gratuité, c'est le contribuable qui la paye au travers des impôts. Déjà, le billet de bus, il est gratuit à 83 %. Et les 8 millions d'euros me permettent de rénover la flotte de bus, d'avoir créé la T3, la T4, la T5. Comment on fait, sinon ? Vous alourdissez le budget de fonctionnement. Ce n’est pas possible. J'ai voulu rendre la gratuité aux plus de 70 ans parce qu'à partir de cet âge-là, les problèmes de santé font que le transport en commun devient un transport subi et pas choisi. Si les finances de l'agglomération le permettent, on pourra dans les prochaines années travailler pour les plus jeunes. On pourrait donc aller vers une gratuité totale. Mais aujourd'hui, parler de gratuité, c'est irresponsable économiquement. Au-delà de la gratuité, c'est la qualité du transport qui est attendue. J’ai des entreprises en fonction du secteur d'activité, qui démarrent très tôt le matin, finissent très tard le soir, un peu comme le CHU. Donc, sur certaines lignes, il faut travailler sur une amplitude. On nous demande de plus en plus de bus le week-end sur les événements. On voit combien aussi la Navette Feria, par exemple, connaît de grands succès. Les gens de la Vaunage ou de Marguerittes, ils trouvent ça extraordinaire.

L’incarnation politique

Vous êtes une figure politique connue aujourd'hui à Nîmes. Est-ce que pour vous, c'est un atout ou c'est un handicap pour ces élections ?

Je pense que c'est un atout parce qu’au-delà d’un maire, je veux incarner le rôle de chef d’orchestre. Je n’ai pas la réponse à tout, une connaissance dans tous les domaines. C’est pour cela que dans la constitution de ma liste, j’ai voulu des gens capables de m’accompagner pour apporter aux Nîmois les bonnes réponses. Dans cette élection, j’y vais avec beaucoup de détermination, de motivation mais surtout d’humilité. Si les décisions étaient aussi simples, j’aurais déjà mis en place les solutions. Ou d’autres les auraient trouvées. Y a une relation affective entre le maire et les Nîmois. Ils veulent quelqu’un de connu et de reconnu. L’expérience compte aussi face à ce contexte angoissant. Un maire est là pour rassurer.

Craignez-vous un vote “antisystème” à Nîmes ?

C’est logique qu’au bout de quatre mandats de la droite, la question se pose. Quand je vois ce que l’on nous propose, quand j’écoute les Nîmois, j’ai le sentiment qu’ils n’ont pas envie de revenir sur un système qui ressemblait plus à une chape de plomb qu’autre chose.

Comment avez-vous choisi les colistiers qui vous entourent ?

J’ai essayé d’avoir un mélange entre des gens d'expérience et des gens de toute la ville. Différentes professions : sportifs, médical, chef d’entreprise, enseignant. Tous les profils et de tous les quartiers. Une élection locale, tout le monde doit être représenté. Des experts au travers de leur vie, quel que soit le domaine.

Quel critère a été non négociable dans la composition de votre liste ?

J’ai besoin d’une équipe avec laquelle je me sens bien. Cette équipe que j’ai réunie vendredi pour la première fois, j’en suis très fier. Une liste d’union, c’est compliqué parfois. Mais cette liste, elle me fait envie. Moi qui attache beaucoup d’importance au collectif, c’est une belle équipe.

Certains de vos colistiers sont déjà connus du grand public. Pourquoi ce choix ?

Je réfute l’expression « strass et paillette ». Parce que vous réussissez dans la vie, c’est critiquable ? Regardez d’où sont partis David Tebib, Jérôme Nutile ou Nicolas Delprat. J’ai choisi des gens qui se sont investis dans la ville et qui ont démontré leur savoir-faire. Leur succès peut engendrer un succès collectif au travers d’une équipe. Et ils connaissent bien Nîmes.

Que dit votre liste de votre vision pour Nîmes ?

On m’aime ou on ne m’aime pas, je connais bien mes dossiers.

Votre liste est-elle définitivement bouclée ?

Oui. Je sais que j’ai fait des déçus car j’ai eu beaucoup de demandes. J’ai été obligé de faire des choix, des choix compliqués bien sûr.

Franck Proust
Franck Proust, premier adjoint de Jean-Paul Fournier, président de Nîmes Métropole, est candidat pour les municipales à Nîmes. • Photo Yannick Pons

Les adversaires

Cette élection oppose des styles et des visions très différentes. Comment les Nîmois peuvent choisir ?

Programme contre programme. Quand les gens ont exercé des responsabilités, qu'ont-ils fait ? La culture du résultat.

Julien Plantier a longtemps été un allié politique. Aujourd’hui, il est votre opposant. Qu’est-ce qui s’est cassé entre vous ?

Je ne suis pas sûr que quelque chose se soit cassé. Julien Plantier est un ami.

Auriez-vous pu éviter cette rupture ?

Peut-être. C’est plus facile de faire une analyse à posteriori. En tout cas, j’avais l’impression que les propositions sur la table pouvaient répondre aux attentes du présent et préparer l’avenir…

Y a-t-il encore un terrain d’entente possible après l’élection ?

Bien entendu. Après la période électorale, on se parlera. Vous savez, avec Julien Plantier, nous avons un passé commun. Son épouse a travaillé pour moi. On a partagé des moments d'amitié. On est tous des Nîmois.

Vous n’êtes pas rancunier ?

Non. Avec des gens qui m’ont fait beaucoup de mal, c’est plus compliqué. Mais pas Julien Plantier. C’est un regret avec lui mais la vie politique est faite d’aléas.

Vincent Bouget incarne l’union de la gauche à Nîmes. En quoi son projet est-il, selon vous, incompatible avec votre vision de la ville ?

Je dois vous avouer que j’ai du mal à trouver un programme chez Vincent Bouget. Lui-même s’est repris après en disant que ce n’était pas un programme mais un projet. J’ai connu 1995-2001, c’est une philosophie différente. Quand j’entendais Vincent Bouget lors d’une audition parler du retour des régies municipales, ce sont des modèles d’un autre temps. Nous n’avons pas la même conception. Nîmes mérite autre chose. Citez-moi une ville de plus de 150 000 habitants avec à sa tête un communiste ? Il n’y en a aucune. C’est compliqué pour eux.

Une partie de l’électorat de droite pourrait hésiter entre vous et Julien Sanchez, le candidat du Rassemblement national. Que leur dites-vous pour les convaincre ?

Deux choses. Aujourd’hui, on est sur une élection locale. Le maire, c’est l’homme de la proximité, que l’on touche, que l’on côtoie, qui refait les routes, construit une école, accompagne les entreprises, collecte les déchets, s’occupe des transports du quotidien. Il ne faut pas tout confondre. Je peux comprendre le ras le bol, la colère, l'anxiété, mais il ne faut pas faire n’importe quoi. Je le dis très clairement : s’ils font cela avec une forte amplitude, ils vont se retrouver avec un maire qui est à l’opposé de ce qu’ils voudraient. Les municipales, ce n’est pas que l’insécurité et l’immigration. Comme si un maire pouvait régler les problèmes d’immigration… Programme contre programme et j’espère que cet électorat retrouvera la raison…

Questions-réponses rapides

Qu’est-ce qui vous met le plus en colère quand vous parlez de Nîmes ?

Quand on résume l’image de la ville à certains faits divers.

Qu’est-ce qui vous rend le plus fier de cette ville ?

Quand des gens extérieurs me disent que l’on a une belle ville. Et lorsque je vais dans d’autres villes, je me rassure : nous avons une ville à taille humaine avec tout à portée de main. Les infrastructures, les évènements, etc.

Qu’est-ce que les Nîmois ignorent de vous ?

Ce qui me surprend : on trouve que je suis trop technique. Je suis fils d’un ouvrier et d’une mère, secrétaire. Je suis arrivé à Nîmes en 1987, je touchais le SMIC, j’habitais dans un studio, résidence Mireille de la Crau, à l’entrée du Mas de Mingue. Je ne connaissais pas grand monde. Je me suis fait tout seul, j’ai gravi les échelons. Les gens qui me connaissent savent que je suis simple, que j'essaie de donner le meilleur de moi-même. Je suis un politique connecté aux réalités. Je suis chef d’entreprise, je sais ce que c'est de payer des charges sociales, les mois difficiles. Des mois où je paie mes salariés sans me payer. Avoir des clients et des fournisseurs. C’est important quand on fait de la politique.

Que diriez-vous au Franck Proust d’il y a 20 ans ?

Ne lâche rien. Tu vas subir des difficultés, on va t’attaquer, on va vouloir te tuer. Te mettre à terre. Résiste ! Les valeurs de mes parents. La vie politique, c’est difficile. Je le dis à mes collaborateurs : la politique amplifie les défauts. On me donnait toujours perdant lors des élections, et j’ai toujours surmonté. Il faut donc donner le meilleur de toi-même.

Quel héritage aimeriez-vous laisser à Nîmes ?

Un homme qui n’aura pas tout bien fait mais qui aura donné le meilleur de lui-même. Sincèrement, je pense que l’on ne vit pas mal à Nîmes. Mais on peut encore mieux vivre. J’ai le meilleur profil pour faire exister, rayonner, développer Nîmes dans le contexte politique complexe que l’on connait. Et je suis prêt à surmonter toutes les difficultés.

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